• Dans les champs d’hiver griffés
    La plainte de Déméter
    Se mêle à celle du vent.
    Les loups agrippés à sa jupe
    H
    urlent à sa douleur.
    Dans toutes les vallées
    Le froid étend sa morsure
    .
    Déméter feule sa détresse
    Un poignard planté au cœur
    Depuis que le sein de la terre
    A enseveli le fruit de ses entrailles.


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  • Ce sont peut-être ceux-là les plus terribles.
    Dans la nuit de deux heures
    Quand la foule accusatrice des rêves a frappé.
    Le cri s'écrase dans la gorge

    Et le hurlement interdit se répercute à l'infini
    En toute impossibilité.
    Ce sont peut-être ceux-là les plus vrais,
    Les mots qu'on écrit après pour apaiser.

    J'étais un cri, j'écris
    Dans le tremblement du matin
    Avant le lever du jour
    Qui tressaille là au fond
    D'une cicatrice me liant au monde du néant.

    J'écris, je crie pour m'évader
    De moi qui existe à peine
    Ou déformé par des fantasmes impuissants.
    Ecrire toute la nuit
    Le matin ne viendra pas plus vite
    Le malentendu s'est tissé solide
    ouvrir le livre du futur et oublier.

    Toute la nuit j'ai dansé dans les lumières,
    J'ai jeté par les fenêtres les mots.
    Les mots par les fenêtres.
    Au petit matin, je suis ivre,
    étourdi au bras d'une inconnue sans joie.
    Sur le trottoir les mots se sont dressés,
    ils se sont dépliés et m'ont appelé.
    Ils ont repris possession de moi
    et ne cessent de défiler leurs histoires de mots.


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  •  

    Pessoa

    La complainte de Pessoa, sa supplique quand il rêve la vie
    et qu'il nous en convainc avec ses mots au bord des larmes,
    avec ses mots d'émotion étranglée.

    Les jours disjoints.

    Je caresse le désespoir de ces pages du plat de la main.
    Les doigts à demi écartés, soulevés et tremblants.
    Goûtant à cette incestueuse découverte.

    Les jours fruitiers.

    Sans écart entre la fluidité de l'air des choses
    et les sensations bourdonnantes du dedans.

    Les jours électriques.


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  • Elles étaient toutes venues
    Avec leurs mains crispées
    Et leurs bouches closes
    Elles étaient toutes là
    Contre la porte
    Dans le noir du corridor
    Phèdre et Alma
    Carmen et Hélène
    George et Sapho
    Quand les amants unis
    Se sont endormis
    Elles sont reparties, radieuses.
    L'amour quelque temps
    S'est posé
    Sur un coin de la Terre.



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  • Chaque matin,
    Tes sourires m'éveillent
    Chaque soir,
    Je t'endors
    De mes câlins
    Pour tes joues douceur
    Et les longs week end
    Où tu pars sur d'autres chemins
    J'égrène les heures
    Mais chut c'est un secret
    Je te laisse grandir
    Loin de moi pendant tes journées
    Mon enfant


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