• Quand tes aïeux lisaient la Bible
    Les miens chantaient l'Iliade.
    Quand tes pères récitaient la Thora
    Les miens priaient à genou dans la terre
    A l'heure de l'Angélus.

    Quand ta mère éloignait son regard du tien
    Ma mère retirait sa main froide de la mienne.
     Pourquoi, ce jour, marcherions-nous sur le même chemin ?
     

    photo : Modimo
    http://modimo.canalblog.com

     


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    "Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu'ils font."
    Évangile selon Luc

    "En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis."
    Évangile selon Luc

    A sa mère : "Femme, voici ton fils". A son disciple : "Voici ta mère."
    Evangile selon Jean

    "Eli, Eli, lama sabactani ?"
    "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?"
    Évangiles selon Marc et Matthieu

    "J'ai soif"
    Évangile selon Jean

    "Tout est accompli."
    Évangile selon Jean

    "Père, entre tes mains je remets mon esprit''.
    Ayant dit cela il expira.
    Évangile selon Luc


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    Cela fait maintenant dix-huit mois que je vis au cœur de l'Afrique. A qui raconter cette histoire sous ce ciel ? A quoi bon ?

    Après la récolte des bananes, on coupe les bananiers mais on ne tue pas la plante. Six mois ou un an après, les pousses grandiront et donneront de nouveaux fruits. Pourquoi cet arbre du paradis, herbe géante immortelle, s'est-il transformé en symbole de la fragilité et de l'instabilité des choses ?

    Hier, Madame Biwaga a remercié mon association Awambata de son soutien pour le projet de culture de bananes au Congo. Elle m'a serré les mains, elle m'a pris dans ses bras pour me remercier de m'investir avec autant de dévouement, moi, le représentant à Katana de cette association. Demain, les fermiers de Katana célèbreront leur première récolte de bananes et je participerai avec eux à cette récolte de l'espoir.


    Sous le ciel africain, je tente de retrouver les traces du sens.

     

    Fin

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    - Nous étions tous les quatre réunis dans le salon, où nous prenions le café, Isabelle, ma mère, mon père, et moi. Isabelle a quitté la pièce quelques minutes. Un coup de feu a résonné dans l'appartement. »

    Dans l'armoire de ses parents, Isabelle avait retrouvé le revolver de son père. Elle l'avait dirigée contre elle pour aller jusqu'au bout de sa nuit. Son frère m'apprit également comment Isabelle, alors qu'elle était encore une toute jeune adolescente, avait été séduite par son père. Dans la famille, personne n'avait osé l'accuser et il était resté impuni. Puis il me remit les lettres. 

    - Elles vous appartiennent, Isabelle vous aimait tant, elle ne cessait de me parler de vous. Je suis désolé. J'aurais dû vous prévenir plus tôt qu'Isabelle était une âme bouleversée. Mais je ne voulais pas croire qu'elle était à ce point désespérée. Je sais que tout est la faute de mes parents. Mon père est malade et ma mère n'a jamais rien fait pour la défendre. Moi, j'ai toujours cru que cela s'arrangerait. Je suis aussi fautif. Je suis désolé, je ne voulais pas qu'il vous l'enlève. » 

    Il sortit du café, raide comme la mort, raide comme la culpabilité. Je restais là assis à une petite table devant mon café qui se refroidissait, froissant les lettres d'Isabelle, tremblant d'effroi et de remords. J'entendais les paroles d'Isabelle :

    - Comme c'est étrange des bananes qui poussent chez toi. Tu veux bien me prêter ce livre ? »

    Elle avait choisi "Au coeur des ténèbres".

    à suivre


    Edward Munch Le Cri


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    Quelques jours après sa venue -je n'évoquerai pas les détails puisque le même déroulement eut lieu, à la différence qu'elle se risqua à m'emprunter un livre et partit avant que je ne l'aie chassée ou ignorée- son frère m'appela. Elle m'avait parlé de lui une ou deux fois.


    - Bonjour, Je suis Sébastien, le frère d'Isabelle. Je dois vous annoncer une terrible nouvelle. »<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> 
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    Ce fut ainsi que j'appris l'accident. Sébastien insista pour me rencontrer. Son insistance me mit mal à l'aise. Il m'expliqua qu'il avait retrouvé des lettres qu'Isabelle ne m'avait jamais adressées. Nous prîmes rendez-vous au bar américain ; un lieu impersonnel, très animé, mais à cette heure de la matinée, nous nous retrouvâmes presque seuls dans un coin du café. Je reconnus son frère immédiatement : il lui ressemblait, même visage où planait une magnifique et insistante mélancolie. Il m'apprit comment l'accident était survenu. Leur père était sorti pour quelques jours de l'hôpital psychiatrique où il était interné depuis plusieurs années ; Isabelle m'avait caché que son père était fou, elle avait peut-être tenté de me le dire, mais, sans doute, n'y avais-je pas prêté attention.

     

     

    à suivre

    photo : Modimo
    http://modimo.canalblog.com/

     

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