• Décembre en Afrique - 13 -

      

    - Nous étions tous les quatre réunis dans le salon, où nous prenions le café, Isabelle, ma mère, mon père, et moi. Isabelle a quitté la pièce quelques minutes. Un coup de feu a résonné dans l'appartement. »

    Dans l'armoire de ses parents, Isabelle avait retrouvé le revolver de son père. Elle l'avait dirigée contre elle pour aller jusqu'au bout de sa nuit. Son frère m'apprit également comment Isabelle, alors qu'elle était encore une toute jeune adolescente, avait été séduite par son père. Dans la famille, personne n'avait osé l'accuser et il était resté impuni. Puis il me remit les lettres. 

    - Elles vous appartiennent, Isabelle vous aimait tant, elle ne cessait de me parler de vous. Je suis désolé. J'aurais dû vous prévenir plus tôt qu'Isabelle était une âme bouleversée. Mais je ne voulais pas croire qu'elle était à ce point désespérée. Je sais que tout est la faute de mes parents. Mon père est malade et ma mère n'a jamais rien fait pour la défendre. Moi, j'ai toujours cru que cela s'arrangerait. Je suis aussi fautif. Je suis désolé, je ne voulais pas qu'il vous l'enlève. » 

    Il sortit du café, raide comme la mort, raide comme la culpabilité. Je restais là assis à une petite table devant mon café qui se refroidissait, froissant les lettres d'Isabelle, tremblant d'effroi et de remords. J'entendais les paroles d'Isabelle :

    - Comme c'est étrange des bananes qui poussent chez toi. Tu veux bien me prêter ce livre ? »

    Elle avait choisi "Au coeur des ténèbres".

    à suivre


    Edward Munch Le Cri


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :