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Dans les jours de solitude, j'apprivoise la solitude, ou bien est-ce elle qui m'apprivoise ? Au fil des heures, elle devient une amie, une confidente. Silencieuse et respectueuse.
Avec la solitude, j'écoute le battement des contradictions. Je peux oser mille perversions et elle m'excuse d'un sourire pour ces errements, ces passions nées du mouvement oscillatoire d'un moucheron attiré par la lumière, ou de la lumière elle-même qui tombe à mes pieds le long d'un mur blanc, ou bien encore des ces mots assemblés dans un livre par l'ivresse d'un autre.
Avec la solitude, j'écoute le silence. Il donne un contour à l'espace qui m'environne, la solitude le peuple.
Un martèlement bref à mon cœur n'est autre que Narcisse qui s'effleure et se brise. Rien d'autre. La douleur de soi à soi demeure au coin des lèvres quand une odeur survient ou quand un bruit furtif accompagne mes pas et que je me retourne. Derrière, il n'y a rien, cette odeur n'appartient à personne. On regarde la plaie pour en avouer la réalité.
Les jours de solitude sont étonnants de vérités. Comme un mot qui sonne juste à un moment précis. La découverte -par soi-même- de la réalité est un vertige, une quête mystique. On rencontre la réalité comme on rencontre dieu : face à elle son se sent désarmé, trop petit pour la contempler, trop ignorant pour en connaître la profondeur. Dieu serait la réalité qui nous entoure, qui habite l'espace entre moi et les autres, entre moi et le monde ? La réalité crée les espaces, liens invisibles, dressés les uns contre les autres. Ne pas perdre les liens qui nous attachent à la réalité.
Jusqu'à perdre l'idée d'aimer. Non pas aimer pour éviter la solitude, non pas aimer pour quelque chose, seulement pour le plaisir de sentir l'autre, d'être dans le même espace ou encore que l'espace soit absout. Peau à peau.
Publié par felixmartin à 08:54:14 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens

Je marche pied nu craignant les scolopendres, les cafards. Pourquoi ces petites bêtes en carapace gâchent-elles les heures chaudes de l'été ? J'aime le soleil, son piquant, son odeur d'herbe sèche, de vigne éclatée, mais il entraîne avec lui ces insectes fureteurs qui courent sur le sol, s'agrippent aux murs, s'arrêtent pour vous épier et leur attente silencieuse me tourmente sans que je puisse les écraser -parce qu'ils craquent en mourant et bavent d'horribles liquides jaunes ou verts, c'est selon. Si je ne parviens pas à les tuer, la panique est grande de les savoir là, quelque part dans un coin. Leur apparition -comme venu du néant- m'arrache des cris d'effroi. La pire rencontre est encore celle de l'araignée, qu'elle soit lourde et velue ou agile aux pattes en lignes brisées. Ces démons miniatures hantent mes jours et même mes nuits dont mes rêves fourmillent. Ces animaux totem se transforment sans cesse en être interdits et redoutables.
Publié par felixmartin à 12:13:05 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par felixmartin à 22:51:07 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens

Entends, ma fille, la complainte
s'élever de la plaine
jusqu'aux nuages accrochés
à la ligne grise des monts
ils ont sonné les trompettes
ils ont résonné les tambours
dans les clairières
poussent des pieds rouges
Entends, ma fille, la complainte
s'élever des hameaux
jusqu'aux cheminées tordues
sur les toits livides
la liberté est la mort
elle accroche aux falaises
tous ses fils en jupettes
partis pour la guerre
Entends, ma fille, la complainte
s'élever de la plaine
les peupliers s'agitent
au vent de la mort
Publié par felixmartin à 13:03:20 dans Poésies lointaines | Commentaires (1) | Permaliens
De vous à moi
vous m'avez eue
mon amour
J'aurais aimé
un sensible abandon
une délivrance charnelle
une transfiguration extatique
une possession divine
une petite mort somme toute.
De vous à moi
je ne vous ai pas eu
mon amour.
Publié par felixmartin à 13:12:05 dans A la façon de | Commentaires (0) | Permaliens
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