• Les lendemains flottent avec leur goût d'hier.
    On vous dit, vivez le présent, ne pensez pas à l'avenir.
    Très bien, je panse les cicatrices en creux.
    Je repasse le film, avec ses séquences en couleur.
    En boucle, pour filtrer le temps.
    J'entends les sons, le train, au sortir du tunnel, se hâte vers d'autres villes.
    La lune se suspend de toute sa rondeur, écarte les étoiles à sa lueur.
    Un nuage passe.

    Il fait nuit. Noire. Le monde est en crise.
    Les continents se dérivent.
    Les peuples relèvent la tête au-dessus des canopées.
    Même debout, pas facile de tenir droit.
    Je bascule par-dessus le zinc du toit.
    Juste pour voir plus bas le bord du caniveau.
    Rien de nouveau.


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  • Reste de la fumée sur l'eau
    Du feu dans le ciel
    Des espaces incertains
    Pour des mondes stellaires


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  • Ils font des ronds dans l'eau

    Les ondes se dilatent en orbes
    S'absorbent à la surface liquide
    Se courbent jusqu'à s'envahir

    Ils font des ronds dans l'eau
    Leurs doux galets composent
    L'harmonie des éphémères
    Désirs d'ensembles fondus

    Dans leur ronde dénouée
    S'attachent leurs corps terrestres
    Unis dans les mailles du temps
    Aux triangulaires contours

    En écho de celle-là qui ouvrit les plaies
    En écho de celui-là qui goûta l'amertume
    Ils s'unissent sous le pommier
    Et tombe le fruit du mystère

    Se reflète la jouissance
    Connaître en un seul point
    L'unique principe ternaire
    Mirage des transcendances

    Dans les vals se déverse
    Leur souffle originel
    Cercles dans le jour parfait
    Ils sont trois à s'endormir sous les étoiles


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  • J'ai pris le chemin de traverse, dans la lande sauvage. Là-bas, les familles sur la plage goûtaient leur pique-nique. J'ai marché de l'autre côté du rivage, le soleil à l'horizon voilait sa figure, c'était l'heure des mouettes en plongée. D'une main, j'ai roulé ma clope, l'autre je la balladais sur les buissons encore verts, à ras du sol sec. J'ai glissé dans la pente de sable, c'était doux à mes pieds de cloche. Je me suis assis sur le rocher plein sud. J'ai pris mon pied dans ma paume, pour y chercher les chemins de vie qui mènent à nulle part. Je voulais transformer le but. Il était là, assis à quelques mètres de moi. Solitaire. J'ai regardé ses yeux nuages bien en face. J'ai pris sa pierre, j'ai pas écouté ses prières, j'ai fait ses poches, bien retournées, il m'a rendu la monnaie de ma pièce, il m'a pris à la gorge. C'était un jour parfait, juste avant la plongée de la nuit. On a fermé les yeux des étoiles. On a fait un tour du côté sauvage, c'était un moment magique. N'en déplaise aux anges, on était les princes de la nuit.



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