• Qu'est-ce que t'as à chialer comme un gosse dans le noir ?
    Notre amour n'a jamais cessé, qu'elle m'a dit ce matin au parc.
    Votre amour ? La bonne blague, il a jamais commencé avec ta brune, qui te court après et qui te lâche au premier courant d'air. Allez, viens, on va chez Jo bouffer.
    Qu'est-ce que t'as encore à soupirer devant ton plat chaud là dans notre bistrot de tous les jours ?
    Tu es mon unique, qu'elle m'a chuchoté à l'oreille.
    Unique, ça c'est vrai t'es unique avec ta gueule de mac et tes mains de chaudronnier.
    Qu'est-ce que t'as encore à revoir ce film d'amour, autant quoi encore ?
    Tu seras mon mari, je serai ta femme.
    Ouais, t'en fais un beau de mari ! Même pas capable d'enfiler deux verres sans être saoul.
    Qu'est-ce que t'as encore à brailler son nom dans la rue, c'est pas ça qui te la fera revenir. Viens on va rater le tramway.
    Elle m'a dit que mes baisers sentaient le miel.
    L'anis, oui, l'anis. Tes sucettes ont le goût de l'anis, mon pauv'gone.
    Qu'est-ce que t'as à pas vouloir marcher ? Allez viens on sera bien chez <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName w:st="on" ProductID="la Véro">la Véro</st1:PersonName>. Au moins, y fera chaud et y aura des filles.
    J
    e pense à toi qu'elle me dit mais elle se retourne jamais quand elle part. Je peux pas dormir, je peux pas manger, je peux pas baiser, elle est là dans ma tête, elle est là dans mon assiette, elle est là dans les yeux des hommes. J'ai plus qu'à crever comme un veau. Laisse-moi mon Pierrot. Je ferai la vie ou je ferai le mort.


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  •  

    Je l'avais pourtant cloué au sol. J'avais même réussi à l'enterrer comme la hache. De guerre lasse elle s'était évaporée. Même pas un nuage. Rien. Rien. Que du palpable, du réel, de la journée à s'emplir les poumons, le cœur et tous les organes. J'avais fait le ménage, j'avais balayé devant ma porte. Rien, rien, je n'avais rien laissé au hasard. Changement de métier. Changement de ville. Changement d'habitude. Elle avait renoncé. Elle était restée sur le bord des chemins de poussière, elle s'était recroquevillée dans les caniveaux gras des cités. Elle avait fini par rouiller, par être oubliée, par s'oublier à elle-même. Le soleil pouvait se lever après la nuit, aucun nuage à l'horizon. La simplicité. La naïve vie sans ombres. Putain, j'avais tout juste. Tout était bien à sa place, l'arbre à fleurs, les poissons dans le bassin, le balcon ensoleillé. Tout. Vous savez bien ce que je veux dire. La vraie vie quoi, celle qu'on met en vitrine, pour dire, regardez je n'ai plus d'ombre. Je n'ai plus d'égarements. Plus de friture dans la ligne. Même pas peur. Même pas du faux. Non, rien que du vrai, rien à dire sur le divan, tout lisse, tout joyeux. Pleinement disponible à la vie. Jusqu'à oublier qui on est. Là dans le virage, putain, la garce, elle m'a reconnu. Elle m'a sifflé. Elle m'a plaqué au sol avec ses empreintes. Elle m'a redessiné mes ombres. Putain, la voilà qui est revenue. Putain, je l'avais oubliée, j'avais oublié ses enserrements, ses enroulements, ses longues étreintes. Dire que les poètes se l'arrachent. Garce de mélancolie.


    Elle se barre ce lone - YM Jacob
    http://clubphotoromans.hautetfort.com/album/barcelonne/blog%20photo05.html


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  • Et pourtant, je l'aime
    Comme la terre tou
    rne
    Comme j'aurais pu l'aimer
    Si j'avais été moins fou
    Comme on aimerait Van Gogh
    De loin
    Le laissant reposer
    Au vent de ses toiles
    Sa palette en couleurs
    Caressant son oreille

    Je me souviens
    Viens sucer mes envies
    Sifflait-elle à mes sens
    Jamais assouvis

    Je l'aime entièrement
    Comme on aime l'absolu de la folie
    Mais j'ai oublié
    Que son entier est ailleurs
    Mon avidité dévale ses pentes
    Son offrande de chair ravage
    Mes viriles jalousies
    Son retrait permanent au monde
    Irrite mes nécessités
    J'ai le cœur qui lâche
    Je suis lâche
    Je la fuis
    Je la rejoins
    Elle ne me lâche plus
    Je me souviens d'elle
    Elle m'échappe
    comme l'eau glisse entre les doigts
    Ma douce, mon aimée, ma tendre
    Elle joue de toutes les métamorphoses
    pour me filtrer ses lumières
    pour me filtrer ses magies
    pour me flirter ses mystères.


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  • Africaine,
    J'attache dans mon dos
    Mon petit enfant


    Asiatique,
    Je médite sous le grand arbre
    Avec mon maître gurûkula


    Européenne,
    Je perds mes certitudes
    Avec mon penseur de dé-raison


    Américaine,
    Je guette la voilure
    De mon conquérant


    Océanique, je te rejoins
    Dans la chambre d'écorce
    Du temps des rêves.


    Antarctique,
    T
    u me magnétises
    Dans tes éternelles glaces
    Perdus, éperdus
    Aux cimes de tes monts hallucinés
    Pour la nuit des temps.

     

    Photo : Michel UDNY


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  • Dans les jardins suspendus
    Par delà les amours à jamais perdues
    Elle dessine de ses hanches fines
    Un balancement à l'invitation
    Invitation au désir
    Les amours au loin
    S'en vont bon train
    Elle explore quoi en somme
    Des vides vertigineux
    Ses excès ne sont rien
    Que le point concentré
    D'un paradis trahi
    Ses traverses ont le goût
    De visites clandestines
    Assoiffées d'artifices
    Au royaume de l'oubli.

     


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