• J'ai tellement fantasmé de toi
    j'ai tellement plongé, tellement soupiré
    Tellement aimé tes silences
    Qu'il ne me reste plus rien de moi
    Il me reste d'être l'esprit parmi les fantômes
    d'être cent fois plus aveugle que l'aveugle
    d'être le fantôme qui tombera et retombera
    dans ta vie de glace.

     

    Ombre parmi les ombres (Desnos)

    J'ai tellement rêvé de toi
    J'ai tellement marché, tellement parlé,
    Tellement aimé ton ombre,
    Qu'il ne me reste plus rien de toi,
    Il me reste d'être l'ombre parmi les ombres,
    D'être cent fois plus ombre que l'ombre,
    D'être l'ombre qui viendra et reviendra
    Dans ta vie ensoleillée.


    illustration : Paul Marandon
    http://www.paulmarandon.com/


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  • A tes mystères

    J'ai tant aimé de toi que je perds ma réalité
    Le temps est-il venu d'éloigner ton corps vivant et de renoncer à baiser le coin de la bouche d'où nait la voix que je chéris
    J'ai tant aimé de toi que mes bras étreignent tes ombres dans mes creux de nuits qui pleurent à tes contours mal étreints
    Ton apparence irréelle me hante et depuis des jours, des années, me guide tes affinités électives
    Je deviendrais une ombre sans doute et tes sentiments m'habiteraient encore
    J'ai tant aimé de toi qu'il est temps sans doute que je m'endorme
    Je vis debout, le corps exposé à toutes les apparences de ta vie et de l'amour de toi
    Avec toi je peux bien baiser les premières lèvres et le premier front venus c'est encore toi que je touche.
    J'ai tant aimé de toi, tant adoré, écrit, couché avec ton amour qu'il ne me reste plus qu'à plonger dans les enfers pour tendre la main à mon Eurydice, ombre parmi les ombres, mille et une fois aimée, mille et une fois accrochée à la lune des mondes.
    L'éternité s'en irait que ton ombre dans mon sang s'infiltrerait.
    Tu as tant aimé de moi que je suis siamois dans ta chair.


     

    A la mystérieuse

    J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
    Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant et de baiser sur cette bouche la naissance de la voix qui m'est chère?
    J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués en étreignant ton ombre à se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas au contour de ton corps, peut-être. Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante et me gouverne depuis des jours et des années, je deviendrais une ombre sans doute. O balances sentimentales.
    J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
    sans doute que je m'éveille.
    Je dors debout, le corps exposé à toutes
    les apparences de la vie et de l'amour
    et toi, la seule qui compte
    aujourd'hui pour moi,
    je pourrais moins
    toucher ton front et tes
    lèvres que les premières lèvres
    et le premier front venu.
    J'ai tant
    rêvé de toi, tant marché,
    parlé, couché avec
    ton fantôme qu'il ne me
    reste plus peut-être, et
    pourtant, qu'à être fantôme
    parmi les fantômes et plus
    ombre cent fois que
    l'ombre qui se
    promène et se
    promènera
    allègrement
    sur le cadran
    solaire de ta vie

    Desnos


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  • Petite soeur, entraîne-moi
    dans ton noir désir
    je suis un homme pressé
    tu le sais
    aux quatre coins du lit
    le vent nous portera

     

    le calice est à moitié plein
    viens le boire à nos amours
    infertiles et superbes
    buvons à ce terrestre moment
    soyons gais
    dévorons les miettes du monde
    en déclin



    je traverse le temps
    sans références, irrévérencieux
    je suis à tes pieds
    asservi à ta loi
    moins politique, moins médiatique
    mais tes faveurs valent les huit et demi milliards
    de mon crédit en bourse


    je peindrai sur ma toile
    la peau rosie de tous tes seins
    et la lune de tes yeux affamés
    les critiques crieront à l'imposture
    impressions primitives
    des couleurs trop crues

     

    moi je suis riche de tes sciences
    je n'irai pas vite, je n'irai pas vite
    je suis un homme pressé
    mais le soleil ne se lèvera pas
    il nous laissera la nuit



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  • Faussaire

    Je viens de l'au-delà
    Et toute joie
    Est en ce jour un aiguillon
    De l'extase
    Encore quelques temps
    Et une fois délivrée
    Je me dresse, enivrée
    Dans le sein de l'Amour
    La vie infinie
    Coule puissamment en moi
    Je regarde d'en bas
    Vers toi en haut
    Près de l'astre opale
    S'illumine ton éclat
    Une madeleine apporte
    L'épineuse couronne
    O ! je t'aspire, mon bien-Aimé
    Avec force vers toi
    Que tu t'endormes
    Et que je puisse t'aimer
    Je sens de la vie
    Le flux rajeunissant
    Mon sang se change
    En baume et en éther
    Je vis des jours
    Emplis de ma foi et de ta force
    Et je renais pendant les nuits
    Dans ton embrasement sacré.


    Original romantique

    Je vais vers l'au-delà,
    Et toute peine
    Sera un jour un aiguillon
    De l'extase.
    Encore quelques temps
    Et une fois délivré,
    Je gis, enivré
    Dans le sein de l'Amour.
    La vie infinie
    Coule puissamment en moi.
    Je regarde d'en haut
    Vers toi en bas.
    Près de ce tertre
    S'éteint ton éclat -
    Une ombre apporte
    La fraîche couronne
    O ! aspire-moi, Bien-Aimée,
    Avec force vers toi,
    Que je m'endorme
    Et puisse aimer.
    Je sens de la mort
    Le flux rajeunissant.
    Mon sang se change
    En baume et en éther.
    Je vis des jours
    Pleins de foi et de courage
    Et je meurs pendant les nuits
    Dans un embrasement sacré.

    Novalis


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  •   

    De vous à moi
    vous m'avez eue
    mon amour


    J'aurais aimé
    un sensible abandon
    une délivrance charnelle
    une transfiguration extatique
    une possession divine
    une petite mort somme toute.


    De vous à moi
    je ne vous ai pas eu
    mon amour.


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