• Cela a existé

    De l’autre côté de la mer, sous les forêts d’oliviers aux têtes folles, je pense à lui. Je m’étendrais contre son corps comme la mer allonge son écume contre le flanc de la crète. Et je me souviendrais de lui, tout au long des jours, tout au long des nuits. J’entendrais sa bouche prononcer à mon oreille les mots d’amour dont il a tant usés déjà. Je sentirais dans ma bouche ses doigts de lumière. Le dieu amour a posé son talon sur une colline verte et de cette empreinte est né celui que j’ai aimé dans le silence de la passion.

    Je ne sais pas à quel moment l’instant devient magique, à quel moment le regard ou la caresse, le silence ou le baiser deviennent échange. Je sais qu’à certains moments les regards, les caresses, les silences et les baisers n’ont que l’apparence de ceux-là et leur réalité, parce qu'en absence des échos tourmentés et impétueux d’autrefois, a le goût de la cendre ou du sable dans la bouche assoiffée.

    Je suis aujourd’hui ce corps de sable qui a oublié le goût de la pluie quand la terre rouge assoiffée se fend dans les chemins, s’évapore en nuage de poussière jusqu’au jour où le nuage en caresse dépose son eau longtemps gardée ! Et mille gouttelettes roulent et s’épuisent jusqu’au cœur de la terre rassasiée. Retrouverais-je jamais ce goût d’autrefois quand le nuage en reflet se pose dans l’œil de la terre ?

    Cela a existé, cela a été bu et cela a rassasié.


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