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<< Le rire et le propre de l'homme | Le vieil Arita | l'Afghane >>
Comme lui, je n'ai pas été sevré et chaque nuit la longue marche reprend jusqu'à l'apaisement qui ne vient pas. Dans ces jours de lumière et de vent, l'apaisement vient d'une bouche inconnue, d'une main étendue sur la natte tressée. En ces jours dans l'ailleurs, l'apaisement vient de ce sourire sans ombre jeté par-dessus les foules envieuses. En ces jours suspendus entre l'horizon africain et la pesanteur de l'Europe, je parcours cet espace plein de ses pas et de ses longues jambes porteuses d'apaisement.
En ces jours, courts de quiétude, que l'arrivée de la nuit avec son cortège de désirs inassouvis efface, je ressemble au vieil Arita, étendu sur la couche de sa jeune épouse et criant de toute sa déraison, plongeant la maison dans l'effroi des ses cauchemars insatiables.
Tout autour, le groupe d'enfants noirs abandonne sa curiosité à cette page écrite. Leur mère ou petite mère porte sur la tête la hachette qui coupera les pousses de bambou dans le champ où son époux sera porté jusqu'à sa dernière demeure.
Publié par felixmartin à 21:17:34 dans Nouvelles d'hier | Commentaires (0) | Permaliens
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