• - Ma vie est faite de hasards, d'intermèdes, d'épisodes disparates. 

    - Et les femmes ? 

    - Mon épouse, Lisa. Je n'ai jamais eu le cœur à l'oublier. Et des liaisons. Beaucoup. Pas assez. Encore. Les souvenirs m'envahissent. A souffler comme si j'avais une crise d'asthme. Suffocation. Chut, Katarina pourrait nous entendre. Elle m'aime encore, je l'ai vu dans son regard de biais quand elle m'a reconnu. Toi, tu es amoureux d'elle. Tu as raison. C'est une belle femme, pas seulement le corps, non c'est une belle femme dans les veines. Le sang. Il faut goûter au sang des femmes pour les connaître bien.

    - Un Cuba libre !

    - Hey, pero cuba no es libre flaquito, que loco !

    - Jeune homme, lorsque j'ai posé le pied en Argentina, là où tu bois tes rhum coca, y avait rien que la pampa, le bord de côte légère. Regarde cette semelle, même bottes ou presque. J'ai fait un pas de côté, pour sauter sur la plage. Mieux qu'Achille. Je découvrais une terre sans nom. A-me-ri-ca. On ne savait pas encore la nommer. La cordillère blanche et rose sous ce vieux connard de soleil, bien auréolé dans son ciel lavande. La cordillère, fils, je te le dis, n'avait pas de nom. Les rivières, les lacs, les cascades, tout était vierge de l'homme blanc. Pas de dieux connus, non plus, les mythes restaient à inventer. Je chevauchais dans un monde sans nom et je revivais six mille ans en arrière, quand notre Europe n'avait pas encore été chevauchée par Zeus. T'avais du goût, Argentina, en ce moment de premières foulées. Même mon cheval piaffait bizarre. « On est où, là ?», qu'y semblait me demander. C'a été une période gouteuse, sauvage, fallait juste s'éloigner des Espagnols, grimper avec les Indiens. Eux m'ont flairé. Inutile de leur dire qui j'étais. Ils avaient deviné. Les vieillards édentés, les mères qui allaitaient, les enfants au front rouge, ils dévalaient de toutes les ruelles, de toutes les sentes, sortis des bouches de <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName w:st="on" ProductID="la Terre">la Terre</st1:PersonName>, empoussiérés des ors diluviens portés par le vent. Ils m'apportaient leur or : non pas des lingots, pas des feuilles plaquées sur leurs statues, non leur vrai or, les champignons, les feuilles de coca. Une orgie pour partir en voyage avec eux, bien plus loin que l'Eldorado.

     

     


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  • Je t'invite aux pays lointains
    De mes voyages sans fin, viens
    Rejoins mes immenses désirs
    Porte ta robe de plaisirs
    Uniquement, sois sans limites
    Chut ! Je fonds même le granit
    Ta poudre au fond des eaux bleues
    Dans un tsunami fabuleux
    T'entraîne au loin et te chavire
    Je t'offre le plus beau navire
    Voguer avec Verlaine et Rimbe
    Sur les rimes belles du verbe
    Dans mon pays imaginaire  
    Se lovent nos deux âmes d'air.


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  • - Mon Renard, tu m'as manqué. C'était comment New York ?

    - Noir et blanc.

    - Et ici ?

    - Rien. Nothing. Degré zéro sur Paul Agostini. Qu'as-tu trouvé là bas pour notre enquête ?

    - Il est bien arrivé par bateau. J'ai remué toutes les archives du port pour flairer sa trace. Une semaine de boulot avec les flics new-yorkais. L'adjudant Garett a été mon guide. Intéressant leurs méthodes. Whisky sur la 42e rue, bière à Broadway, vin rouge à Manhattan. Le best, cognac d'Angoulême à Big Apple. Que du bon. De la glace aussi et du salpêtre.

    - Et le ground zero ?

    - La place des tours perdues, pas eu le temps d'aller visiter un trou.

    - Vraiment ?

    - Putain, on a dit, on parle pas de vie privée au bureau.

    - On est entre nous.

    - Bon, d'accord, j'ai fait quelques virées. Les Américaines, enfin, surtout celles qui viennent du Mexique, sont abordables. Bon, je te parle de ma queue ou de mon enquête ?

    - Commençons par ton enquête. Ca dit quoi sa trace ?

    - Facile, le 1er mars 1999, arrivée au port de New York, paquebot Independance. Tu sais que Paul déteste l'avion. Donc inutile de relire les archives de JFK. Là où ça se complique, c'est la suite de son séjour.

    - Salut les blaireaux, alors Guy t'as retrouvé ton renard ?

    - Hello, la Rose, bon week end ?

    - Rosa, je t'ai déjà dit de m'appeler Rosa.

    - Rose, Rosa, quelle différence ? Pour une lettre !

    - Rosa, mes parents étaient communistes, n'oublie pas cette différence, pas comme tes bof à deux balles du quartier Est.

    - Pas d'insultes pendant le service, ma Rose, heu Rosa.

    - Tiens, c'est pour vous.

    - C'est quoi ?

    - Des madeleines.

    - Rosa, tu es géniale, tu as passé ton week-end à faire des madeleines.

    - Regarde-moi bien Guy, est-ce que j'ai une tête à préparer des madeleines. Non, c'est ma mère, Yolande, qui les a préparées. Moi je suis sympa, je pense aux collègues, je vous ai amené des madeleines.

