• Nefertiti ou Virginia

    - Tu pleures ?
    - Pas vraiment. Ce sont  des larmes. Parce que là une mouette a hésité avant de se glisser sur l’eau et le ciel gris conservait une pointe de rose entre les deux platanes. Mon regard s’est baissé et j’au vu ta main posée sur le parapet. Sa perfection m’a effrayée. Comme la première fois où j’ai regardé le portrait de Néfertiti. C’était dans le Larousse sûrement. Ta main me confirmait notre différence, notre extrême éloignement. J’ai lu quelque part que la mémoire jamais ne se perdait et qu’un jour on parviendrait à traduire la vie de Toutankhamon en grattant la poussière des bandelettes qui préservent son corps. Crois-tu qu’en tenant dans nos mains la poussière de Sappho ou celle de Virginia Woolf on pénétrera au fond de leur douleur ? Voilà ce que j’ai senti dans la clarté de ta main. Je la vois mais un voile épais m’en sépare.
    - A l’instant tu étais pressée, tu parlais de ton rendez-vous avec ce jeune homme. Et voilà que tu pleures. Ton esprit est toujours en mouvement Pauline. Il s’essouffle.
    - Le monde aussi alors s’essouffle ?
    - Il se meurt en suivant un ordre logique, même ses explosions sont inscrites dans cet ordre alors que ta tête appartient à l’univers du chaos. Comme si dieu avait hésité à la projeter au milieu des étoiles.
    - J’ai pris la poussière des jours et je m’en suis dorée.


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