• 90

    J'avais quitté la ville où j'étais né.
    Je n'avais pas d'horizon.
    Juste les murs décrépis des squatts européens.
    Mes poupées russes ne connaissaient pas la crise.
    Nos voyages coulaient nos jours.
    Le déroulement des trains nous amenait aux bords des pays au goût d'épices.
    Nous regardions la foule des affaires et nous évitions de voter.


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  • J'ai plongé la main puis le bras, 
    Mon corps tout entier a basculé
    J'ai glissé contre les parois lisses
    J'ai cherché bien au fond
    Jusqu'à ce que je le sente
    Jusqu'à ce que je l'agrippe
    Jusqu'à ce que je l'arrache.

    L'humanité retient son souffle
    L'humanité suspend ses batailles
    Depuis l'éternité l'humanité attend.

    Je l'extirpe de ses souterrains  
    Je le brandis en trophée
    Je le fais naître au jour
    Le voici sorti du néant.
    Au premier jour du printemps
    J'ai libéré
    l'espoir affamé
    Dedans la boîte de Pandora.

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  • Elle a pris notre petit par la main et a prononcé ces mots :
    "Tu n'es pas digne d'être son père.
    "
    Je les ai vus s'éloigner par le petit chemin.

    Les jonquilles en madones blanches ont pleuré à mon passage.

    Les nuages ont étiré leurs chevelures grisonnantes pour endeuiller le
    bleu du ciel.

    Les roseaux se sont brisés à la chaîne de mes pieds.
    La rivière hier si limpide a creusé ses flots sombres.
    Ses tourbillons ont soufflé des sanglots.


    Elle aurait planté mes bras en croix, cela ne lui aurait pas suffi.
    Elle a jeté la pierre pour éloigner mon fils.

    Le vent dans l'arbre a supplié : "Père, pourquoi m'as-tu abandonné ?"

     



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