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Cafard | 09 février 2007


La vie est emplie de bars, noirs, bruyants, recouvrant le silence de l'âme devant le café noir, écorné de sucre, mangé par les cafards ricanants avec leurs pattes aiguës sur le dos souffrant. Un juke-box pleure des morceaux dérisoires pour éviter l'oubli de la mer montante au-dessus du marbre.

Les  dieux, ambroisie et délices finis, affectent l'indifférence face à la foule des petits matins enroués. Le chanteur emplit les rues désertes à la recherche du pire qui se larve dans les égouts, dans les chaumières vétustes, dans l'humide traverse. De toute part, épris de sa voix salutaire, les agonisants surgissent, à la peau grise, les oubliés de l'heureuse félicité. Dociles, ils suivent en masse le chanteur jusqu'au tréfonds de la ville, par-dessus l'écho de la beauté suprême interdite, interdite à ce monde d'intouchables. Posant sur l'asphalte leurs pattes roses sous le poil gris, en silence pour ne pas effrayer le passant tranquille, ils quittent la ville. Traqués, ils suivent la voix affamée de leur perte.

Publié par felixmartin à 22:19:38 dans Nouvelles d'hier | Commentaires (0) |

Le montreur de singes | 07 février 2007

Ma famille habite de l'autre côté de la rue. Quand je traverse la rue je croise des passantes. Pour les amuser, j'invente des mots, des histoires, des sentiments. Je les entraîne dans le petit bois du jardin public pour glisser mes mains dans leurs rêves mouillés.

L
orsque la nuit tombe sur le jardin inhabité, j'oublie les passantes et mes histoires de montreur de singes. Je traverse la rue dans l'autre sens pour rejoindre ma famille.

Publié par felixmartin à 22:42:42 dans Nouvelles d'hier | Commentaires (0) |

L'unique océan | 31 janvier 2007

Si je te racontais l'océan,
Te parlerais-je des anémones lentes,
Des algues tremblantes ?
Te parlerais-je des poissons argent
Ou de ceux-là aux écailles de miel ?
Te parlerais-je encore des coquillages
Posés sur le sable doux
Avec les crevettes pour compagnes
Et les coraux pour paysage ?
Je pourrais des heures durant te parler de l'océan
Tu n'aurais à tes yeux que des images multiples,
Tu ne connaîtrais pas l'unique océan.

Publié par felixmartin à 20:35:04 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Les livres | 31 janvier 2007

Chaque livre renferme un monde nouveau, lis ce livre nouveau et tu graviras des mondes imaginaires, des mondes sublimes, des mondes entiers ! Ferme les yeux et toutes les lumières balbutient derrière tes paupières, vois les mondes infinis scintiller. Au fond de ton cœur, ils sommeillent, éveille-les chaque fois que tu ouvres un livre.

Publié par felixmartin à 20:27:34 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

Nausicaa | 28 janvier 2007

Des étoiles de rousseur sur la peau
Coquillage
La chevelure fugitive aux éclairs roux
La jeune fille se cache dans les dunes
Solitude

Encore une enfant auprès de la mer
Elle ne sait rien
Surtout pas qu'elle est belle
Le sable coule sur son sexe frisé
Prisonnière d'une araignée
Aux yeux dorés

Le naufragé brisé par l'écume
Sombre dans le sommeil
Et rêve de Nausicaa
Ses mains pétrissent le sable
Des ondes balayent les dunes.

Publié par felixmartin à 21:42:06 dans Poésies lointaines | Commentaires (0) |

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