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    Madame, Monsieur,

    Je vous livre les témoignages de femmes, jeunes ou moins jeunes

     - J'ai vingt ans, je vais au cinéma, seule, à vingt heures, la nuit est tombée, un homme me demande son chemin, il ouvre son manteau et agite son sexe... je cours pour attraper le bus... Je suis trop féministe? Je n'aurais pas dû aller seule au cinéma ?

    - J'ai trente ans, mon amant marié me fait une scène parce que je l'ai trompé. Il me séquestre tout un jour, son épouse que j'appelle vient le chercher. Je suis trop féministe ? Je n'aurais pas dû choisir un amant marié et jaloux ?

    - J'ai quarante ans, mon amoureux veut conduire, je prends le volant parce qu'il a trop bu ; il refuse et me donne une gifle qui déchire ma mâchoire. Je suis trop féministe ? J'aurais dû lui laisser le volant ?

    - J'ai cinquante ans, ma fille de dix-huit ans a pris seule l'avion, je m'inquiète dans la nuit ; mon compagnon arrive, il est malheureux parce que nous avons décidé -j'ai décidé comprenant qu'il me trompait- de nous séparer ; il me voit trembler parce que je pense à ma fille, il ne comprend pas mon inquiétude, il pleure sur lui ; il veut faire l'amour, m'oblige à … Je suis trop féministe ? Je n'aurais pas dû m'inquiéter pour ma fille mais davantage pour lui ?

    Vous avez raison, luttons contre le puritanisme.

    Je crois que je suis hors sujet : féminisme, puritanisme, violence, on met où le curseur ?

    Aurais-je dû porter plainte ? Madame, Monsieur, je ne comprends pas votre tribune.

     


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  • Ce baiserCe baiserCe baiserTu te tenais dans la cuisine. Nous n'étions pas nus. Juste un bout de nuque. Tu t'es penché. Lentement. Au-dessus de la table qui rétrécissait entre nous. C'était tôt le matin. Le café fumait dans nos tasses. Tu t'es penché jusqu'à moi. Tu as effleuré mes lèvres. Longuement. Un long baiser de cinéma. Pas celui d'Hollywood. Ni celui de Fellini. Même pas celui d'Hitchcock. Un long baiser.
    Nos bouches se sont entrouvertes. Tu m'as soufflé tes pensées, tu m'as fait tienne. Je n'ai pas vacillé, j'ai tout pris, entre mes lèvres. J'ai reçu ton souffle sans trembler.
    Ton souffle continue quand je marche dans les rues de printemps et que le vent emporte mes pas loin de toi. Le soleil m'éblouit, un trou noir à mes yeux et j'avance aveuglée.

     


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  • Dionysos, dieu du désir pulsionnel assumé
    divisé par le Diable, dieu déchu du plaisir détourné
    reste La Croix
    Et cloué à cette croix l'Homme devenu dieu
    au nom de l'amour

    La bergère violée à la margelle du puits
    divisé par la courtisane poudrée de séductions
    reste l'Ecume
    Et baignée à cette écume Aphrodite libère
    au goût de l'amour

    Le Guerrier, survivant des combats
    divisé par l'entêtée, au cœur rayonnant
    reste Le Philtre
    Et buvant à ce philtre les Amants éternels
    au partage de l'amour.

     

     

     


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    Manon

    Elle veut que je vous parle d'elle ?
    Je l'ai trahie il y a longtemps
    Je l'ai perdue
    Je le sais bien
    Vous qui la croisez
    Dites-lui bien que je l'aime encore
    Effacez la larme sur ma joue
    Je vous en prie
    Je n'ai plus la force
    De la prendre dans mes bras
    Ne lui dites pas que sur mon lit
    Je meurs déjà.

     

     


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