• En manque de mon père
    Je cherche mes pairs
    En quête d’identification
    Pour trouver des repères
    Je n'ai trouvé qu'un repaire
    Au ciel ou en enfer
    Retrouverai-je l'éternel père ?


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    Prologue

     

    (Voix d'une petite fille)

     

    • Ne pousse pas trop fort, Aostis, tu sait bien que je n'aime pas monter aussi haut que toi... Pourquoi as-tu mis ta belle robe ? Ce n'est pas dimanche aujourd’hui ! Aostis, ne pousse pas si fort, sinon j'ai peur. Pourquoi dois-tu nous quitter ? Je ne veux pas que tu partes. Tu me laisseras si seule. Aostis c'est trop haut maintenant, j'ai peur. Que dis-tu ? Non, je ne ne sens rien, j'ai peur, c'est tout. Pourquoi tu aimes autant te balancer comme ça ? Moi, j'ai le vertige et mal au cœur. Je dois fermer les yeux pour ne plus avoir peur ? J'essaie. Oui, je sens quelque chose. Oui, c’est bon maintenant. Le vent tombe sur mes bras et mes jambes. Oui, pousse-moi encore. Aostis, tu ne partiras pas, n'est-ce pas ? Personne ne jouerait plus avec moi. Aostis, je vois du sang partout maintenant ! Arrête, mon corps brûle. Ce n'est que le soleil, dis-tu ? Laisse-moi descendre. Oui, Aostis, j’essaierai d'être aussi forte que toi. Je ne pleurerai pas quand tu partiras. Bien sûr que je penserai à toi. Toujours. Ta petite sœur ne t'oubliera jamais. Pourquoi veux-tu que je le promette ? C'est si dur de t'aimer Aostis. Toi, tu souris, tu chantes, tu es belle et moi je te regarde. Et demain, tu partiras. Tu te souviens dans le pré, l'été dernier ? Tu restais des heures allongée au soleil et moi je te regardais dormir. Tu m’avais demandé de ne pas faire de bruit, alors je lisais l'histoire de la petite sirène et quand elle mourrait, je retenais mes larmes pour que tu te moques pas de moi. Nos étés ne reviendront plus. Je voudrais être aussi grande que toi et partir aussi. Au fond, je suis ton ange-gardien. Comment pourrais-je te protéger si tu t'éloignes ?

     à suivre


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  • Sept chats se promènent sur les boulevards
    Follement intrigués par les pigeons
    qui s'éparpillent sous le soleil de midi

    Sept chats se faufilent sur le pavé
    Reniflent à terre la queue dressée
    Ah comme j'aimerais me joindre à eux

    Dresser ma résolution jusqu'à
    Jusqu'à jusqu'à jusqu'à
    Glisser à travers tes pas

    Je saurais te plumer le cou
    Gagner tes sept vies
    Celles que tu ne cesses de souffler

    Entre tes longues jambes
    Au bord de ta frontière
    Mourir de la petite mort

    Sept chats étirent leur minois
    Jusqu'à la tache de soleil
    Pour humer le temps qui joue.


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  •  

    La parole de la mère
    Parvenait en écho jusqu'à l'enfant
    Dans le temps d'après
    La parole de l'enfant redessine,
    À l'envers, l'écho maternel.

     

    L'enfant écoutait en silence
    La parole de sa mère
    posée dans ses mains
    Tel l'écho de la mer
    posé dans le coquillage

     

     

    La parole de la mère s'est déposée
    Au creux de ses mains
    Et l'enfant l'a écoutée si fort
    Qu'aujourd'hui encore il en redessine
    Le sens retrouvé
    A grands mots libérés

     


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  • Pourquoi me hissai-je dans ce trou,
    Impressionnant cachot qui m’oppresse,
    Infini tunnel rempli de fous
    Qui me frôlent, me touchent, me pressent ?

    Sans cesse, des marches se déroulent
    Etranges serpents morts qui étranglent
    L’unique issue loin de cette foule
    Qui surgit, ricanante, à tout angle.

    Soudain une froide nuit embrasse
    Mon corps. Et ma prison sans barreaux
    Se resserre sur mon âme lasse,
    Blessée par un injuste bourreau.

    Sa lâche mission est de masquer
    A mes yeux voilés la lumière
    De l’ailleurs, faible lueur traquée
    Par cet être aux gestes de pierre.

    Mon cœur éprouvé je sens fléchir,
    L’espoir le délaisse et naît la peur
    Je cherche à fuir ce songe, à franchir
    La frontière qui mène au bonheur.


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