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Israel-Loves-Iran | 29 mars 2012

J'aime les Perses, les Hébreux, les Égyptiens, les Indiens, les Phéniciens, les Grecs et les autres
J'aime Zeus, Zoroastre, Isis, Bouddha, Jéhovah, Allah et les autres
J'aime Joseph, Mohamed, Spiros, Mohandas et les autres
J'aime la Terre, Vénus, Saturne, le Soleil, Orion, la galaxie du Centaure et les autres
Je n'aime pas les génocides, les Hiroshima, les tyrannies, la haine qui couve, les guerres qui germent
J'aime l'humanité quand elle prône la paix dans les coeurs des uns et des autres
J'aime l'humanité quand elle s'unit pour partager l'amitié et le pain les uns avec les autres
J'ai peur de la volonté de toute puissance et des ravages qu'elle engendre
Je suis fragile et mortelle.

Publié par felixmartin à 08:52:38 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Deuils | 23 mars 2012

Je l'ai posée dans les étoiles
Elle me voyait traverser le monde
L'oubli ne m'atteignait pas

Elle m'a fait grandir
J'ai cru qu'elle la remplaçait
Je n'étais pas née de ses creux

Les deuils devaient s'accomplir
La nuit s'est assombrie
J'ai perdu le goût des choses

Il y a eu ce deuil impossible
Le deuil d'une relation imaginaire
Quand le faux se cache dans le réel

Présente en corps, absente en âme
Je n'étais pas la fille de la remplaçante
J'ai balayé ses lunes

Je suis la fille d'une mère morte
J'ai retrouvé son étoile
Et les douces plages de sable


Publié par felixmartin à 20:43:43 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

L'arme | 21 mars 2012

Je tends la main blême
L'angoisse calme du doigt
Arme en flot les larmes

Le corps coule au sol
Le visage s'éteint, seule
L'âme tiède vole

Le meurtre libère
Ma puissance estropiée
Vidée de ma chair

J'échappe à la mort
L'éternité s'est inclinée
Pour emplir mon corps

Votre créature
Surgie d'un volcan est née
Depuis la brûlure.

