• Souvenirs de la maison de mon grand-oncle et de ma grand-tante à Marignier, en Haute-Savoie.

    J'ai passé des vacances dans les années soixante au pied du Môle. "Saîe de Môle", entendez en patois savoyard, "sauterelle de Môle" parce que je ne mangeais rien et que je n'étais pas assez grosse aux yeux de mon grand-oncle. Alors il partait pêcher la truite dans l'Arve pour essayer de me nourrir ; c'était jamais gagné ! Je faisais la grimace à cause des arêtes...


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    Je me souviens tu nous parlais de l'Italie et des Ritals
    Je me souviens tu nous racontais la guerre et le maquis
    Je me souviens tu dansais bien la valse mais tu jouais mal de l'accordéon

    Je me souviens tu aimais le cinéma américain et aussi Gabin et Bourvil
    Je me souviens en mai 68 tu es parti en solex à Lyon pour manifester
    Je me souviens tu nous répétais « De mon temps »
    Je me souviens des jouets en bois que tu fabriquais pour tes petits enfants
    Je me souviens des oranges en cadeau des Noëls de ton enfance
    Je me souviens tu n'aimais pas l'armée ni les curés mais tu croyais au bon dieu
    Je me souviens de ta dernière phrase : «on est peu de chose sur terre».

     

     

     


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    C - Elle est absente, elle préfère sa solitude. Elle fait la lune.
    R - Ca veut dire quoi ?
    C - Qu'est-ce que j'en sais ? Elle n'est pas là, ailleurs, partie, en exil. Enfin loin de moi, de toi, de nous.
    R - Qu'est-ce qu'elle dit ?
    C - Elle fait l'Odyssée.
    R - Ouais, ben moi je vais lui refaire l'Illiade. Tu sais la colère. Ca veut dire quoi ça, elle va d'île en île. Et toi tu fais Pénélope ?
    C - Le café est chaud. Passe le beurre, derrière toi.
    R - J'aime bien les dimanches matin. Pourquoi elle préfère partir ?
    C - Un ancien amour... Elle a le coeur en berne, qu'elle m'a dit.
    R - Le coeur !? Moi j'ai la peau indienne, passe le calumet. Je te propose la paix. La chair n'a pas de cicatrices, que des flots.
    C - Je l'ai dans la peau.
    R - Moi je t'ai dans mes ADN, ça te suffit pas ?
    C - Oui, je sais on est frère. Mais elle, c'est mon coup au ventre. Elle est mon atome crochu, ma tendresse. Chui moureux.
    R - C'est ça avec toi qui m'agace, t'es un romantique. Foutaises. Je ne crois plus qu'aux flammes du corps. Ces flammes réchauffent l'âme, et l'âme crée. Les amoureux sont niais, froids et provisoires. Le désir, lui, est éternel. Elle n'est pas romantique, crois-moi, les femmes ne sont pas tendres. C'est un leurre, leur cheval de Troie. Bon, je reprends ma partie d'échecs. Je joue, je gagne, je perds, une partie sur trois. En plus, sur le net, t'as pas ton adversaire en face, t'as l'impression de jouer contre un autre toi-même. Fais pareil avec elle, tu joues, tu perds ou tu gagnes, une fois sur trois.
    C - Toi tu joues sur tous les tableaux.
    R - Et alors, ça t'a pas géné cette nuit. Tu t'es abandonné, tes arrières pensées m'ont pas géné. J'aime bien tes arrières pensées, les remplir.
    C - Mais toi, elle ?
    R - Je l'ai connue, y a longtemps. je me souviens d'elle comme un marin se souvient d'un grain après quelques jours de ciel bleu.



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    A la manière de....

      

    Ce matin, tu marchais dans les rues de Paris au bras de la  collectionneuse. Vous avez croisé la femme de l'aviateur qui allait avec Pauline à la plage. Elles parlaient du beau mariage de la Marquise d'O.

    Assis sur le canapé rouge, tu as caressé le genou de Claire et avec elle tu as aimé goûter à l'amour l'après-midi.

    Dans les nuits de la pleine lune, tu m'as chuchoté : « Ma nuit chez Maud... » et tu as gardé le silence, comme Perceval le Gallois quand il a vu le rayon vert du Graal.

    Est-ce un conte, un conte d'été qui s'est transformé en conte d'automne ou bien un conte de printemps qui s'est transformé en conte d'hiver ? 


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