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<< Ava (suite 6) | Ava (fin) | Novalis, copié/collé >>
Elle a touché les arbres, leurs feuilles se sont desséchées, elle a marché sur le lit de la rivière, il a coulé à flot, couleur de sang, elle a touché son genou, elle s'est mise à boiter. Elle regardait derrière les croix noires au-dessus des tombes, les fosses encore ouvertes où les hommes debout, nus, attendent la mort. Dans le silence de l'horreur, dans le silence, par respect pour ceux-là qui déjà ne souffraient plus, par respect pour ceux-là qui se souviendraient de leurs pères, ensevelis pour toujours. L'Histoire, majestueuse, aux seins massifs, avançait le regard oublieux. Comment pourrait-elle les voir ces tombes ? Sa démarche lente et assurée recouvrait d'ombre les tombes, les tombes et l'agonie lente et cruelle des hommes debout dans la terre noire. Le lendemain, les herbes folles recouvraient les charniers. L'homme marchait debout dans la ville reconstruite par-dessus. Assane s'éveilla en sursaut, la langue pâteuse. Il détestait s'endormir dans le train. Le jeune homme continuait à puer. Il se leva pour boire un café et oublier son rêve. Ava portait au bras, gravé, un numéro bleu. Entre Lyon et Paris, il lut dans le journal acheté à la gare qu'une jeune femme avait brûlé dans un incendie accidentel. Ava s'était endormie oubliant d'éteindre sa cigarette. Le temps de l'oubli était venu.
Publié par felixmartin à 22:17:57 dans Nouvelles d'hier | Commentaires (0) | Permaliens
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