• Palingénésie

     

    Pourquoi as-tu quitté notre tanière
    ma panthère des neiges
    Je t'avais dit de m'attendre

    Tu avais peur
    Je serais revenu
    J'étais parti chasser les chairs fumantes
    Tu étais affamée
    A mon retour je t'aurais nourrie
    Tu étais assoiffée
    Je t'aurais désaltérée à mes babines

    Au lieu de ça qu'as-tu fait
    A changer d'apparences
    A courir autour des hommes
    Tu sais qu'ils sont dangereux
    Ta robe de satin blanc ils l'ont salie

    C'est quoi ce trou rouge
    A ton poitrail
    C'est leur feu qui t'a transpercée
    Le démon Kamaloka t'a engloutie
    Je vais rester là dans notre tanière
    A lécher ta blessure mortelle

    Que vais-je devenir ma panthère blanche
    Maintenant que ton esprit ne souffle plus
    Attendre que les eaux souterraines m'inondent
    Pour goûter enfin à la palingénésie

    Demain quand tu renaîtras
    Je t'en prie déplace ton âme
    Dans le corps d'une femme
    Je te ferai signe dans la foule
    Tu me reconnaîtras,
    Je serai de nouveau ton atman

    Oubliée ton errance
    Nous reprendrons nos ébats.
    Puisque je t'aime
    Puisque je te mugis
    Dans les nuits de satin blanc.

     


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  •  

    Anne, ma sœur Anne
    Ne vois-tu rien venir
    Ma
    lumineuse primevère
    A l'aube je berce
    Tes soupirs de nourrisson
    Je me souviens
    Ta main accrochée à mon doigt 

    Anne, ma sœur Anne
    Ne vois-tu rien venir
    Ma délicate violette
    Dans le soleil du matin
    Je panse tes genoux écorchés
    Je me souviens
    Tes jeux au jardin d'enfant

    Anne, ma sœur Anne
    Ne vois-tu rien venir
    Ma belle nymphéa
    A midi tu goûtes
    Aux jeunes amours
    Je me souviens
    De tes premiers chagrins 

    Anne, ma sœur Anne
    Ne vois-tu rien venir
    Mon rouge coquelicot
    Dans le calme après-midi
    Ton ventre s'arrondit
    Je me souviens
    Tes bébés roulant sous mes mains

    Anne, ma sœur Anne
    Ne vois-tu rien venir
    Mon éphémère fleur de cerisier
    Au crépuscule obscur
    Tes joues pâlissent
    J'arrache
    La fleur maudite de ton sein

    Anne, ma sœur Anne
    Je n'ai rien vu venir
    Mon souffle fraternel est vain
    La nuit éternelle
    Recouvre tes paupières
    Je dépose
    Les roses noires sur ton cercueil clos.

     

    Illustration :
    Léda pierre de Lens
    Paul Marandon
    http://www.paulmarandon.com/

     


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  • Je cours dans le désert accompagnée par deux hommes nous sommes poursuivis par des géants je me retourne, je suis seule à pouvoir voir ces monstres je jette du sable sur eux pour que mes compagnons puissent distinguer leur silhouette les géants s'effraient d'être 'visibles' et battent en retraite   nous sommes perdus dans le désert au pied du seul palmier je propose qu'on creuse un trou nous pourrions ainsi nous échapper, parvenir à un autre monde, mais la tâche est rude arrive un troisième géant mais je rassure mes compagnons celui-ci est un peu stupide, mais il va nous aider parce qu'il me connait nous lui faisons croire que sous le sable se cache un trésor et nous lui demandons de creuser à notre place   je pense que notre délivrance sera rapide hélas, le temps passe, je tiens entre mes mains un cahier aux pages blanches et les pages se mettent à tourner au gré du vent
    mille pages avant notre délivrance
    fin du rêve

     


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  •  

    Dans les jours de solitude, j'apprivoise la solitude, ou bien est-ce elle qui m'apprivoise ? Au fil des heures, elle devient une amie, une confidente. Silencieuse et respectueuse.

    Avec la solitude, j'écoute le battement des contradictions. Je peux oser mille perversions et elle m'excuse d'un sourire pour ces errements, ces passions nées du mouvement oscillatoire d'un moucheron attiré par la lumière, ou de la lumière elle-même qui tombe à mes pieds le long d'un mur blanc, ou bien encore des ces mots assemblés dans un livre par l'ivresse d'un autre.

    Avec la solitude, j'écoute le silence. Il donne un contour à l'espace qui m'environne, la solitude le peuple.

    Un martèlement bref à mon cœur n'est autre que Narcisse qui s'effleure et se brise. Rien d'autre. La douleur de soi à soi demeure au coin des lèvres quand une odeur survient ou quand un bruit furtif accompagne mes pas et que je me retourne. Derrière, il n'y a rien, cette odeur n'appartient à personne. On regarde la plaie pour en avouer la réalité.

    Les jours de solitude sont étonnants de vérités. Comme un mot qui sonne juste à un moment précis. La découverte -par soi-même- de la réalité est un vertige, une quête mystique. On rencontre la réalité comme on rencontre dieu : face à elle son se sent désarmé, trop petit pour la contempler, trop ignorant pour en connaître la profondeur. Dieu serait la réalité qui nous entoure, qui habite l'espace entre moi et les autres, entre moi et le monde ? La réalité crée les espaces, liens invisibles, dressés les uns contre les autres. Ne pas perdre les liens qui nous attachent à la réalité.

    Jusqu'à perdre l'idée d'aimer. Non pas aimer pour éviter la solitude, non pas aimer pour quelque chose, seulement pour le plaisir de sentir l'autre, d'être dans le même espace ou encore que l'espace soit absout. Peau à peau.


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  •  Chut je l'entends qui approche
    Quel philtre puissant m'a-t-elle laissé boire
    Je tremble ce n'est pas de froid
    Juste dans l'attente de son premier baiser
    Je n'ai rien d'autre à faire
    Qu'à m'étendre dans un cercueil de pierre
    Je pourrais bien m'assoiffer à son cou
    Si elle me laisse faire
    Je gravis sans cesse
    La colline qui me conduit
    A son vermeil sommeil

    Traverser son palais silencieux
    Aux dormants de mille ans
    Assoupir un vieil eunuque
    Pour l'approcher
    Toucher ses voiles aimés
    Désirés
    Dans mon costume de bête
    J'apprivoise ma belle
    La pulsation des étoiles
    Dans mon cœur ensorcelé
    Cadence ma soudaine passion
    L'un après l'autre, je détache les pétales
    De son destin
    Entre mes mains moites
    D'impudeur
    Mes soupirs n'ont rien de chastes
    Des râles sans doute
    Ou des cris de loup
    Dans la prairie à la voûte tiède.
    Le son de sa voix est déjà une tempête
    Mon tapis de mots n'est pas assez volant
    Pour rejoindre sa couche
    Je convoite son regard du haut de ma tour
    J'incline ma chevelure alourdie
    Autour de sa nuque superbe
     Si doux entre mes doigts
    Je tiens le soulier de vair
    Je la chausserai pour la connaître enfin.


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