Publié par felixmartin à 00:36:48 dans Haïku | Commentaires (0) |

Les âmes mortes (fin) | 20 mars 2012

Hélène - C'est donc pareil, ici aussi. C'est sans fin alors.
Andréa - Je ne comprends pas, d'habitude c'est beaucoup plus calme. D'abord vous tremblez, puis vous pleurez et lui qui sort du noir. C'est la première fois que je vois de telles choses. Je vous le disais je ne connais pas encore toutes les règles du jeu. Il faut qu'on essaie de se concentrer. Peut-être que je ferais venir votre père. (Andréa regarde vers le public, elle le fixe, sans bouger, intensément comme si elle parlait ou appelait dans sa tête, puis lentement elle bouge la tête comme si elle acquiesçait à quelqu'un).
Hélène - Vous l'avez vu ?
Andréa - Il arrive. Vous le voyez, tiens il a gardé sa blouse blanche.
Hélène , qui cherche du regard - Je ne vois rien. Vous êtes certaine.
Andréa - C'est ce que je craignais, vous ne pouvez pas le voir. Vous l'entendez au moins ?
Hélène - Non je ne le vois pas, je ne l'entends pas. Comment peut-on être sûres que c'est lui ?
Andréa - Je le sais, aucun doute. Laissez-moi faire. Bonjour Henri, c'est votre fille qui vous a appelé. Elle vient d'arriver et elle vous cherchait. Vous savez, en général, c'est ainsi, les ancêtres accueillent les nouveaux. Avec vous, la chaîne s'est rompue. C'est moi qui suis chargée de vous mettre en contact.
Hélène -Que dit-il ?
Andréa - Qu'il n'a pas de fille... Il ne sait pas qui vous êtes et il ne veut pas vous connaître. Il n'a pas de famille... Ce n'est pas écrit dans ses livres. Il veut savoir où en sont ses expériences. Si elles ont abouti... Il était là pour ça. Les ordres de ses supérieurs étaient formels : trouver des nouvelles thérapies, qu'importe les cobayes.
Hélène - Assez, ne me dites pas tout. Je ne veux rien entendre. Je savais que cette rencontre n'apporterait rien de plus que l'horreur qui continue. Qu'il nous dise où se trouve l'enfant et qu'on en finisse. Eh bien que dit-il ?
Andréa - Je ne comprends pas, ses phrases ne veulent rien dire : je crois qu'il dicte des ordonnances mais je ne connais pas les noms des médicaments, ça ne veut rien dire pour moi, des formules chimiques. Rien d'intelligible. Attendez, il me regarde, il m'a vue. Je suis là Henri, votre fille se tient à mes côtés. Elle a une requête à vous demander. Elle cherche un enfant qui est mort dans vos bras. Est-ce que vous souvenez ?
Hélène - Pourquoi est-ce que je ne peux pas le voir, ni lui parler ?
Andréa - Vous désirez lui parler, qu'il vous prenne dans ses bras ?
Hélène - Non, cela m'est impossible, je ne veux pas le voir. J'ai peur de le reconnaître, de lui ressembler.
Andréa - Non, il n'a pas de souvenirs précis, des corps amaigris, des cris sans fin, des membres décharnés, des ventres broyés mais pas de visages, pas de noms. Ce n'étaient que des nombres tatoués sur les bras. Il me demande des nouvelles de sa femme, de votre mère. Vous voyez, ces souvenirs prennent corps, il faut être patient avec les âmes mortes, pour qu'elles se ressaisissent, il leur faut de l'attention, de la bonne attention. Si vous acceptiez de le voir, peut-être irions-nous plus vite.
Hélène - Dites-lui pourquoi je suis là, pas pour lui, mais pour cet enfant.
Andréa - Cela ne suffira pas. Pour un enfant qu'il ne connaît pas. Pour lui qui conduisait des expériences au nom de la science, au-delà du bien et du mal comme ils disent, lui qui se trouvait au-dessus de la basse humanité, lui qui se trouvait au plus haut de la chaîne. Vous lui parlez d'un enfant, qui ne vaut pas plus qu'une souris de laboratoire ou comment s'appelait cette chienne que les Russes viennent d'envoyer dans l'espace ? Non, ce n'est pas possible. Je ne réussirai pas à le convaincre. Il lui faudrait un électrochoc, c'est comme ça que vos médecins modernes parlent, n'est-ce pas ? Ici nous n'avons pas de matériel médical très poussé.
Hélène - Alors quoi ?
Andréa - Nos volontés, nos désirs, notre humanité.
Hélène - Quelle humanité peut-elle encore l'habiter ?
Andréa - Il y a la vôtre.
Hélène - Il ne m'a rien donné en héritage. (Hélène se recule soudain, comme si quelqu'un ou quelque chose l'avait touchée) Il a essayé de me toucher, j'en suis sûre. Dites-lui de s'éloigner de moi, j'ai peur de sentir son souffle.
Andréa - C'est vrai, il ne vous a pas laissé beaucoup d'humanité. Vous avez encore beaucoup à apprendre, ou à désapprendre. Il faut que je sois forte pour vous deux. Regardez-moi sourire. J'aime le sourire, j'aime passer ma main dans vos cheveux, j'aime entendre le rire d'un enfant, j'aime le caresser, le prendre dans mes bras. Faites comme moi, vous savez le bruit des vagues, leur douceur au petit matin. Oubliez qui est votre père. Pensez à votre dernière volonté.
Hélène (Elle ferme les yeux puis les ouvre soudain et scrute le noir vers le public, elle semble appeler à elle quelqu'un) - J'essaie, Andréa, j'essaie, cela envahit ma tête, je l'appelle, je l'appelle très fort. Vous entendez, je sais son nom maintenant. Samuel ! Samuel, viens ! Je voudrais tellement te consoler dans mes bras.
Andréa - C'est votre père qui vous a soufflé son nom, il commence à se souvenir, j'entends le cœur de votre père battre de nouveau. Allez-y, continuer d'appeler.
Hélène - Samuel, Samuel ?
Andréa - Ca bouge dans le noir, il se passe quelque chose.
Hélène - Que voyez-vous ?
Andréa - Votre père, je vois ses larmes, il tient dans ses bras un enfant.
Hélène - C'est Samuel, c'est lui, je reconnais son odeur. Elle est toujours en moi, son odeur d'enfant. Samuel. Je voudrais le voir, le tenir dans mes bras. Que se passe-t-il, Andréa ?
Andréa - Votre père implore son pardon, il essaie de consoler l'enfant. Samuel se dérobe. Il le reconnaît. Il a peur de ses mains qui s'approchent de lui. Henri est à genou, mais ça ne suffit pas pour effacer.
Hélène - Je les vois moi aussi Andréa. Je vois Samuel et maintenant mon père. Mais ce n'est pas lui, je ne sais pas. Il est là à genoux. Je n'ai jamais pensé que je le verrais ainsi, à genoux devant cet enfant. C'était impossible. El là il tend ses bras, que dit-il, je ne l'entends pas ?
Andréa - Il  ne parle pas. Ce ne sont pas des mots. Des chuchotements peut-être. Des chuchotements du cœur.
Hélène - Samuel s'approche. Tant de lumières autour d'eux et tous ces chuchotements. Comme le bruit d'une source sous le feuillage. Andréa, quelqu'un m'appelle. Quelqu'un me tire en arrière. Je vois Samuel, son regard n'a plus de peur.
Andréa - Son âme s'est emplie. Il peut quitter le monde des âmes mortes. Il prend la main de votre père, ils s'éloignent. Nous avons réussi à sauver deux âmes mortes. Venez, cela ne fait que commencer.

 

diffusé en novembre 2007

Publié par felixmartin à 23:46:06 dans Les âmes mortes - théâtral | Commentaires (0) |

La balle | 19 mars 2012

Ça flotte dedans
J'ai pas vu venir la balle
T'étais où maman ?

L'astre du ciel
A suspendu le printemps
Il a pris mes ailes

D'enfant écrasé
Par la haine idôlatrée
Des tueurs cassés.

Publié par felixmartin à 23:41:42 dans Haïku | Commentaires (0) |

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