• Marbres moussus, mes temps du rêve sont usés
    Les fleuves des jours patients les ont médusés.
    Dans mes nuits, je cherche la dame de beauté.
    Comme si, dans un livre, je l'avais devinée
    Elle s'était posée sur un banc de la ville
    Mes yeux requins découvraient sa svelte cheville
    De sa bouche voilée, s'échappaient des murmures
    Ondoyants, qui se glissaient sous ma blanche armure


    Je m'assagis pour ne pas briser son mirage
    Est-ce son rêve qui traverse tous mes âges
    Ou sa vérité qui m'assaille au bord des nuits
    Notre rencontre a bien incendié nos vies
    Dans nos jeunes années évanouies, pourtant ?
    Mes rêves vieillissent, le temps s'use en guettant
    Sous les flots impatients le marbre englouti
    Et je m'en vais, aux vents, loin des vains clapotis.


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  • Comme un lego
    mais sans mémoire
    j'arracherai les lianes entrelacées
    qui emprisonnent les voyages
    j'avancerai à cloche pied
    sur la ligne blanche
    mes doigts rouleront d'autres cerises
    dans les jardins suspendus
    rappels de lointains édens
    des jours où Vénus écumait
    où Eve caressait la pomme
    comme un lego
    mais sans mémoire
    juste la salive qui se souviendrait
    des délices capricieux
    plonger dans le fleuve de l'oubli
    pour noyer tes yeux et tes mains
    pour effacer le jour
    où je t'ai manquée
    le limon sybarite du fleuve
    imite ton corps lové
    ses boues séchées
    bâtissent mes carapaces
    comme un lego
    mais sans destin.

     

     


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