• Bashung immortel

    en amont s'est endormi

    toujours là au monde


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  • Dionysos, dieu du désir pulsionnel assumé
    divisé par le Diable, dieu déchu du plaisir détourné
    reste La Croix
    Et cloué à cette croix l'Homme devenu dieu
    au nom de l'amour

    La bergère violée à la margelle du puits
    divisé par la courtisane poudrée de séductions
    reste l'Ecume
    Et baignée à cette écume Aphrodite libère
    au goût de l'amour

    Le Guerrier, survivant des combats
    divisé par l'entêtée, au cœur rayonnant
    reste Le Philtre
    Et buvant à ce philtre les Amants éternels
    au partage de l'amour.

     

     

     


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  • En ce temps d'aprèsJe ne pourrai jamais te dire combien longtemps j'ai vécu assise sur un trépied tremblant.
    En ces temps-là, bien sûr j'avais des amours, bien sûr j'avais des activités qui tenaient ma vie.
    En ces temps-là, j’avais parfois l'amour et l'action, parfois l'amour et le vide, parfois l'action sans l'amour.
    Et tu es née.
    En ce temps-là j'avais l'amour pour ton père et son amour qui me donnait une famille, avec sa grande fille, j'avais l'activité pour faire vivre notre famille, j'avais toi.
    En ce temps-là, j'avais le bonheur de toi, de regarder ton visage souriant, te regarder vivre, apprendre à marcher, à rire, à pleurer, à parler, à penser. Etre ta mère protectrice, pour te voir grandir.
    En ce temps-là qui a duré vingt ans, j'étais une pythie sur son trépied de bronze.
    En ce temps là, je n'avais pas à proférer d'oracle puisque j'avais tout autour de moi.
    Et ce temps de ton départ est arrivé.
    En ce temps nouveau je dois quitter mon trépied, retrouver mes équilibres fragiles, chercher tantôt Apollon, tantôt Dionysos.
    En ce temps d'aujourd'hui je dois recréer mon univers.
    En ce temps d'après, sa courbe est fatale.

    En ce temps-là tu vis ta première histoire d'amour et je t'aime.


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  • J'ai refermé ton livre et le dernier mot écrit dessinait l'intervalle entre nous. Ce livre fini s'achève avec nos nuits uniques. Tu parlais d'Absence, de Vide, de Voyage. J'aurais pu écrire les mêmes mots, ailleurs. Mais auraient-ils eu le même sens ? C'est bien là le piège : sens. Quel mot étrange qui signifie tout à la fois sensation -ce qui vient du dedans- et direction -ce qui va là-bas, perdu.

    Ce soir, combien je regrette que mes sens aient brouillé à ce point la réalité, qu'ils m'aient plongée dans la ville, sous la lune rousse de l'été, pour t'amener à moi. Tous ces chaos dans nos têtes, entre nous, pour une erreur de sens. D'ailleurs, que signifient : Absence, Vide, Voyage ? Ce sont des tourments inventés qui nous attachent à la vie et à ses faux-semblants. La nuit quand je marche dans les rues, est-ce le désir ou la perte de sens qui m'envahit ? M'endormir en évitant les sensations, rester immobile au bord du lit et, n'attendre rien. Les mots nous encombrent comme un mal puissant. Erreur de sens.

    Qu'espérait-elle en mordant le fruit ? Je voudrais être un dieu courbé au-dessus de la Terre, surveillant les allées et venues des sentiments, les surveillant de très loin, de très haut à la façon d'un savant penché au-dessus de la cage en verre des rats blancs.

    Bête à expérience. Si seulement je pouvais me contenter d'une cabane isolée au bord d'une plage. Passer mes jours à respirer à plein sens.


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  • Ailes du désir
    Sous les frissons de l'hiver
    Cendres du désir


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