Je ne savais pas ce que ton baiser balbutiait
Je sentais que ton baiser inventait un langage
Je ne savais pas ce que ton baiser goûtait
Je sentais que ton baiser m'ouvrait à des mondes inconnus
Ton baiser aurait tendu l'arc d'Ulysse
Ton baiser aurait nourri l'arche de Noé
Ton baiser aurait rompu les trahisons de Judas
Ton baiser aurait porté le Christ à la passion
Quel est ce frisson qui parcourt ma peau
Quelle est cette ivresse qui ignore les funestes drogues
Quelle est cette apesanteur qui se transmet à mon corps
Quelle est cette force qui évanouit mes pensées
Je m'abandonne à ton chaud frisson
Je m'ennivre à la respiration de ta bouche
Je voyage au coeur de ton baiser
Je m'anéantis à ta force délicate
Peut-on décrire la création d'une étoile
Peut-on saisir l'origine du monde
Peut-on croire en l'éternité des temps
Pourtant ton baiser s'est accompli
Nous avons partagé un baiser.
Illust. : Edward Munch Le baiser
Publié par felixmartin à 23:08:12 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
L'écrivain infirme de l'âme plante son crayon sur le chemin des pages
comme l'aveugle plante son bâton sur les chemins de terre.
Publié par felixmartin à 20:20:20 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens

- Bénissez-moi mon père, parce que j'ai péché.
- Eh bien, parlez-moi de vos parents.
- Ma mère est vierge.
- Oui. Votre mère est vierge. Et votre père ?
- Mon père est aux cieux. Il m'a abandonné.
- Au cieux. Abandonné. Oui. Je vois, oui. Poursuivez.
- J'ai fait un rêve cette nuit.
- Très bien. Vous pouvez le raconter ?
- J'étais avec Marie-Madeleine. Elle était à mes genoux. Elle me suppliait de lui donner le corps du Christ. Moi je ne savais pas, je voulais juste finir mon verre de vin. Mais elle a continué à me supplier.
- Et ensuite.
- Ensuite, je lui ai donné un bout de pain. Après, je ne sais pas ce qui est arrivé. Je crois qu'elle m'avait attachée, j'avais les bras en croix.
- En croix ? Oui. Qu'avez-vous fait ?
- Eh bien, je ne pouvais plus bouger. Et pourtant...
- Pourtant ?
- Je me sentais bien. Comme si mon corps ne m'appartenait plus. J'étais en apesanteur. Je ne souffrais plus.
- Ah ? C'est bien ça. Avant vous aviez le sentiment de souffrir ?
- Souffrir ? Non.
- Mais vous avez dit : je ne souffrais plus.
- Oui. C'est vrai. Ce n'était pas mon corps qui souffrait. C'était dans mon ventre, enfin dans ma tête. Quelque chose de lourd à porter.
- Très bien. Et là vous ne portiez plus rien.
- J'étais très dénudé. Devant Marie-Madeleine. C'était troublant. Mais je ne pouvais rien faire. Et là elle a pris, elle a pris...
- Oui ? Elle a pris.
- Eh bien, vous comprenez. Mes pieds, elle a pleuré à mes pieds, avant, et ensuite, elle a, elle a...
- Poursuivez.
- Elle m'a donné du plaisir. Vous savez, ce que font les femmes. J'ai cessé d'être le fils d'un dieu. Je suis devenu le fils de l'homme. Pourtant c'était divin.
Illust : Rubens, Le Christ en croix
Publié par felixmartin à 20:09:16 dans Diablogg | Commentaires (0) | Permaliens
Nous sommes nés de votre néant.
Vous nous avez donné
La mémoire des avions au-dessus des villes
La mémoire des sirènes vibrantes
La mémoire des bottes sur les pavés.
Nous sommes nés de votre néant.
Vous nous avez donné
Les images du déni
Les images des camps aux corps concentrés
Les images de l'Europe totalitaire.
Nous avons cru à nos lendemains qui chantent
Nous vous avons jeté
Une petite révolution sur les pavés
Une petite liberté des corps
Une petite déconstruction sur vos ruines
Que donnerons-nous à nos enfants ?
Publié par felixmartin à 00:50:13 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Tu m'as dit tant de belles choses
La plage est déserte en novembre
Les marées ont recouvert les coquillages
Et nos pas n'ont pas laissé d'empreintes
Tu m'as dit tant de belles choses
T'as juste oublié de les enlacer
A mes poignets, l'écume les a emportées
Et mes chevilles ont pris leur envol
J'attendais pas un roman à me chanter
Juste tes lèvres muettes accrochées
A mes famines enfantines emmêlées
Juste ton salut à mes battements
J'attendais pas les clés de ton loft
Juste celles de ton âme éperdue
A mon âme nocturne enrayée
Par les longs jours des passés.
Publié par felixmartin à 17:04:37 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
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