    - Ca m'rappelle une chanson.

    - Non, dans la chanson c'est des bonbons.

    - Non pas celle-là : Madeleine elle aimera ça.

    - Moi ça me rappelle les odeurs. L'odeur des madeleines de mon enfance. Mon souvenir d'enfance c'est la bouse de vache, celle des pâturages de l'Hirmentaz, avec les grosses vaches et leurs cloches au cou.

    - Ca y est le voilà à faire son couplet sur la Savoie.

    - La Haute-Savoie, la Haute, ne défigure pas tout s'te plait.

    - Moi, ça me rappelle Magdalena, Marie-Madeleine, la pécheresse aimée de Jésus. Renard, ça a donné quoi les States ?

    - J'ai bien démarré, il est arrivé au port de New York, comme on l'avait deviné. Après, visite-éclair chez le mac de Riverdale, à Brooklyn.

    - Tout finit à Brooklyn.

    - Tout commence. Là, on sait qu'il a séjourné trois mois, après partance.

    - Où ça ?

    - Nouveau paquebot destination Brésil.

    - Qui va au Brésil ? Moi je suis partante ! C'est bientôt Carnaval.

    - J'ai mailé à ceux d'Interpol, j'attends une réponse pour connaître escale et jour d'arrivée. Après on avisera.

    - Il va se mettre au vert au Brésil, c'est quoi son ticket cette fois-ci ?

    - Salut Rosa, bien ton week-end ?

    - Salut Carlotta.

    - Vous n'en avez pas marre de tous vos noms en A.

    - Quoi ? Carlotta, c'est plus court que Marie-Charlotte. J'ai passé un week-end à garder mes neveux, 5 et 7 ans. La petite a passé en boucle la belle au bois dormant, version Disney.

    - Bon, les filles c'est pas que vous gênez mais nous on bosse, donc allez pintader ailleurs.

    - Sale macho, moi aussi je bosse, sur l'enquête de la tarentaise, c'est pas du gâteau. Salut, Rosa.

    - Ouais, je me souviens bien de ce Disney. Drôle. L'histoire de la fée carabosse qui envoie ses sbires chercher la princesse. Quels cons, pendant quinze ans ils cherchent un bébé, ils ont oublié que la princesse a grandi, qu'elle est devenue une belle jeune fille à marier... Putain, les mecs, j'ai trouvé.

    - Quoi, t'as trouvé quoi ?

    - Je résume. Ca fait trois ans qu'on cherche partout notre Paul Agostini. C'est pas Paul qui faut chercher. Ajoutez un A et vous aurez la clé de votre énigme.

    - Quoi, Rosa, tu vas nous faire croire que tu es sur une piste ?

    - Evidemment, votre enquête, je vous l'ai résolue avec un simple « A » de trop.

    - Tu peux être plus claire.

    - Que va faire au Brésil un trafiquant dans le genre de Paul Agostini qui a Interpol à ses trousses ? Se refaire une identité. Et Paul Agostini, c'est connu, a des tendances, disons homo. Déjà repéré déambulant avec de la coke plein les poches de sa robe à froufrou les nuits de pleine lune dans l'île verte. Quoi de plus tentant que prendre une identité féminine pour rentrer au pays incognito ? Tout est dans la finale : rose, rosa, Marie-Charlotte, Carlotta, Madeleine, Magdalena. Je rajoute un «A » à mon passeport et illusion d'artistes, je suis en France. Cherchez une femme, vous trouverez l'homme.

    - Redis-moi, coéquipière, c'est qui tes mentors ?

    - Ca va mes blaireaux, ça fait deux ans que je fais équipe avec vous. Je vous dois tout, même mon cul de poulet.

    - Renard, tu m'appelles le Fredo, je le veux dans le poulailler demain à la première heure. Notre indic est aux premières loges pour avoir entendu parler de Paula Gostini. Fixe-lui rendez-vous sans tarder.  

    (à suivre, si j'ai le temps, l'envie, ...)


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  •  

    Quand tu dis : cette nuit sur la colline
    Je file pour une grande envolée,
    Moi, ton homme à femme, je goûte au spleen.
    Quand tu t'évades pour tes chevauchées
    Je me damne à toi ma douce sauvage.
    Tu te glisses sur les pierres qui roulent
    Avec quoi, avec qui ? Dis ! Ça m'enrage,
    Pour quoi, avec qui, tu tangues, ma poule ?

    Quand tu fous le camp rejoindre les loups,
    Ca m'obsède, savoir qui te possède,
    Y faut que je sache ou je deviens fou.
    Quand tu t'éclates, je crie pas à l'aide
    Je préfère, mon bel amour, mourir
    Ou pourrir là sous tes fenêtres closes.
    Au-dessus des lois, au-dessus des rires,
    Monte à ma gorge un goût d'apothéose.

    Ce n'est pas ma faute quand tu m'oublies
    Je me perds au milieu de tes délires.
    Je sanglote quand tu ris à la vie.
    Sous les mille étoiles de tes désirs,
    Mes songes voyagent à la dérive
    Pour toi, j'suis prêt à flirter au-delà,
    A quitter le droit chemin pour tes rives.
    Je garde en moi le parfum de tes pas.


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