• J'ai passé les dunes d'herbes folles qui frottaient mes chevilles.
    Devant la mer flottait.
    J'ai traversé le sable chaud qui piquait mes plantes de pied.
    L'astre du jour effaçait les ombres sombres.
    J'allais dans l'été, pour effacer les mémoires vives.
    J'ai jeté mes habits sur la plage, la nudité était à sa place dans ce temps étiré.
    Le sable mouillé marquait mes empreintes.
    La mer les absorbait dans sa bouche vorace.
    J'avançais encore dans son étendue méditerranéenne.
    Mes chevilles allaient à son va-et-vient, dans sa ballade impérieuse.
    L'eau salée écornait les traces à la craie de mon cœur.
    Le ciel se détachait dans l'horizon étalé.
    Je m'enfonçais.
    Les genoux, les cuisses, une vague m'enroula.
    Je crois bien que la mer, cet après-midi d'été, m’engloutit dans son ventre liquide.
    Il faut bien renaître dans les longues journées de l'été limpide.


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