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    Il voyage
    Il vous l'a dit
    Il lisse ses flancs
    Drôle de voyage
    Voyage dans la chair
    Épines de mots
    Autour des fronts perlés
     


    Il voyage
    Il vous l'a dit
    Il baise des bouches
    Ailleurs dans les mots
    Drôle de bouches
    Sous les orages
    Autour des monts absolus

     


    Il voyage
    Il vous l'a dit
    Il plonge loin
    Au creux des désirs
    Drôle de désirs
    Respirant la soif
    Autour des calices vidés

     

     

    Il s'approche
    A pas de loup
    Écoutez ses crocs
    Sentez son pelage
    Il voyage
    Drôle de voyage
    Il ne vous oublie jamais

     


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  • Tu veux entendre l'histoire de la dame en jaune ?
    Passe moi le gin et écoute bien mon frère
    pourquoi ce soir j'ai besoin
    De ta longue matraque

    Au pied du plus grand saule,
    Assise sur un banc du parc central,
    Elle a mis le feu à mes désirs
    La douloureuse dame en robe jaune
    Je l'entraîne pour un petit moment
    Juste pour un petit moment
    Dans le fourré épais
    Sur l'herbe bleue de nos roulades
    Je la grimpe, je la grimpe
    Ma belle dame en robe jaune.
    Je l'ai déflorée dans l'étroit passage de Khyber
    Sa robe jaune s'est déformée
    ca me rappelle ta matraque
    mon frère .

    Chaque soir des étés depuis toujours
    Dans les demi-lueurs des vêprées
    Elle attend la lune en lumière
    Je pose ma main sur son épaule
    Elle frissonne et me sourit
    Je l'emmène pour un petit moment
    Dans le jardin des délices
    Pas besoin de paroles, pas besoin d'acide,
    Je la balance bien chaudement contre mon ventre
    Je la déflore tendrement dans les fourrés
    Ma douloureuse dame en robe jaune.

    C'était hier, je viens en courant
    La vie du dehors m'a retenu trop longtemps
    Je l'aime encore en robe jaune
    Assise sur le banc du parc central
    Sa tête penche au-dessus du lac assoupi
    Que regarde-t-elle dans les claires eaux
    Je m'assois près d'elle, ma main sur son épaule
    Là en plein cœur la robe jaune a rougi
    Défigurée par des hommes traînants
    Qui n'aiment pas les hommes déguisés en fleurs,
    Ma belle dame si vite fanée s'en est allée.

    Depuis, son souvenir orne mes nuits de brume
    Et sous le grand saule qui pleure dans l'eau
    J'attends les hommes en noir
    Pour leur régler leurs mauvais comptes.
    Après quand je les aurai émasculés
    Je partirais sur l'île la rejoindre
    Ma petite femme en robe jaune
    Avec sa matraque comme une fleur
    Entre ses cuisses.
    C'est pour ça mon frère
    si ce soir j'ai besoin de ta matraque.


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  • sur la place de mai
    elles sont venues de tout le pays argenté
    mères écorchées
    pour décrocher leurs enfants perdus
    à l'envers des heures elles ont remonté le temps
    les féroces militaires les traitent de folles
    quatorze femmes en foulards blancs et parapluies noirs

    pour 30 000 disparus
    elles résistent aux noms des leurs
    pères, frères, fils.

    ronde sur la place de mai
    quatorze femmes en foulards blancs
    sont venues de tout le pays argenté
    mères écorchées
    pour décrocher leurs enfants perdus 

    à l'envers elles remontent le temps
    du temps où elles les berçaient
    les féroces militaires se sont moqués
    regardez les folles qui tournent

    le monde a regardé
    la ronde digne des femmes indignées


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  • La complainte de Pessoa, sa supplique quand il rêve la vie
    Quand il nous en convainc avec ses mots au bord des larmes,
    avec ses mots d'émotion étranglée.

    Les jours en dalles disjointes.

    Je caresse le désespoir de ces pages du plat de la main.
    Les doigts à demi écartés, soulevés et tremblants.
    Goûtant à cette incestueuse découverte.

    Les jours fruitiers.

    Sans écart entre la fluidité de l'air des choses
    et les sensations bourdonnantes du dedans.

    Les jours électriques.


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  • Une drogue douce flotte à votre âme
    Ni fumée, ni cachet
    Juste des images
    En mots brouillards
    Qui tombent à vos doigts
    Juste un temps entre parenthèse
    Dans une ville renaissante
    Juste l’autiste qui gribouille.

     

    Illustration : peinture sur toile 'Autiste', Albin

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