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Voyage | 06 août 2007

Les Anciens appelaient les morts "ceux qui sont rentrés".

Les vivants sont des voyageurs. Le voyageur qui ne retrouverait pas le chemin du retour serait sans domicile.

Lie-Tseu

Publié par felixmartin à 13:50:30 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Le redire | 01 août 2007

Le souvenir est une île dans le cœur solitaire.
Il parcourt l'océan insatiable des jours gris pour l'émietter tout à fait.
Dans les villes aux yeux fardées, des splendeurs planent magnifiquement.

Si elle était...

                              Un astre ? Une pléiade
                      Une émotion ? Partagée
                      Un pouvoir ? L'attraction
                      Une scène romantique ? Une course au fond des bois
                      Un goût ? D'elixir
                      Une odeur ? Pénétrante
                      Un défaut ? L'absence
                      Une qualité ? L'ambiguïté
                      Un tissu ? Le satin noir
                      Un endroit ? Un lac italien
                      Un mot ? Elle
                      Une douleur ? L'effroi
                      Une chanson ? Je sais que c'est elle
                      Un bruit ? Le silence
                      Une partie du corps ? L'oreille

Publié par felixmartin à 20:05:29 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Escale | 30 juillet 2007

- Ma vie est faite de hasards, d'intermèdes, d'épisodes disparates. 

- Et les femmes ? 

- Mon épouse, Lisa. Je n'ai jamais eu le cœur à l'oublier. Et des liaisons. Beaucoup. Pas assez. Encore. Les souvenirs m'envahissent. A souffler comme si j'avais une crise d'asthme. Suffocation. Chut, Katarina pourrait nous entendre. Elle m'aime encore, je l'ai vu dans son regard de biais quand elle m'a reconnu. Toi, tu es amoureux d'elle. Tu as raison. C'est une belle femme, pas seulement le corps, non c'est une belle femme dans les veines. Le sang. Il faut goûter au sang des femmes pour les connaître bien.

- Un Cuba libre !

- Hey, pero cuba no es libre flaquito, que loco !

- Jeune homme, lorsque j'ai posé le pied en Argentina, là où tu bois tes rhum coca, y avait rien que la pampa, le bord de côte légère. Regarde cette semelle, même bottes ou presque. J'ai fait un pas de côté, pour sauter sur la plage. Mieux qu'Achille. Je découvrais une terre sans nom. A-me-ri-ca. On ne savait pas encore la nommer. La cordillère blanche et rose sous ce vieux connard de soleil, bien auréolé dans son ciel lavande. La cordillère, fils, je te le dis, n'avait pas de nom. Les rivières, les lacs, les cascades, tout était vierge de l'homme blanc. Pas de dieux connus, non plus, les mythes restaient à inventer. Je chevauchais dans un monde sans nom et je revivais six mille ans en arrière, quand notre Europe n'avait pas encore été chevauchée par Zeus. T'avais du goût, Argentina, en ce moment de premières foulées. Même mon cheval piaffait bizarre. « On est où, là ?», qu'y semblait me demander. C'a été une période gouteuse, sauvage, fallait juste s'éloigner des Espagnols, grimper avec les Indiens. Eux m'ont flairé. Inutile de leur dire qui j'étais. Ils avaient deviné. Les vieillards édentés, les mères qui allaitaient, les enfants au front rouge, ils dévalaient de toutes les ruelles, de toutes les sentes, sortis des bouches de la Terre, empoussiérés des ors diluviens portés par le vent. Ils m'apportaient leur or : non pas des lingots, pas des feuilles plaquées sur leurs statues, non leur vrai or, les champignons, les feuilles de coca. Une orgie pour partir en voyage avec eux, bien plus loin que l'Eldorado.

 

 

Publié par felixmartin à 21:01:28 dans Les fils d'Omer | Commentaires (0) |

Love Sick, à la façon de Bob Dylan | 23 juillet 2007


interprétation adaptée autour d'une traduction approximative

Possédé par l'amour

Je marche
Dans les rues mortes
Je marche
Avec toi pour horizon


Mes jambes sont faibles
Ma cervelle s'entrelace
Aux nuages en pleurs


J'entends
Tes mensonges
J'entends
Ou tes cris au loin ? 


Toi ma petite
Tes sourires ailleurs me perdent
Pendant mes sommeils


Ton amour me rend malade
Je suis tombé en amour
Au loin de tes amours
Qui me rendent malade


J'ai vu
Tes amants dans les prés
J'ai vu
leurs silhouettes troubles derrière la vitre 


Je les regarde partir
Et je me pends
A leurs ombres qui s'éloignent


Ton amour me rend malade
J'entends l'écoulement du temps
Des tes amours au loin
De celles qui me rendent malade


Parfois tes silences
Claquent comme des orages
Parfois
Sur tes routes laisse-moi te ravir 


Cesseras-tu tes mensonges
Qui me plaisent tant que tu m'aimes


Ton amour me rend malade
Ne t'avoir jamais rencontrée
Ce serait pire
Autant oublier de vivre


Pour tout dire mon seul espoir
C'est te revoir à tout prix

 

Publié par felixmartin à 18:01:12 dans A la façon de | Commentaires (1) |

Loin sans doute | 21 juillet 2007

Je t'invite aux pays lointains
De mes voyages sans fin, viens
Rejoins mes immenses désirs
Porte ta robe de plaisirs
Uniquement, sois sans limites
Chut ! Je fonds même le granit
Ta poudre au fond des eaux bleues
Dans un tsunami fabuleux
T'entraîne au loin et te chavire
Je t'offre le plus beau navire
Voguer avec Verlaine et Rimbe
Sur les rimes belles du verbe
Dans mon pays imaginaire  
Se lovent nos deux âmes d'air.

Publié par felixmartin à 21:43:28 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

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