•  Chut je l'entends qui approche
    Quel philtre puissant m'a-t-elle laissé boire
    Je tremble ce n'est pas de froid
    Juste dans l'attente de son premier baiser
    Je n'ai rien d'autre à faire
    Qu'à m'étendre dans un cercueil de pierre
    Je pourrais bien m'assoiffer à son cou
    Si elle me laisse faire
    Je gravis sans cesse
    La colline qui me conduit
    A son vermeil sommeil

    Traverser son palais silencieux
    Aux dormants de mille ans
    Assoupir un vieil eunuque
    Pour l'approcher
    Toucher ses voiles aimés
    Désirés
    Dans mon costume de bête
    J'apprivoise ma belle
    La pulsation des étoiles
    Dans mon cœur ensorcelé
    Cadence ma soudaine passion
    L'un après l'autre, je détache les pétales
    De son destin
    Entre mes mains moites
    D'impudeur
    Mes soupirs n'ont rien de chastes
    Des râles sans doute
    Ou des cris de loup
    Dans la prairie à la voûte tiède.
    Le son de sa voix est déjà une tempête
    Mon tapis de mots n'est pas assez volant
    Pour rejoindre sa couche
    Je convoite son regard du haut de ma tour
    J'incline ma chevelure alourdie
    Autour de sa nuque superbe
     Si doux entre mes doigts
    Je tiens le soulier de vair
    Je la chausserai pour la connaître enfin.


    votre commentaire
  • Dionysos, dieu du désir pulsionnel assumé
    divisé par le Diable, dieu déchu du plaisir détourné
    reste La Croix
    Et cloué à cette croix l'Homme devenu dieu
    au nom de l'amour

    La bergère violée à la margelle du puits
    divisé par la courtisane poudrée de séductions
    reste l'Ecume
    Et baignée à cette écume Aphrodite libère
    au goût de l'amour

    Le Guerrier, survivant des combats
    divisé par l'entêtée, au coeur rayonnant
    reste Le Philtre
    Et à ce philtre les Amants éternels boivent
    au partage de l'amour

     


    votre commentaire
  • Il a touché les arbres, leurs feuilles se sont desséchées.
    Il a marché sur le gravier, le sang a coulé à flot.
    Il a touché mon genou, je suis boiteuse à présent.


    votre commentaire
  • PicassoJe ne leur offrais que mon profil
    Et encore je l'aurais fondu en blanc opaque
    Pour sombrer dans l'anonymat.
    Mais le peintre dessina un œil,
    Un nez et une bouche.
    Il ne réussit qu'à esquisser une grimace mortifère
    Sourire denté de travers
    A l'œil étiré en tache d'effroi.


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires