• Edward Munch, Le baiserJe ne savais pas ce que ton baiser balbutiait
    Je sentais que ton baiser inventait un langage
    Je ne savais pas ce que ton baiser goûtait
    Je sentais que ton baiser m'ouvrait à des mondes inconnus

    Ton baiser aurait tendu l'arc d'Ulysse
    Ton baiser aurait nourri l'arche de Noé
    Ton baiser aurait rompu les trahisons de Judas
    Ton baiser aurait porté le Christ à la passion

    Quel est ce frisson qui parcourt ma peau
    Quelle est cette ivresse qui ignore les funestes drogues
    Quelle est cette apesanteur qui se transmet à mon corps
    Quelle est cette force qui évanouit mes pensées

    Je m'abandonne à ton chaud frisson
    Je m'enivre à la respiration de ta bouche
    Je voyage au cœur de ton baiser
    Je m'anéantis à ta force délicate

    Peut-on décrire la création d'une étoile
    Peut-on saisir l'origine du monde
    Peut-on croire en l'éternité des temps
    Pourtant ton baiser s'est accompli

    Nous avons partagé un baiser.

     

    Illust. : Edward Munch Le baiser

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  • Tout craque.Manga : le vieil Henry et la Japonaise

    Il a jeté son filet sur moi. Je ne demandais rien à personne. Il est entré et a parlé à mon âme. Enfin, mon âme...

    J'ai fondu comme le sucre dans le café. Après il ne restait plus qu'à ajouter la cuillère et boire jusqu'à la ... Plus de sucre. Juste le sang sur la clé de Barbe bleue. 

    Après ça, j'essaie autre chose.
    La musique, la radio, la TV, même les feuilletons américains, les terrasses de café, le saut par-dessus le parapet du pont au-dessus du fleuve ou par dessus la gouttière du toit de la maison d'en face, n'ont rien effacé du tout.

    Au fond d'un vieux livre, j'ai trouvé le vieil Henry. Il apprend le japonais pour se coller contre la jeune Hiko qui chante dans le piano bar les feuilles mortes en japonais. Enfin, un craquement.


     

     


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  • http://www.bonnesnouvelles.net/hervejeansonquitterberlin.mp3

    Lisa, Lisa. Elle s'appelait Lisa. Blonde, de la tête aux pieds. Avec des duvets inavoués au creux des genoux et des manières de rire qui n'étaient que blondeur. Lisa-Lisa.

    La sirène du bateau agitait le départ. Les passagers se pressaient contre la balustrade blanche, luisante des mains engourdies, potelées, grandes, rouges. Et Lisa, Lisa, Lisa dans ma tête. J'avais rejoint la foule que je dépassais d'une tête. Lisa-Lisa. J'avais peint Lisa, toutes ces nuits à Berlin. Lisa en manteau noir, Lisa dansant sous les feux blancs, Lisa dans le bain, Lisa après l'amour. Lisa, là, proche, à demi pliée sur moi, Lisa loin, loin, si loin.

    L'air était frais, le vent déjà brisait l'écume et le bateau s'éloignait, lentement, pesamment et si docilement, sans frôlement, sans trace de violence, là sur les flots bleu noir. Avec l'écume tout autour, l'écume aux bords des lèvres de Lisa, que j'avais tant peintes, tant murmurées. Mon dernier crayon je l'avais jeté à Paris, au fond de la Seine verte. Jamais plus, je le jurai, je ne regarderais la vie pour la peindre.

    Le bateau pour l'Amérique engloutissait Lisa. Un océan atlantique me séparait de Lisa. Lisa que je pianotais sur la balustrade blanche. Lisa qui m'abandonnait pour chanter et danser dans les nuits de Berlin.

    Interprète : Nicole Amann - Compositeur : Hervé Jeanson -
    de
    Corinne Jeanson - avec le concours du site Bonnes nouvelles
    http://www.bonnesnouvelles.net/
    ©  2007


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  • Baby, pourquoi tu fais ta gone
    Baby, pourquoi t'en t'es allée
    Dans les allées du parc, baby
    Les feuilles ont jauni

    Baby, pourquoi tu fais ta gone
    Baby, écoute pas les radios
    Les articles de plomb t'ont menti
    Hier j'étais pas avec elles au lit

    Baby, fais pas ta gone
    Baby, fais pas une connerie
    Tu sais bien que t'es mon seul koala
    J'aime les animaux en détresse

    T'es ma meilleure détresse
    Quand je tape sur la barrière
    C'est ton coeur qui tape
    A mes tripes

    Baby, arrête de dire
    Que chui un connard
    Remonte les étages
    On reprendra le temps des zamours

    Baby, ne cours pas jusqu'au lac
    Baby, l'eau est glaciale
    Tu prendrais froid avec tes poches
    Encombrées de cailloux

    Baby, pourquoi tu fais ta gone
    Baby, pourquoi t'en t'es allée
    Dans les allées du parc, baby
    Les feuilles ont jauni


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  • Ta nuque à l'angle vif déroule les mirages
    Ton torse à l'angle plat éclipse le ciel
    Tes reins à l'angle plein s'inclinent en rivages 
    Ta verge à l'angle droit s'aime des archipels.

     

    Jacques-Louis David
    Patrocle (1780)
    L'original : Rimbaud

    L'étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles,
    L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins
    La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles
    Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain.


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