• La rue Bonaparte commence au bord de la Seine. Mais nous l'avons prise en sortant du métro Saint Sulpice.


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  • Sept chats se promènent sur les boulevards
    Follement intrigués par les pigeons
    qui s'éparpillent sous le soleil de midi

    Sept chats se faufilent sur le pavé
    Reniflent à terre la queue dressée
    Ah comme j'aimerais me joindre à eux

    Dresser ma résolution jusqu'à
    Jusqu'à jusqu'à jusqu'à
    Glisser à travers tes pas

    Je saurais te plumer le cou
    Gagner tes sept vies
    Celles que tu ne cesses de souffler

    Entre tes longues jambes
    Au bord de ta frontière
    Mourir de la petite mort

    Sept chats étirent leur minois
    Jusqu'à la tache de soleil
    Pour humer le temps qui joue.


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    Entre deux paysages de brume et de rosée, Pessoa évoque son impuissance créatrice. L'aiguille dans la chair s'écœure de ce cœur lointain, dans le temps après le tien. Bien loin du délice des jours, bien loin de la paix au milieu de la foule ou des déserts, l'âme solitaire s'abreuve à une source de souffre qui jamais n'interrompt son flot de nausée.

    Autour du bassin écarlate, une certaine humanité, patiente et soumise, attend, un verre à la main, la coulée manifeste de son détournement fatal. Qui peut dire pourquoi ce flot-là coule dans les verres blancs de celle-ci ? Quelle main a jugé et désigné cette longue chaîne des cris sans phonèmes.

    Je, tu. La rencontre impossible, reculée dans les effrois de glace, dans les vertiges de pierre. Je n'a pas connu tu. Dans cette quête frileuse abominable, je écarte tu, je tue tu, je tue je. L'absence de plaisir. L'absence de jouissance. Ecrire sans joie. Ecrire dans le blanc.

    la philosophie est la maison de l'être
    Heidegger


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    Il voyage
    Il vous l'a dit
    Il lisse ses flancs
    Drôle de voyage
    Voyage dans la chair
    Épines de mots
    Autour des fronts perlés
     


    Il voyage
    Il vous l'a dit
    Il baise des bouches
    Ailleurs dans les mots
    Drôle de bouches
    Sous les orages
    Autour des monts absolus

     


    Il voyage
    Il vous l'a dit
    Il plonge loin
    Au creux des désirs
    Drôle de désirs
    Respirant la soif
    Autour des calices vidés

     

     

    Il s'approche
    A pas de loup
    Écoutez ses crocs
    Sentez son pelage
    Il voyage
    Drôle de voyage
    Il ne vous oublie jamais

     


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  • Tu veux entendre l'histoire de la dame en jaune ?
    Passe moi le gin et écoute bien mon frère
    pourquoi ce soir j'ai besoin
    De ta longue matraque

    Au pied du plus grand saule,
    Assise sur un banc du parc central,
    Elle a mis le feu à mes désirs
    La douloureuse dame en robe jaune
    Je l'entraîne pour un petit moment
    Juste pour un petit moment
    Dans le fourré épais
    Sur l'herbe bleue de nos roulades
    Je la grimpe, je la grimpe
    Ma belle dame en robe jaune.
    Je l'ai déflorée dans l'étroit passage de Khyber
    Sa robe jaune s'est déformée
    ca me rappelle ta matraque
    mon frère .

    Chaque soir des étés depuis toujours
    Dans les demi-lueurs des vêprées
    Elle attend la lune en lumière
    Je pose ma main sur son épaule
    Elle frissonne et me sourit
    Je l'emmène pour un petit moment
    Dans le jardin des délices
    Pas besoin de paroles, pas besoin d'acide,
    Je la balance bien chaudement contre mon ventre
    Je la déflore tendrement dans les fourrés
    Ma douloureuse dame en robe jaune.

    C'était hier, je viens en courant
    La vie du dehors m'a retenu trop longtemps
    Je l'aime encore en robe jaune
    Assise sur le banc du parc central
    Sa tête penche au-dessus du lac assoupi
    Que regarde-t-elle dans les claires eaux
    Je m'assois près d'elle, ma main sur son épaule
    Là en plein cœur la robe jaune a rougi
    Défigurée par des hommes traînants
    Qui n'aiment pas les hommes déguisés en fleurs,
    Ma belle dame si vite fanée s'en est allée.

    Depuis, son souvenir orne mes nuits de brume
    Et sous le grand saule qui pleure dans l'eau
    J'attends les hommes en noir
    Pour leur régler leurs mauvais comptes.
    Après quand je les aurai émasculés
    Je partirais sur l'île la rejoindre
    Ma petite femme en robe jaune
    Avec sa matraque comme une fleur
    Entre ses cuisses.
    C'est pour ça mon frère
    si ce soir j'ai besoin de ta matraque.


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