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Faux Ulysse | 14 juillet 2010

Ecoutez la force du poète...
 
vingt ans d'absence, Ulysse revient
Pénélope le voit et ne le reconnait pas, ou plutôt elle refuse de le reconnaître.
ce n'est pas qu'elle doute de l'image, qu'il soit mendiant ou habillé en roi, elle sait bien qu'Ulysse se tient devant elle, sa conscience n'est pas troublée, ce qu'elle cherche à voir et à entendre, ce n'est pas la réalité d'Ulysse entrant dans le palais, ce n'est pas les mots qu'il prononce : "je suis Ulysse, le roi d'Ithaque, ton époux, le père de Télémaque, le fils de Laërte."
ce qu'elle cherche à éprouver, est-ce bien celui-là qui l'a aimée, est-ce bien le même ? Elle cherche à retrouver le lien qui les a unis dans le passé lointain. Vingt ans ont passé, Ulysse est nécessairement différent.
Elle attend un signe qui dirait : "Oui, je suis Ulysse, je reviens chez moi." Elle met à l'épreuve Ulysse pour obtenir la preuve qu'il est bien revenu, qu'il lui est bien revenu.
Il suffit d'un lit, attaché aux racines d'un olivier pour qu'Ulysse enfin prononce l'aveu de son retour : "je suis ici, maintenant, revenu." La nuit peut les lier de nouveau, amants aimants, comme jadis.
 
La patience de Pénélope est comme les racines de l'olivier, immuable.

 

Publié par felixmartin à 13:12:40 dans Alexandre le Grand | Commentaires (0) |

Jouet | 02 juin 2010

Je suis ton légo
accroché à tes tendres priapes
Je suis ta pièce d'échec
que tu déplaces au gré de tes diagonales
Tu enlaces incessamment
à tes lassos mes sens exaltés

Tu lâches ma vie
dans le vide de tes élastiques sentiments
tu plonges tes dents appointées
au plus profond de mes chairs
et livide je m'immerge dans le liquide océan
de tes confusions

Je pourrais fuir
Je pourrais renoncer
à tes funestes acrobaties
mais cette fièvre que tu infiltres
efface toutes mes ombres
Tes soleils noirs m'habillent de couleur
et tes gestes, tes regards
filtrent mes jours pleins.

 

Publié par felixmartin à 21:52:37 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

La prostituée | 09 mai 2010

Pourquoi vous me regardez
avec vos yeux indiscrets
ici je suis bien tout le monde me connaît
j'ai mes habitués
le grand noir là-bas c'est mon client le plus doux
le petit cycliste à moustache qui vient de filer est un bon grimpeur
voilà le petit ange
il tourne autour de moi
mais il n'est jamais monté
il a une belle gueule vous trouvez pas ?
J'ai un peu de temps pour vous causer,
mon industriel du vendredi vient de partir
il a de bonnes manières, il me traite bien
c'est pas comme celui du jeudi
jamais une parole, juste un signe de tête
il a trop honte d'être là

pourquoi je fais ce métier ?

la première fois je voulais juste payer mon loyer
je gagnais ma vie au supermarché
celui derrière les boulevards
temps partiel, papa parti sur les routes
j'avais pas de quoi payer ses robes à ma poulette, on allait à Emmaüs
pour les derniers jours du mois, j'allais au Resto du Cœur

Finalement j'ai acheté la caravane
et j'ai un vrai appartement pour ma fille et moi
dans une petite ville à côté d'ici
vous savez, monsieur, j'enfile c'est vrai
mais je me plains pas,
les hommes d'ici sont les mêmes que dans la vie
sauf que là y me paient pour la bagatelle
et quand y partent, j'ai pas la crainte
je sais qu'ils reviennent toujours
et si c'est pas celui-là c'est un autre
y z'emportent pas mon coeur
et je leur donne le temps d'une chanson
le petit coup qui fait du bien à leur vie
eh, approchez, je le dis pas trop fort c'est un peu inconvenant
parfois même j'ai du plaisir.

 

 

Publié par felixmartin à 20:23:37 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Asséché | 08 mai 2010

Ils ont asséché sans cesse les mille étangs
l'étau de Berre nie la force des amants
ils ont assoiffé le tréfond des océans
les paradis ne sont plus aussi pacifiques
pointés d'artifices en attente de clics
ils ont enterré des bombes sous les chemins
hier l'acide a fusillé les lendemains
les héros ont cédé sous le poids des demandes
la belle endormie s'est enfuie au bout des landes
l'écume perlée de sang blanc l'a engloutie
son père emasculé, primitif travesti
n'a pas oublié les jeunesses enculées
il s'urgit dans la rue face au mur des salauds
son cri tranche le temps jusqu'au divin sanglot

 

Publié par felixmartin à 16:53:35 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

XXY | 18 avril 2010

Nobody is perfect
pourquoi me traiter de maudite ?
Pour un X de trop ?
Le choeur des femmes ricane
au fond du val endormi
quand ma main gauche de la nuit
pétrit avec doigté le Y de Vénus plus X

Mon sexe incertain m'indétermine
?
Et alors ?
S'il vous plait, ne m'appelez plus Julien
Certes, je marche la tête en bas
mais je ne marche pas sur les eaux des lacs
Je ne suis pas un mystère
juste un X en trop
What Else ?

Votre Alexina

 

Publié par felixmartin à 14:56:18 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

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