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<< Le long des murs | Quitter Berlin | Prière des espoirs >>

Lisa, Lisa. Elle s'appelait Lisa. Blonde, de la tête
aux pieds. Avec des duvets inavoués au creux des genoux et des manières de rire
qui n'étaient que blondeur. Lisa-Lisa.
La sirène du bateau agitait le
départ. Les passagers se pressaient contre la balustrade blanche, luisante des
mains engourdies, potelées, grandes, rouges. Et Lisa, Lisa, Lisa dans ma tête.
J'avais rejoint la foule que je dépassais d'une tête. Lisa-Lisa. J'avais peint
Lisa, toutes ces nuits à Berlin. Lisa en manteau noir, Lisa dansant sous les
feux blancs, Lisa dans le bain, Lisa après l'amour. Lisa, là, proche, à demi
pliée sur moi, Lisa loin, loin, si loin.
L'air était frais, le vent déjà
brisait l'écume et le bateau s'éloignait, lentement, pesamment et si
docilement, sans frôlement, sans trace de violence, là sur les flots bleu noir.
Avec l'écume tout autour, l'écume aux bords des lèvres de Lisa, que j'avais
tant peintes, tant murmurées. Mon dernier crayon je l'avais jeté à Paris, au
fond de
Le bateau pour l'Amérique
engloutissait Lisa. Un océan atlantique me séparait de Lisa. Lisa que je
pianotais sur la balustrade blanche. Lisa qui m'abandonnait pour chanter et
danser dans les nuits de Berlin.
Interprète : Nicole Amann - Compositeur : Hervé Jeanson -
Publié par felixmartin à 00:19:59 dans Musicales | Commentaires (1) | Permaliens
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