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<< Ma fêlure | Un compagnon, Pessoa | La marche >>

Entre deux paysages de brume et de rosée, Pessoa évoque son impuissance créatrice. L'aiguille dans la chair s'écœure de ce cœur lointain, dans le temps après le tien. Bien loin du délice des jours, bien loin de la paix au milieu de la foule ou des déserts, l'âme solitaire s'abreuve à une source de souffre qui jamais n'interrompt son flot de nausée.
Une certaine humanité autour du bassin écarlate, patiente et soumise, attend un verre à la main, la coulée manifeste de son détournement fatal. Qui peut dire pourquoi ce flot-là coule dans les verres blancs de celle-ci ? Quelle main a jugé et désigné cette longue chaîne des cris sans phonèmes.
Je, tu. La rencontre impossible, reculée dans les effrois de glace, dans les vertiges de pierre. Je n'a pas connu tu. Dans cette quête frileuse abominable, je écarte tu, je tue tu, je tue je. L'absence de plaisir. L'absence de jouissance. Ecrire sans joie. Ecrire dans le blanc.
la philosophie est la maison de l'être
Heidegger
Publié par felixmartin à 22:27:25 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
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