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Le long des murs | 18 février 2008

Un chuchotement

Publié par felixmartin à 22:53:18 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

A Louise | 15 février 2008


Il n'y a, en fait d'infini, que le ciel qui le soit à cause de ses étoiles, la mer à cause de ses gouttes d'eau, et le coeur à cause de ses larmes. Par là seul il est grand, tout le reste est petit. Un ou deux bonheurs le remplissent, mais toutes les misères de l'humanité peuvent s'y donner rendez-vous ; elles y vivront comme des hôtes.

Tu me parles de travail ; oui, travaille, aime l'Art. De tous les mensonges, c'est encore le moins menteur. Tâche de l'aimer d'un amour exclusif, ardent, dévoué. Cela ne te faillira pas. L'Idée seule est éternelle et nécessaire. Il n'y en a plus, de ces artistes comme autrefois, de ceux dont la vie et l'esprit étaient l'instrument aveugle de l'appétit du Beau, organes de Dieu par lesquels il se prouvait à lui-même. Pour ceux-là le monde n'était pas ; personne n'a rien su de leurs douleurs ; chaque soir ils se couchaient tristes, et ils regardaient la vie humaine avec un regard étonné, comme nous contemplons des fourmilières.

Gustave Flaubert

Publié par felixmartin à 22:28:54 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Les lignes | 13 février 2008

Dans ma ligne de fuite
Se perd la ligne d'horizon
Je remonte
Jusqu'à la ligne de départ
J'aspire la ligne blanche

Les lignes bleues du temps
m'inspirent des éblouissements
Insoumis aux lignes de bataille
Je plonge
Dans les lignes de faille

Je suis pêché à la ligne dormante
Les lignes de paroles
Se dérobent
Dans les silences
Où les mots s'effacent

J'aspire la ligne blanche
Des turbulences
Je rencontre le point de croisement
Entre la ligne des hanches
Et la ligne de mire

Je respire la ligne blanche
Le cœur cloche
Sans mémoire d'hier
Garder les coudées franches
Sous l'ombre de la ligne sylvestre.

Publié par felixmartin à 22:32:36 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Juliette | 11 février 2008


« Ce n'est pas une femme fatale,
mais c'est la vie qui lui a été fatale. »

Sacrifice
A celui de Salomé
Je redoute celui d'Iphigénie

Aux amours de Phèdre
Je console ceux de Juliette

A la trahison de Médée
Je ris à celles de Manon

Rester dans la lumière argentée
De l'astre de la nuit

Evidemment je chéris
Le destin de Nastassia
Et celui d'Eurydice


Et vous quelle femme fatale
Tisse votre imaginaire ?

 

Publié par felixmartin à 22:32:24 dans Nouvelles d'hier | Commentaires (1) |

Fleuve | 07 février 2008

 

Je ne me suis jamais posé
Tourbillon
Comme pavillon
Trop facilement aimé
Mal épris
J'accrocherai des peaux
Au rocher
Eternel ignorant
Jusqu'à ce que je te reconnaisse
Dans la mémoire du fleuve
Tes voiles m'attachent
Je me suis détaché jadis
Moi l'insatisfait
Au dernier jour
Je reviens vers toi
Trop tard
Le tourbillon de la vie
T'emporte au loin
Pas trop loin
La vie n'est pas une tragédie
Sinon je vogue
Ne cherche pas le désespoir
Dans mon regard
Je suis trop vieux
Pour cette inélégance
La jeunesse ne compose pas
La vieillesse a accepté
Depuis longtemps
La vie et sa mélancolie
La vieillesse depuis longtemps
Guette avec lucidité
La passion du désir
Comme un mystique
En prière.

Publié par felixmartin à 23:05:26 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

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