• Brèves de comptoir

    - Jack, faut que je me délivre de ce mic-mac ! Verse-moi ton cognac, j'ai besoin de ton divin thériaque.
    - Hello, Bob, c'est quoi qui te détraque ?

    - Deux heures que j'attends ma Slovaque sur la place, y avait juste le tic-tac des horloges, celle du beffroi, du clocher, du minaret, toutes dressées aux cieux qui pendent. Elle me rend démoniaque.
    - Alors c'est qui la nouvelle cette fois-ci ?

    - Elle caresse mon nez d'éléphant, pire qu'un cornac, c'est meilleur que respirer le crack ! Je suis en vrac quand elle se casse. C'te nuit, j'ai tagué la pissotière façon tache de rorschach, ça me souvient de sa rose ! je la ferai poser nue sur l'abaque d'une colonne torse. Putain faut que je la plaque avant qu'elle me rende opaque.

    - Arrête de broyer du noir ! Bois ton cognac.

    - Ca me soulage voir tout en noir. Sur mes toiles je mets sa petite gueule en désordre, je la pique au lasso. Sur mes plaques de cuivre je la possède à l'envers avec mon burin. Ça me braque, tout son cubisme en arêtes qui me transperce.

    - C'est ta tronche que tu mets à l'envers, t'en as pas marre de te flinguer à chaque cloaque ?

    - C'est pas ma faute à moi si je préfère les belles cosaques et leur bras voilés de casaque rouge. Je sais, je terminerai sous le pont de Brooklyn.

    - Ben, le Rhône est à côté, choisis le pont des Lônes. Disons que t'aime ça, plonger dans les lacs saumâtres, ça t'évite la déprime ambiante, tu participes à la crise, façon bras cassés !

    - Putain, Jack, je suis en manque, faut que je plonge dans sa mandragore ça me nourrit mieux que le manioc.
    - Change de dope.
    - Je deviens paranoïaque, tous les macs qui passent, c'est pour elle qu'y viennent que je me dis. A Pâques, c'est dit, je ferai naufrage dans les séracs du grand nord sur mon kayak.

    - Y te reste les gorges de l'Ardèche, c'est plus près. Laisse tomber, Bob, tu deviens chiant avec ta garce.

    - Dis pas ça c'est une déesse, faudrait pas que je croise maintenant son regard canaque, je suis trop chaud, je me pendrai à la haute branche d'un gaïac, au bord d'un long fleuve d'Amérique centrale.

    - T'as qu'à sauter à l'élastique dans le Vercors !

    - C'est pas ma faute à moi si elle me met en vrac. Mes nuits dans ma piaule sont insomniaques.

    - Tu claques des dents, qu'est-ce que t'as ?

    - Là-bas, te retourne pas, elle est là. J'ai le trac, je suis foutu, je vais replonger...


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