COVALEJE
©Textes
Je livre dans ce blog
des textes en désordre
nouvelles pour personnages en quête
poèmes pour nuits blanches
musicales pour accords bleus entre textes et musique
Merci à vous visiteurs
de vos regards croisés
Corinne Jeanson
romanzini(at)hotmail.fr
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Anne, ma
sœur Anne
Ne
vois-tu rien venir
Ma lumineuse primevère
A l'aube je
berce
Tes
soupirs de nourrisson
Je me
souviens
Ta main
accrochée à mon doigt
Anne, ma
sœur Anne
Ne
vois-tu rien venir
Ma délicate
violette
Dans le
soleil du matin
Je panse
tes genoux écorchés
Je me
souviens
Tes jeux
au jardin d'enfant
Anne, ma
sœur Anne
Ne
vois-tu rien venir
Ma belle
nymphéa
A midi tu
goûtes
Aux jeunes
amours
Je me
souviens
De tes
premiers chagrins
Anne, ma
sœur Anne
Ne
vois-tu rien venir
Mon rouge
coquelicot
Dans le
calme après-midi
Ton
ventre s'arrondit
Je me
souviens
Tes bébés
roulant sous mes mains
Anne, ma
sœur Anne
Ne
vois-tu rien venir
Mon éphémère fleur de cerisier
Au
crépuscule obscur
Tes joues pâlissent
J'arrache
La fleur maudite de ton sein
Anne, ma
sœur Anne
Je n'ai
rien vu venir
Mon souffle fraternel est vain
La nuit
éternelle
Recouvre tes paupières
Je dépose
Les roses noires
sur ton cercueil clos.
Illustration : Léda pierre de LensPaul Marandon http://www.paulmarandon.com/
Publié par felixmartin à 00:09:21 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens

Mon âme-soeur,
La mort est passée près
Offrons-lui nos bouches d'amants
Et rions sous la tonnelle
d'argent
Regardons-la grimacer
Dans les ruelles
Elle passera
Et nous resterons enlacés.
Publié par felixmartin à 18:53:57 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens

Chut je l'entends qui approche
Quel
philtre puissant m'a-t-elle laissé boire
Je
tremble ce n'est pas de froid
Juste
dans l'attente de son premier baiser
Je n'ai
rien d'autre à faire
Qu'à m'étendre
dans un cercueil de pierre
Je
pourrais bien m'assoiffer à son cou
Si elle
me laisse faire
Je
gravis sans cesse
La colline
qui me conduit
A son
vermeil sommeil
Traverser
son palais silencieux
Aux
dormants de mille ans
Assoupir un
vieil eunuque
Pour
l'approcher
Toucher
ses voiles aimés
Désirés
Dans mon
costume de bête
J'apprivoise
ma belle
La
pulsation des étoiles
Dans mon
cœur ensorcelé
Cadence ma soudaine passion
L'un après l'autre, je
détache les pétales
De son
destin
Entre mes
mains moites
D'impudeur
Mes
soupirs n'ont rien de chastes
Des râles
sans doute
Ou des
cris de loup
Dans la
prairie à la voûte tiède.
Le son de
sa voix est déjà une tempête
Mon tapis de mots n'est pas assez volant
Pour rejoindre sa couche
Je convoite son regard du haut de ma tour
J'incline ma chevelure alourdie
Autour de
sa nuque superbe
Si doux
entre mes doigts
Je tiens
le soulier de vair
Je la
chausserai pour la connaître enfin.
Publié par felixmartin à 18:47:41 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens

La fontaine
et ses pleurs avaient le goût d'un lied,
L'Autriche
dans ses meilleurs accents
Avant le
bruit des bottes,
Seulement
le vent dans ses forêts noires.
Retour dans
ce pays d'avant
La dévastation.
Il a
suffi de votre présence fragile,
Oublieuse
de notre siècle désordonné.
Je vous
devine aux bords d'abruptes parois
Fixant l'horizon
d'un lointain sacré
Humant les
airs bleus des Alpes.
Vos
solitaires parcours me couvrent
D'un
apaisement nouveau
Fidèle à
d'anciens serments oubliés.
Eh quoi votre
grammaire du cœur
Se compose
d'accents harmoniques,
candides et si charmants !
J'avoue,
vous me troublez,
Comme la
pierre sur l'eau
Dessine des
ondes infinies.
Sur quelle
rive échoueront leurs cercles ?
Sauront-ils
m'atteindre au plus profond
Pour éveiller
l'écho d'émois perdus ?
Illustration : Lord Elgin captif étude plâtrePaul Marandon http://www.paulmarandon.com/
Publié par felixmartin à 17:13:36 dans Nuits blanches | Commentaires (1) | Permaliens
Quel
malheur
Mes mots
se meurent
Tes rires fleurissent ailleurs
J'ai les
yeux têtards
Face aux
marais desséchés
Tu
trimballes tes longues jambes
Sur
d'autres fourrés griffus
Je
t'avais aimée Eve
Je te
perds Manon
Aucun
espoir
De te
revoir
Je le
sens à ta poitrine
Gonflée à
d'autres mains
Mes rêves
ont quitté ton imaginaire
Tu
flottes agrandie sous des cieux
Barbus et
obscènes
Tu te
fous de mes sentiments
Flétris et ternis
A force
de les redire.
Quel
malheur,
Mes mots
dans les filets
S'emprisonnent
La vie
s'épuise
Hélas
sans toi
Je vais
céder à la mâle faiblesse
J'irai
paître les champs femelles.
Illustration : Belle jardinière
Publié par felixmartin à 20:19:54 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens