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Conte Psychanalytique -fin- | 06 février 2009

C'est ainsi que, ce vendredi, je me retrouvai dans sa cible de mire. Impossible d'appeler au secours, je tentai de lui parler, mais les mots ne venaient pas, seules défilaient des images, des sons, la sortie de mes élèves après mes cours, leurs questions, les tentatives de séduction de certaines de mes plus jolies élèves, les échanges avec les autres membres de mon groupe psychanalytique. « Comment avez-vous pu, vous, enfreindre à notre déontologie ? », j'entendais déjà la présidente du groupe m'invectiver. Tout cela ne me donnait pas la réponse à ma situation qui empirait. Je regardais Patricia, debout, l'arme pointée dans ma direction. J'étais désarmé. Toute mon intelligence, toutes mes théories s'évanouissaient. Je vacillais, j'allais devenir fou, oui, moi aussi, j'allais devenir fou. J'en aurais pissé dans mon froc. Comment faire pour sauver ma peau, enfin sauver la face, et rétablir le dialogue avec ma patiente ? Comment dit-on chez les flics ? Le négociateur. Négocier. Rien. Ca ne sortait pas. Je ressentais une agression si forte que rien ne pouvait lui résister. Et là, croyez-moi, ne me croyez pas, j'ai eu la révélation. Ouais, comme Saint Paul. 


C'était une évidence : Patricia tentait de me faire ressentir ce qui l'habitait continuellement, le sentiment d'agression qu'elle subissait sans répit, qu'elle éprouvait jusque dans mon cabinet et que son révolver dévoilait. Son geste, dont les ressorts étaient parfaitement inconscients, fit soudain sens. Ma patiente, dans ce détour, avait trouvé le moyen de communiquer avec moi. Dans ce moment, je dépassais l'empathie et je parvins à une symbiose salvatrice. C'est ce que je parvins à lui transmettre. Toute la tension de son geste s'apaisa, délivrée par ma parole. Je réussis à la désarmer. La situation retrouva son équilibre, au moins momentanément : elle, la patiente, moi, le psychanalyste.

Depuis lors, je poursuis avec Patricia cette tentative de cure et je constate les progrès de ma patiente. Je ne sais pas encore où nous conduira cette expérience, mais je sais désormais que la compassion, pardon, l'empathie, est une arme efficace pour faire reculer les frontières de la souffrance.

Publié par felixmartin à 23:48:57 dans Nouvelles d'hier | Commentaires (0) |

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