• A toi, ce chuchotement
    venu des pierres lorsque tu longes le mur.
    Ces coups sur le mur que s'adressent les prisonniers,
    ou bien deux salles d'attente près du quai d'embarquement.
    Gardons-nous à l'abri du temps.
    Gardons-nous des sortilèges du temps.
    Ceux qui restent partagent des grottes souterraines.
    Immenses sans doute,  les rencontres sont rares...
    Mais il suffit d'une fois.
    C'est drôle de voir ma main
    s'effacer à l'amorce d'un signe.
    Je songe à Eurydice, un rôle
    que nous tenons tour à tour.
    Pour l'instant, parle et ne te retourne pas.
    Cet amour n'a jamais cessé. C'est ainsi.
    Tu es mon unique.





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  • Sept rues se croisèrent,
    trois coeurs se voilèrent,
    un être découvrit l'amour.

    Japka

     

    Où s'arrête le rêve, où commence la réalité ?
    Certaine rencontre infléchisse le cours d'une vie. Une nuit de septembre, cette rencontre s'est courbée en empreinte dans ma vie. Elle s'est lovée plus frémissante qu'un roman russe, plus absolue que le chemin de Damas, plus fidèle que la femme jaune assise sur le banc. Et je cherche encore mon identité, spirituelle, celle par delà les mots. Parce que cette robe, même si je ne l'ai pas vue, je la connais depuis longtemps. J'ai franchi la ligne auprès de son porteur.

     

    « Le prix à payer pour ne pas se perdre, c'est cette « disharmonie » qui est en nous. »
    C'est de Hugh Hudson



    "C'est un lieu commun de prétendre que certaines rencontres infléchissent le cours d'une vie, l'orientent dans une direction jusqu'alors insoupçonnée. Plus rares sont les événements auxquels on ne peut accorder aucune place, qui restent en soi comme des lignes infranchissables. Bien des mots que me confia cet homme sont aujourd'hui oubliés, mais je conserve l'essentiel comme un troublant héritage. » Extraits
    La Robe, roman, Robert Alexis, éditions Corti, 2006


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  •  

    Mon Fédor,
    Ta visite si rapide a laissé la maisonnée sans dessus dessous. Notre mamouchka surtout était toute retournée. Elle se remet de sa bronchite mais j'ai bien vu dans ses yeux que tu réjouissais son vieux cœur. Tu restes son préféré. 

    Après ton départ, notre campagne s'est bordée de givre. Elle est comme moi dans l'attente de ta prochaine visite. Hélas, quand te reverrai-je ? Combien de semaines ou de longs mois ? De la grande ville nous viennent parfois les échos de ta nouvelle vie. Le vieux Piotr nous raconte d'horribles histoires qui te concernent, il était même question d'un duel. Je ne le crois pas, père non plus, même s'il prend sa mine grise quand il l'écoute devant la cheminée. Bien sûr, notre province ne peut suffire à tes fantasques humeurs. Ta petite sœur ne peut combler toutes ces belles dames que tu croises dans tes soirées.

    Il me reste le souvenir radieux de nos jeux d'antan avant de te croiser dans les jours devant. Dans tes jours de brume, je reste là. Ai-je besoin de te l'écrire ?

    Ta petite sœur qui pense à toi

     


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  • Seule la passion qui trouve son abîme
    Sait embraser ton être jusqu'au fond ;
    Seul qui se perd entier est donné à lui-même.

    Alors, prends feu ! Seulement si tu t'enflammes,
    Tu connaîtras le monde au plus profond de toi !
    Car au lieu seul où agit le secret, commence aussi la vie.

     

    Tu m'as soufflé l'embrasement,
    Ta confusion des sentiments 
    Ouvre ma pire déchirure.
    Les violences de tes tortures
    Valent bien l'enfer et ses flammes 
    Tes déviances sont mes tourments
    Qui me cloîtrent  au bois dormant
    Sans lumière, du fond du puits,
    Je ne sais toujours qui je suis.


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  •  

    Quand vous goûtez, gourmande, à mes troublantes décadences
    Mes racines viriles s'enveloppent à vos hyphes gracieuses
    Ma bouche se désaltère à votre hyménium gorgé de rosée
    Vos germes saprophytes diluent en douceur mes humeurs 
    A votre souffle mes mélancolies s'émiettent en humus fertile
    Près de vous mes passions puisent leur meilleur terreau
    Quand je vous croque, ma magicienne, mes pensées s'hallucinent
    Vous êtes mon meilleur champignon.


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