• Décembre en Afrique - 11 -

     

    Un soir d'automne, alors que j'osai encore une fois l'appeler, Isabelle résista et me demanda de la laisser en paix. Je tentai de l'oublier et tout au long de jours, je regrettai, malgré moi, nos rencontres. Les mois passèrent. Une nuit pourtant, ce fut elle qui me téléphona. elle était en pleurs, submergée par un désarroi d'enfant. J'essayai de la raisonner mais je ne lui proposai pas de venir. C'était cela, je le savais, qui pouvait la consoler. Je ne dis rien. Quelques jours plus tard, inquiet ou plus vraisemblablement honteux de ma conduite, je lui téléphonai. Les choses se passèrent comme à l'accoutumée. Je fis en sorte que ce fût Isabelle qui proposa une rencontre et je lui rappelai qu'elle risquait d'en souffrir. Elle promit que non. Nous décidâmes du jour, le lieu était convenu d'avance. Elle revint. C'était un jour de décembre, ce fut la dernière fois que je la vis. Ce jour-là, elle découvrit, accroché à l'une de mes plantes, un « musa paradisiaca », un petit régime de bananes vertes. Le soleil du sud, qui pénétrait par les hautes fenêtres en surplomb du fleuve, transformait mon salon en serre tropicale. Elle trouva cela magique que des fruits tropicaux aient pu mûrir ici...

     

    à suivre

    Jacques TRUPHEMUS "Verrière de l'atelier"


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