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    Je suis passée de la mélancolie à la nostalgie
    Je suis passée de l'auto-dérision au temps dérisoire
    Je vieillis.

     

    On est jeune et la mélancolie adoucit nos jours éblouis
    On grandit et la nostalgie emplit de douceur nos nuits secrètes
    On vieillit et l'auto-dérision baigne d'un doux sourire nos espoirs évanouis
    Et la mort approche, sa dérision implacable voile notre temps dérisoire.

     


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  • Adieu

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le jour où tu es partie

    Tu ne m'as pas dit adieu

    Cet adieu n'est jamais venu.

     

    Tous les jours d'après je suis partie

    Comme toi sans dire adieu

    Répéter ton départ dans mes petits départs.

     

    La vie était inscrite ainsi

    Partir pour oublier

    Que je ne t'avais pas dit adieu.

     

    J'étais une enfant

    Je n'avais pas les mots

    Pour dire adieu et me construire au-delà.

     

    Tous les jours tu brillais

    Dans mes cieux

    Telle une étoile pour me guider.

     

    Un jour viendra où

    Je te retrouverai dans les jardins d'Arcadie

    Pour toujours nous nous recommanderons à dieu.

     

     

     


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    • Ils ont peint les cavernes en noir et ocre.

    • Ils ont sculpté des déesses aux seins pendants.

    • Ils ont peint leurs palais de femmes aux seins libres.

    • Ils ont sculpté des phalos.

    • Ils ont peint leurs temples et leurs dieux.

    • Ils ont sculpté des David et des Eros.

    • Ils ont peint des Mona et des Lisa.

    • Ils ont sculpté des Marianne.

    • Ils ont peint des nymphéas.

    • Ils ont sculpté des tours Eiffel.

    • Ils ont peint des cubes magiques.

    • Ils ont accroché une banane.

    Courte histoire de l'art


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    Premier novembre

    Premier novembre. Le père jardinait la pierre tombale de la mère tandis que l'enfant mangeait ses marrons chauds. C'était leur rituel.

     

    Pour eux, l'hiver commençait en ce jour du premier novembre. La petite portait son nouveau manteau et le père plantait les nouveaux chrysanthèmes autour de la photo de la mère, posée sur la pierre.

     

    Premier novembre, c'était le jour de l'année où le père achetait les premiers marrons chauds au vendeur debout derrière son brasero à l’entrée du cimetière.

     

    Premier novembre, c'était le jour de l'année où le père prononçait ces mots à sa fille : « Maman est là. »

     

    Premier novembre, c'est ce jour-là, et ce jour-là seulement, que l'enfant entendait son père parler de son épouse morte.

     


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    Savane africaineSavane africaine

     

     

     



    Tout commence à Sumer. Je ne suis pas d'accord avec cette affirmation. Tout commence dans la savane africaine.

    Pour moi, du reste, tout aurait pu finir dans cette savane. Je m'y promenais. En bonne adoptée lyonnaise, je me promenais dans la savane, entre Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, comme je me serais promenée au parc de la Tête d'Or. Appareil photo en bandoulière, chaussure de marche en tissu rose à fleurs, bob sur la tête. Mes guides, un prof de maths et ses deux étudiants, avaient décidé de retrouver un troupeau d'éléphants. Dix minutes de marche suffire pour apercevoir, à 50 mètres de moi -je ne suis pas sûre de la distance exacte-, près des arbres feuillus et arrondis sous le ciel lézardé de blanc et de bleu, un troupeau : des éléphantes et leurs petits. L'une d'elles, la cheffe, nous aperçut et se mit à barrir en battant ses oreilles dans un geste facilement interprétable : « Barrez-vous, vous n'avez rien à faire ici. » « On veut juste prendre des photos, nous ne sommes pas des braconniers. » « Il suffit ! »

    Elle nous chargea sans sommation, son grand corps gris miroitait dans la chaleur africaine. Notre sueur avait piètre allure contre celle de sa trompe frémissante. Nous partîmes en courant tous les trois -le quatrième, prudent, était resté dans la voiture- pour rejoindre au plus vite notre cage à quatre roues.

    C'est ainsi que je perdis une de mes chaussures restée collée dans la terre rouge d'Afrique. Je lance d'ailleurs un appel à qui la retrouverait.

    Pourquoi être partie en Afrique ? Ah oui, les ethnologues m'avaient susurré ses beautés majestueuses et dans ma longue quête de l'histoire de l'humanité il me semblait que ces premiers peuples parleraient à mes oreilles.

    La vie pouvait reprendre son cours à Lyon. Je retrouvai l'Albion et sa bière irlandaise. Je me souvenais des femmes africaines, de leurs échoppes, de leur sourire, des cabaretières avec leur cruche de bière de mil, le dolo.

    Cabaretière. Je me souviens de Gilgamesh et de sa cabaretière. Car enfin, le premier écrit de l'humanité ne nous décrit-il la quête de l'immortalité ? Sois un homme mon fils, sois un bon père, sois un bon époux...

    Désolée si je n'ai pas pris de photos des éléphants africains.

    Savane africaine


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