• Edward Munch, Le baiserJe ne savais pas ce que ton baiser balbutiait
    Je sentais que ton baiser inventait un langage
    Je ne savais pas ce que ton baiser goûtait
    Je sentais que ton baiser m'ouvrait à des mondes inconnus

    Ton baiser aurait tendu l'arc d'Ulysse
    Ton baiser aurait nourri l'arche de Noé
    Ton baiser aurait rompu les trahisons de Judas
    Ton baiser aurait porté le Christ à la passion

    Quel est ce frisson qui parcourt ma peau
    Quelle est cette ivresse qui ignore les funestes drogues
    Quelle est cette apesanteur qui se transmet à mon corps
    Quelle est cette force qui évanouit mes pensées

    Je m'abandonne à ton chaud frisson
    Je m'enivre à la respiration de ta bouche
    Je voyage au cœur de ton baiser
    Je m'anéantis à ta force délicate

    Peut-on décrire la création d'une étoile
    Peut-on saisir l'origine du monde
    Peut-on croire en l'éternité des temps
    Pourtant ton baiser s'est accompli

    Nous avons partagé un baiser.

     

    Illust. : Edward Munch Le baiser

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  • devoir pour les enfants qui restent à la maison


    conjuguer le verbe confiner


    je confine c'est pas chiant y a pire
    tu aurais été confiné plus tôt ç'aurait sauvé des vies
    il ou elle a confiné pendant deux mois
    nous avions confiné mille et une nuits
    vous êtes confinés, fermez vos gueules !
    qu'ils ou elles soient confiné.es, Covid court toujours
    Confinez-vous qu'ils disent
    Seigneur me confinerais-je à vous ?


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  • J'ai plus de croissants pour le petit déj, je sors, j'achèterai le journal pour les nouvelles du jour

    J'ai plus de bières pour l'apéro, je sors, j'achèterai aussi les clopes pour accompagner

    J'ai plus de patates pour déjeuner, je sors, j'achèterai aussi le beurre pour enrober

    J'ai plus de pain pour le quatre-heures, j'achèterai aussi la confiture pour dégouliner

    J'ai plus de fièvre ce soir, allô docteur


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  • Continuez votre  ronde les mots, là-haut au plafond : è pericoloso sporgersi. Je ne me penche pas. Pourquoi partez-vous en file indienne sur le mur de la salle d'attente ? Quelle belle ronde vous me donnez à voir, vous vous dandinez, vous flottez ! Quelle belle couleur irisée les voyelles ! et vous les consonnes, le drapé à vos cous ajoute à votre élégance ! Comme c'est bon de vous voir défiler. Ce n'est pas le 14 juillet, même pas la procession des Rameaux ! Que faites-vous là-haut à agiter vos branches d'olivier ? Attendez-moi, je vous rejoins.

    Je ferme les yeux, je me sens bien. Pourquoi sont-ils tous après moi avec leur regard inquiet. Pourquoi me parlent-ils si forts ? Arrêtez votre chahut les lettres, oui je vois bien que vous flottez... silence je n'entends rien. « Qu'avez-vous pris, vous vous en souvenez ? » Qu'est-ce que j'ai pris ? J'ai rien volé. Rien, j'écrivais à l'encre sur mon cahier à lignes. J'ai pris un buvard pour sécher l'encre. Oui, c'est ça un buvard. La ligne s'est évadée, les lettres ont suivi. J'ai essayé de les rattraper sur la terrasse. Je me suis penchée. Après c'est le vide. Enfin, j'ai entendu les tambours. Ca tapait dans ma tête, un rythme chaud, le bruit des sabots qui frappent le sol, et un et un, et deux et deux, allez frappe, frappe avec tes sabots, belle bête mon taureau, oui je te vois avancer sur le sol poussiéreux. Qu'est-ce qu'ils ont, tous ces hommes et ces femmes, à vouloir te couvrir d'un drap ? Mon beau taureau fumant. Non, je vous l'ai dit, pas de drap, pas de drap, laissez-moi goûter au pelage chaud de mon taureau. Arrête de m'appeler ta demoiselle d'Avignon. T'es bête mon taureau. Les mouches, vous m'agacez, partez dans vos déserts de sel. Je suis dans une pièce, un seul lit, une sorte de brancard avec des barreaux, ils sont fous, ils ont attaché mes mains. C'est à cause de toi taureau, tu leur fais peur. Ils ne peuvent pas comprendre que tu sois minotaure et mon amant. Je ris si fort que la petite dame au bonnet blanc me soulève les paupières. Qu'est-ce que c'est que ce tube et cette longue aiguille ? Les hommes sont curieux avec leurs appareils. « Laissez-vous faire ! » Pourquoi ? Je me sens si bien. Plus tard, dans la nuit un jeune homme en blouse verte se penche sur mon lit : « Comment vous sentez-vous ? » Il détache mes mains. Merci, j'ai soif, j'ai la bouche sèche. « Pourquoi avez-vous fait ça ? » Fait quoi, mon taureau ? « Pourquoi vouliez-vous mourir ? » Mourir, non, j'ai trop de vie, tant de vies à vivre auprès de toi mon taureau. Dis, tu reviendras mon taureau ? tu le sais que je ne peux pas vivre loin de toi. Tu es mon frère, mon amant, mon ami, ne m'abandonne pas aux ombres de la vie.


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  • ONU

    ONU

    A l'Organisation des Nations Unicellulaires, la réunion grondait. Les bactéries vertes soulevaient la question de la protection de la planète.
    « Qui est responsable du risque planétaire ? Qui nous pompe nos énergies ? Car enfin, nous avons besoin des forêts, des algues et autres verdures pour nous nourrir ! D'ailleurs nous avons tissé une toile vibrante, en toute complicité avec la verdure planétaire. Donc je répète qui est en train de pourrir la Terre ? »
    Au fond de la salle un son s'éleva bientôt repris en écho : « Om »
    « Voilà, nous sommes d'accord ! L'humanité nous pourrit la vie. Lançons une attaque ! Débarrassons-nous de cette vermine ! »
    « Mais comment ? »
    « Unissons-nous avec les virus ! Leurs bombes virales nous défendrons contre ce péril implacable. Vive les parasites !»
    Au fond de la salle, le pays du Microbiote regrettait de ne pas avoir de droit de veto.

     

     


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