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Poulette | 29 juin 2008

 

Ma poulette à moi
A des frissons sur la peau
Si je la croise
Ma poulette à moi
Soupire dès que je la touche
Ma poulette à moi
S'accroche à mes aspérités
Quand je la tiens serrée
Ma poulette à moi
Est nue dans mon lit
Mais pas sur les plages
Ma poulette à moi
Ne connaît pas Simone et sa meute
Elle regarde les étoiles
Et c'est déjà pas mal
Pour croquer à deux
Cet obscur objet du désir.

Publié par felixmartin à 10:05:03 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Voies | 27 juin 2008

 

110, 90
La sonnerie dans la gare
annonce l'arrivée d'un train
Je pose le pied
Sur le rail
J'envisage de poser un pied
Il reste en suspens dans le vide
J'entends les pleurs d'un enfant
La vie commence par des pleurs
La sonnerie a cessé
Le train va entrer en gare
J'entends le souffle du vent
Résonner à mes oreilles
Le souffle du vent était là
Avant les rails, avant les voies
Les pleurs de l'enfant ont cessé
Je repose mon pied sur le quai
Je choisis un autre croisement
Je rejoins l'humanité
Et ses voies
Pour combien de jours
Encore

Publié par felixmartin à 22:29:56 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Le temps juste | 17 juin 2008

 

J'ai le souvenir de vos yeux
Dans le soir qui élargit le ciel
J'entends votre voix
Tout contre mon oreille
Qui murmure d'étranges paroles

Les mauvais temps
Ne suffisent pas à nous désaccorder




Vos brisures vous éloignent
Des certitudes rassurantes
Vos silences sur les chemins
S' élancent  je ne recule pas
Les phrases sont inutiles
Pour combler notre rencontre
Improbable
Comme nos peaux l'une à l'autre


Je vous dirais des paroles
Mais je me retiens à demi-mot
Comment nommer
Cet amour démodé
Les pluies de printemps
Ont lavé tous les souvenirs
Nous sommes immobiles
Entre deux temps


Il n'y a plus de dieu
Plus de statues d'idoles
L'anarchie est notre panage
Je reviens vers vous
Vous êtes debout devant la fontaine
Vous balbutiez des mots
Que le vent emporte
Je vous comprends sans vous entendre


Je pose mon doigt sur votre joue lisse
Ma langue dessine votre bouche
Ce coin qui me plait tant
Les discours et les bruissements
Des autres ne sont pas de notre monde
Les styles factices m'ennuient
J'aime votre lucide détachement


Vous n'avez besoin d'aucune parole
Pour me donner l'heure juste
Qui anime les gens heureux
Il me suffit de votre regard vert d'eau
Et de votre peau tendre.

Publié par felixmartin à 21:43:48 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Eloge du mensonge | 15 juin 2008

 

J'avoue, j'avoue
Perfide, j'irai te chercher au fond des tes provinces
Je compte les moments que je perds sans toi
Je m'impatiente de te revoir
Mon lâche coeur pleure de toi...
Fi de la tragédie
Je ne loue que ta comédie humaine
J'avoue, j'avoue
Tes mensonges
Nourrissent mes songes
Quand tu nies
Rien ne me ronge


Eponge, je m'accroche  aux  rochers
Je  plonge dans ta vague
Qui bat sous d'autres forêts
Ainsi les marionnettes font
Mon ange je longe ton verso
Ma bête mange-moi
Arrange-moi un coin
Dans ton étrange manège 

J'écoute tes fables
Tes artifices me font craquer
J'aime les serments que tu sèmes
Judas je consens à tes baisers
Tes boniments me gréent
A ton mat de bateau
Tes mirages dorent mon désert
Ton bourrage enfume mes romans
Tes contes hantent mes sommeils
Ma vie s'illusionne à tes inventions
Je fonds à tes tromperies
Tes non-dits s'accordent à mes imaginaires
Tes trahisons me délivrent du néant
Mystifie-moi
Laisse-moi croire que tu me mens
 
J'avoue, j'avoue
Je triche bien plus que toi
Tant que tu m'échappes je te désire
Mais ne te masque pas
Sous les traits de l'imposture
Fuis le mensonge à toi-même
Délivre-toi de tes secrets
Sois l'être en moi.

Publié par felixmartin à 00:31:01 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Mante cannibale | 13 juin 2008

  

Même quand tu oublies
Dans tes détours
De me dire je pars
Je prends plaisir
A te deviner ailleurs

J'aime quand tu déposes
Tes secrets sur ma bouche
D'un simple doigt
Les soirées s'allongent
Je déroule nos instants
Je les déplie
Comme des cornets
D'oublies   

Absent de toi,  je range ton boudoir
Tes bas abandonnés
Ta jupe fendue
Et ton parfum
Traînant
Je pourrais parcourir les rues
Te retrouver
Accoudée nonchalante
Dans les bars d'étuve

Je tourne en rond
Dans le couloir vide
Je déplie une carte
Pour dessiner tes voyages
Impossible de me détacher
De tes fantaisies
Les pinceaux sur la toile
Te grimacent des poses
De mante cannibale
Je croque le baiser
Que tu donnes à des inconnus 

Quand tu réapparaîtras
Dans mon antre
Avec ton sourire esquissé
N'oublie pas
Mes morsures de bête
Te saisiront.

 

Publié par felixmartin à 22:56:41 dans Nuits blanches | Commentaires (1) |

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