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Ma soeur Anne | 27 avril 2008

 

Anne, ma sœur Anne
Ne vois-tu rien venir
Ma
lumineuse primevère
A l'aube je berce
Tes soupirs de nourrisson
Je me souviens
Ta main accrochée à mon doigt

Anne, ma sœur Anne
Ne vois-tu rien venir
Ma délicate violette
Dans le soleil du matin
Je panse tes genoux écorchés
Je me souviens
Tes jeux au jardin d'enfant

Anne, ma sœur Anne
Ne vois-tu rien venir
Ma belle nymphéa
A midi tu goûtes
Aux jeunes amours
Je me souviens
De tes premiers chagrins

Anne, ma sœur Anne
Ne vois-tu rien venir
Mon rouge coquelicot
Dans le calme après-midi
Ton ventre s'arrondit
Je me souviens
Tes bébés roulant sous mes mains

Anne, ma sœur Anne
Ne vois-tu rien venir
Mon éphémère fleur de cerisier
Au crépuscule obscur
Tes joues pâlissent
J'arrache
La fleur maudite de ton sein

Anne, ma sœur Anne
Je n'ai rien vu venir
Mon souffle fraternel est vain
La nuit éternelle
Recouvre tes paupières
Je dépose
Les roses noires sur ton cercueil clos.

 

Illustration :
Léda pierre de Lens
Paul Marandon
http://www.paulmarandon.com/

 

Publié par felixmartin à 00:09:21 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

La mort est passée | 25 avril 2008

 

Mon âme-soeur,
La mort est passée près
Offrons-lui nos bouches d'amants
Et rions sous la tonnelle d'argent
Regardons-la grimacer
Dans les ruelles
Elle passera
Et nous resterons enlacés.

Publié par felixmartin à 18:53:57 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Contes et soupirs | 24 avril 2008

Chut je l'entends qui approche
Quel philtre puissant m'a-t-elle laissé boire
Je tremble ce n'est pas de froid
Juste dans l'attente de son premier baiser
Je n'ai rien d'autre à faire
Qu'à m'étendre dans un cercueil de pierre
Je pourrais bien m'assoiffer à son cou
Si elle me laisse faire
Je gravis sans cesse
La colline qui me conduit
A son vermeil sommeil

Traverser son palais silencieux
Aux dormants de mille ans
Assoupir un vieil eunuque
Pour l'approcher
Toucher ses voiles aimés
Désirés
Dans mon costume de bête
J'apprivoise ma belle
La pulsation des étoiles
Dans mon cœur ensorcelé
Cadence ma soudaine passion
L'un après l'autre, je détache les pétales
De son destin
Entre mes mains moites
D'impudeur
Mes soupirs n'ont rien de chastes
Des râles sans doute
Ou des cris de loup
Dans la prairie à la voûte tiède.
Le son de sa voix est déjà une tempête
Mon tapis de mots n'est pas assez volant
Pour rejoindre sa couche
Je convoite son regard du haut de ma tour
J'incline ma chevelure alourdie
Autour de sa nuque superbe
Si doux entre mes doigts
Je tiens le soulier de vair
Je la chausserai pour la connaître enfin.

Publié par felixmartin à 18:47:41 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Fontaine | 19 avril 2008

La fontaine et ses pleurs avaient le goût d'un lied,
L'Autriche dans ses meilleurs accents
Avant le bruit des bottes,
Seulement le vent dans ses forêts noires.
Retour dans ce pays d'avant
La dévastation.
Il a suffi de votre présence fragile,
Oublieuse de notre siècle désordonné.
Je vous devine aux bords d'abruptes parois
Fixant l'horizon d'un lointain sacré
Humant les airs bleus des Alpes.
Vos solitaires parcours me couvrent
D'un apaisement nouveau
Fidèle à d'anciens serments oubliés.
Eh quoi votre grammaire du cœur
Se compose d'accents harmoniques,
candides et si charmants !
J'avoue, vous me troublez,
Comme la pierre sur l'eau
Dessine des ondes infinies.
Sur quelle rive échoueront leurs cercles ?
Sauront-ils m'atteindre au plus profond
Pour éveiller l'écho d'émois perdus ?

 

Illustration :
Lord Elgin captif étude plâtre
Paul Marandon
http://www.paulmarandon.com/

 

Publié par felixmartin à 17:13:36 dans Nuits blanches | Commentaires (1) |

Belles jardinières | 16 avril 2008


Quel malheur
Mes mots se meurent
Tes rires fleurissent ailleurs
J'ai les yeux têtards
Face aux marais desséchés
Tu trimballes tes longues jambes
Sur d'autres fourrés griffus
Je t'avais aimée Eve
Je te perds Manon
Aucun espoir
De te revoir
Je le sens à ta poitrine
Gonflée à d'autres mains
Mes rêves ont quitté ton imaginaire
Tu flottes agrandie sous des cieux
Barbus et obscènes
Tu te fous de mes sentiments
Flétris et ternis
A force de les redire.
Quel malheur,
Mes mots dans les filets
S'emprisonnent
La vie s'épuise
Hélas sans toi
Je vais céder à la mâle faiblesse
J'irai paître les champs femelles.

 

Illustration :
Belle jardinière
Paul Marandon
http://www.paulmarandon.com/

 

Publié par felixmartin à 20:19:54 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

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