• Je coupe un carreau de chocolat noir. Je l'introduis dans ma bouche. Je le glisse entre ma langue et mon palais et j'attends.
    J'attends qu'il fonde lentement. Le fruit défendu inonde mes papilles, coule dans ma gorge. Sa sensation ouvre les portes d'une autre dimension, celle du plaisir intense qui imite le premier instant, lové dans l'insconcience de l'inconscient.


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  • Comment ai-je pu aimer tant de femmes ? Leurs jambes voilées sont des mensonges qui me tordent au supplice. Elles se tiennent là assises sous le soleil, exactement, leurs colifichets en ballade à leurs oreilles. Qu'entendent-elles au bruissement du vent ?

    Comment ai-je pu aimer tant de femmes ? Leur soif de vérité se couvre de lascifs mensonges, de calices aux couleurs d'idoles. De vérité, elles ne cherchent que l'écho de la mienne perdue depuis longtemps au fond de trous superbes.

    Comment puis-je aimer cette femme ? Pour entendre le bruissement de son vagin ?


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  • Le sang sur les ivoires blanches
    a giclé à la face de l'homme noir
    Il souffle son dernier soupir
    piétiné par l'animal monumental

    Aux côtés de l'homme
    sa femme au sein tranchée,
    son fils agonisant
    sa fille violée

    Dans ses journaux de plomb
    L'homme blanc
    Lance ses mots bleus
    Trempés au glaive de la Justice

    Les corps morts tressaillent
    Quand l'Histoire passe
    On a juste oublié
    Le sens moral.

    Reste le sang.


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  • Il est apparu un soir de septembre
    Sous les néons d'un bistrot enfumé
    Voulez-vous prendre un verre avec nous
    M'a demandé son ami
    Mon regard cherchait le jeune homme resté assis,
    Je ne voyais que son dos droit et sa nuque relevée
    Tout était déjà écrit.

    Il est apparu une nuit de décembre
    Dans la salle de bal
    Voulez-vous danser avec moi mademoiselle
    Une voix a répondu
    Non, mademoiselle est avec moi
    J'ai croisé un regard bleu déjà aperçu et retrouvé
    Tout était déjà écrit.

    Il est apparu au midi de l'été
    Sur la place d'une ville du Sud
    La liberté et la mort m'a-t-il dit
    Je tenais entre les mains un vieux livre grec
    J'ai lu sur la couverture ou la mort
    En levant les yeux j'ai vu un sourire gourmand
    Tout était déjà écrit.

    Il est apparu un matin de mars
    Dans les rues d'une ville oubliée
    Je le suivais et j'épiais sa démarche
    J'avais rendez-vous avec un inconnu
    C'était lui
    Les mots nous ont échappé, juste les gestes
    Tout était déjà écrit.

    Il est apparu un après-midi de grand vent
    Dans le port d'une île bleue
    Je m'y étais réfugiée pour m'oublier
    Il m'a parlé dans une langue étrangère
    Je n'ai pas répondu
    Hélas le marin a parlé en français, aie aie, il va croire
    Tout est si souvent écrit.

     


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