• La liberté et la mort ? La liberté et la mort

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Je ne comprends pas. Mon père est italien, rital comme ils disent. Ma mère était de la Yaute, entendez la Haute-Savoie. Qu'est-ce qui m'entraînait sur les routes de Grèce, avec Alexandre en cortège dionysiaque ? J'aurais dû préférer la divine Italie et ses Roméo.

    « Ce pays imaginaire te relie à ta mère, » me susurrait un ami psychologue, qui me faisait penser, avec sa silhouette tremblotante, son front dégarni et ses mains baladeuses, à Woody Allen. Je doutais de ses propos. Quelle idée saugrenue et pourtant.

    Pourtant. Bien plus tard, j'appris l'impossible : mon grand-père maternel, Joseph, le Haut-savoyard, du temps de la grande guerre, avait connu les montagnes de Macédoine et même y avait été blessé de guerre. Quoi, c'était donc ça mon hystérie alexandrine, pardon mon obsession ?

    Assez de ces souvenirs antiques, regardons le présent. Kazantzákis, La liberté ou la mort. J'avais choisi de relire Nikos le Crétois, sur cette place d'Heraklion. J'avais choisi la liberté, quand un Grec me murmura dans son superbe accent :  « La liberté ET la mort. » Je regardais la couverture de mon livre. Les traducteurs prennent parfois de telle liberté !

    Je m'abandonnais à la Grèce, pardon à un Grec, pour lutter contre l'abandon.

     


    votre commentaire
  •  

    Nous sommes des héros.

    C'est ainsi.

    Nous le sommes pour l'éternité.

    C'est ce qu'ils disent, chantent, écrivent, dessinent, animent.

    L'avons-nous été ?

    Quels dieux nous a bercés ?

    Quelle utopie nous a élevés ?

    Quelle folie humaine nous a guidés ?

    Que nous importe

    Nous mourons insatisfaits

    Bercés par la mélancolie

    Elevés par l'oubli

    Guidés par l'ivresse

    Et nous baignons dans l'Enfer

    Qu'aurait-on à faire d'un paradis ?

    L'Elysée est divin.

    Nous ne sommes pas divins.

    Nous sommes mortels pour l'éternité.

     


    votre commentaire
  •  

     

     

     

     

     

     

    Recueil de poésies écrit de mars à juillet 2020, une longue histoire qui débute le 30 septembre 1977 par une rencontre à Lyon.
    77 huitains de Robert auxquels répond Corinne.

     

     

     

     

    Ici l’écho répète moins qu’il ne crée comme si,
    Enfin, le monde répondait.
    Les auteurs s’accordent,
    En recueil depuis leur caverne,
    Une mise en état de poésie,
    Un pas double sans jamais se toucher.
    Au bord de la source des échos improvisent,
    S'apprivoisent, liens invisibles.

    Robert Alexis, auteur de 12 livres, romans et recueil de nouvelles : éditeur José Corti La Robe, La Véranda, Flowerbone, Les Figures, U-Boot, Nora, Mammon, Les Contes d'Orsanne, éditeur Le Tripode L’homme qui s’aime, Le Majestic, éditeur PhB Editions L'Eau-forte, éditeur Quidam Le Renvers.
    Voici son 13e livre, son premier recueil de poésie.

    Corinne Jeanson-Valleggia, auteur d'une pièce de théâtre diffusée sur France Culture, Yanina ou le retour d'Alexandre le Grand, Les 100 derniers jours, Rendez-vous après la fin du monde, collectif d'auteurs chez Zonaire.

    Illustration de couverture, Combat du petit renard et du lynx, Delphine Gigoux-Martin©
     

    http://phbeditions.fr/Accueil.html

    ou phbeditions@orange.fr
    vous envoyez un mail, avec vos noms et adresse postale, vous recevrez votre commande qui sera à payer à réception

     


    votre commentaire
  • Le Noeud Gordien

    Parfois, trancher le nœud, c'est aller vers l'alliance.


    votre commentaire
  •  

    Conte Psychanalytique

    Elle se tenait debout devant ma bibliothèque et je la voyais poindre son révolver dans ma direction. J'étais incapable de savoir si, oui ou non, l'arme était chargée -il me sembla voir une larme couler à sa joue. Je me contentais de me tenir à l'abri derrière le dossier de mon fauteuil, à genou sur le plancher, dans un geste de suppliant. Entre ses phrases criées, indistinctes, le silence de mon bureau. Dehors, sur les quais, les voitures attendaient que le feu passât au vert. Il m'était impossible de me pencher à la fenêtre de mon cabinet pour crier aux conducteurs dans quel danger je me trouvais, ce vendredi vers 14 heures en plein cœur de la cité. J'attendis encore dans cette fâcheuse posture que la jeune femme se calmât. Au fond, je savais qu'en aucun cas je n'aurais pu jeter au monde un « sauvez-moi », j'étais trop dépité de me retrouver ainsi dans la pointe de mire d'une patiente qui me tenait à sa merci et qui me faisait goûter à l'effarement. J'évoquais un bref instant le regard de mes pairs penchés sur cette scène qui n'avait rien de biblique. Cette ligne de mire me remettait en cause, et pour tout dire me reléguait au ban de ma société.

    Lire la suite...


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires