• - Qu'est-ce que vous faites ?

    - On trie les dossiers. C'est le boss qui l'a demandé.

    - C'est quoi ce tas ?

    - Intermittents, intérimaires et Cdd à temps partiel. Direct poubelle, intraitables.

    - Et ce dossier vide ?

    - Musicien. Auteur. Artiste. Journaliste. On a déjà jeté.

    - On en fait quoi de celui-là ?

    - Raoni. Chasseur-cueillir. Nationalité : Brésilien. Il vient d'Amazonie.

    - Il est arrivé en pirogue ? Et il fait quoi en France ? Il a des papiers en règle ?

    - Refuge politique. Inattaquable.

    - Avec sa peinture rouge sur la figure ? Et puis chasseur-cueilleur, c'est quoi ce travail ? Et là c'est quoi ?

    - Des profs et des infirmières. Dans le dernier projet de loi, ils vont réduire le nombre de fonctionnaires. Ils partent déjà pour le privé.

    - Les ex-fonctionnaires vous oubliez. Et là ?

    - Secteur associatif subventionné. Poubelle.

    - Il reste quoi ?

    - On a éliminé les plus de cinquante ans, les moins de vingt-cinq sans expérience significative.

    - Significative ?

    - Tous ceux qui prétendent avoir fait des stages.

    - Il reste quoi ?

    - Ces trois dossiers : fin de CDD à temps plein, CDI licenciés pour raison économique ou pour faute, .

    - Faute ?

    - Uniquement les fautes graves. Les autres, on a peur que ce soit un arrangement pour toucher le chômage. En résumé, sur nos 1 800 dossiers, on en a gardé 200.

    - Ben, ça va nous donner moins de travail.

    - Chef, on a terminé le tri. 200 dossiers à traiter.

    - C'est-à-dire ?

    - On a éliminé tous les faux travailleurs, on a gardé ceux qui avaient déjà eu un vrai travail.

    - Comment ça ? Vous n'avez pas compris les instructions. C'est pourtant clair, on doit trouver un vrai travail aux chômeurs. Vous pouvez recommencer à zéro.


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  • Le test des trois passoires

     

    Socrate avait, dans la Grèce antique, une haute opinion de la sagesse. Quelqu'un vint un jour trouver le grand philosophe et lui dit :

    Quidam

    — Sais-tu ce que je viens d'apprendre sur ton ami ?

    Socrate

    — Un instant, répondit Socrate. Avant que tu me racontes, j'aimerais te faire passer un test, celui des 3 passoires.

    Quidam

    — Les 3 passoires ?

    Socrate

    — Mais oui. Avant de me raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l'on aimerait dire. C'est ce que j'appelle le test des 3 passoires. La première passoire est celle de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?

    Quidam

    — Non. J'en ai simplement entendu parler...

    Socrate

    — Très bien. Tu ne sais donc pas si c'est la vérité. Essayons de filtrer autrement en utilisant une deuxième passoire, celle de la bonté. Ce que tu veux m'apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bon ?

    Quidam

    — Ah non! Au contraire.

    Socrate

    — Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n'es même pas certain qu'elles soient vraies. Tu peux peut-être encore passer le test, car il reste une passoire, celle de l'utilité. Est-il utile que tu m'apprennes ce que mon ami aurait fait ?

    Quidam

    — Non. Pas vraiment.

    Socrate

    — Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n'est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ?


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  •  

    Je tremble cette nuit
    Demain viendra le grand jour
    Je prendrai les petits papiers
    Je choisirai le meilleur.

    Une petite comptine trotte dans ma tête.

    Tôt dans la lande rousse de Pouzygnan, un cochon lent fait sa promenade.  Nos chemins se croisent sous le pont. Mais je lis à son air : "Ô, tout me peine ma belle". Sa poule n'aime pas son lard. Merde il manque une syllabe.

    THAUD dans la LANDE ROUSse de POUZYGNAN, un COCHON LENT fait sa promeNADE. Nos CHEMINs se croisent sous LE PONT. MAIS je lis à son R : "Ô, TOUT me PEINE ma BELLE ". Sa POULE n'AIme pas son lARd. MErde il manque une syllabe.


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  • Ils ont tant et tant baisé sa pierre
    Que le rouge a coulé jusqu'à sa bouche
    Ils ont tant et tant baisé sa pierre
    Qu'ils ont crié au sacrilège
    Un voile transparent ils ont dressé
    Les nuages accrochent leurs larmes à la glace
    Son coeur s'est fermé au ciel du Père Lachaise.


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  • ou bien

    J'ai ôté une à une les pelures
    Sous la dernière est apparue
    Dans un murmure
    Ce cœur inaltérable qui bat ténu
    Tu es ma fêlure
    Un seul murmure

    ou bien

    Coquillage immobile
    Un homme assis s'abandonne
    Le monde murmure
    Oublieux de sa déchirure
    Il reconnaît sous les fêlures
    Sa part intacte
    Ressurgie dans le miroir du temps

    Les peaux de mémoire
    Sont tombées une à une
    Pour que batte le cœur inaltérable
    Il s'agenouille en communion
    Sa joie l'inonde
    Ses pas résonnent sur la voie
    Fragile de la certitude.


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