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J'ai tellement fantasmé de toi
j'ai tellement plongé, tellement soupiré
Tellement aimé tes silences
Qu'il ne me reste plus rien de moi
Il me reste d'être l'esprit parmi les fantômes
d'être cent fois plus aveugle que l'aveugle
d'être le fantôme qui tombera et retombera
dans ta vie de glace.
Ombre parmi les ombres (Desnos)
J'ai tellement rêvé de toi
J'ai tellement marché, tellement parlé,
Tellement aimé ton ombre,
Qu'il ne me reste plus rien de toi,
Il me reste d'être l'ombre parmi les ombres,
D'être cent fois plus ombre que l'ombre,
D'être l'ombre qui viendra et reviendra
Dans ta vie ensoleillée.
illustration : Paul Marandon
http://www.paulmarandon.com/
Publié par felixmartin à 17:44:49 dans A la façon de | Commentaires (0) | Permaliens

Comme un lego
mais sans mémoire
j'arracherai les lianes entrelacées
qui emprisonnent les voyages
j'avancerai à cloche pied
sur la ligne blanche
mes doigts rouleront d'autres cerises
dans les jardins suspendus
rappels de lointains édens
des jours où Vénus écumait
où Eve caressait la pomme
comme un lego
mais sans mémoire
juste la salive qui se souviendrait
des délices capricieux
plonger dans le fleuve de l'oubli
pour noyer tes yeux et tes mains
pour effacer le jour
où je t'ai manquée
le limon sybarite du fleuve
imite ton corps lové
ses boues séchées
bâtissent mes carapaces
comme un légo
mais sans destin.
Publié par felixmartin à 13:11:31 dans A la façon de | Commentaires (0) | Permaliens
A tes mystères
J'ai tant aimé de toi que je perds ma réalité
Le temps est-il venu d'éloigner ton corps vivant et de renoncer à baiser le coin de la bouche d'où nait la voix que je chéris
J'ai tant aimé de toi que mes bras étreignent tes ombres dans mes creux de nuits qui pleurent à tes contours mal étreints
Ton apparence irréelle me hante et depuis des jours, des années, me guide tes affinités électives
Je deviendrais une ombre sans doute et tes sentiments m'habiteraient encore
J'ai tant aimé de toi qu'il est temps sans doute que je m'endorme
Je vis debout, le corps exposé à toutes les apparences de ta vie et de l'amour de toi
Avec toi je peux bien baiser les premières lèvres et le premier front venus c'est encore toi que je touche.
J'ai tant aimé de toi, tant adoré, écrit, couché avec ton amour qu'il ne me reste plus qu'à plonger dans les enfers pour tendre la main à mon Eurydice, ombre parmi les ombres, mille et une fois aimée, mille et une fois accrochée à la lune des mondes.
L'éternité s'en irait que ton ombre dans mon sang s'infiltrerait.
Tu as tant aimé de moi que je suis siamois dans ta chair.
A la mystérieuse
J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant et de baiser sur cette bouche la naissance de la voix qui m'est chère?
J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués en étreignant ton ombre à se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas au contour de ton corps, peut-être. Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante et me gouverne depuis des jours et des années, je deviendrais une ombre sans doute. O balances sentimentales.
J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
sans doute que je m'éveille.
Je dors debout, le corps exposé à toutes
les apparences de la vie et de l'amour
et toi, la seule qui compte
aujourd'hui pour moi,
je pourrais moins
toucher ton front et tes
lèvres que les premières lèvres
et le premier front venu.
J'ai tant
rêvé de toi, tant marché,
parlé, couché avec
ton fantôme qu'il ne me
reste plus peut-être, et
pourtant, qu'à être fantôme
parmi les fantômes et plus
ombre cent fois que
l'ombre qui se
promène et se
promènera
allègrement
sur le cadran
solaire de ta vieDesnos
Publié par felixmartin à 00:30:08 dans A la façon de | Commentaires (0) | Permaliens
Petite soeur, entraîne-moi
dans ton noir désir
je suis un homme pressé
tu le sais
aux quatre coins du lit
le vent nous portera
le calice est à moitié plein
viens le boire à nos amours
infertiles et superbes
buvons à ce terrestre moment
soyons gais
dévorons les miettes du monde
en déclin
je traverse le temps
sans références, irrévérencieux
je suis à tes pieds
asservi à ta loi
moins politique, moins médiatique
mais tes faveurs valent les huit et demi milliards
de mon crédit en bourse
je peindrai sur ma toile
la peau rosie de tous tes seins
et la lune de tes yeux affamés
les critiques crieront à l'imposture
impressions primitives
des couleurs trop crues
moi je suis riche de tes sciences
je n'irai pas vite, je n'irai pas vite
je suis un homme pressé
mais le soleil ne se lèvera pas
il nous laissera la nuit
Publié par felixmartin à 12:56:11 dans A la façon de | Commentaires (0) | Permaliens
Faussaire
Je viens de l'au-delà
Et toute joie
Est en ce jour un aiguillon
De l'extase
Encore quelques temps
Et une fois délivrée
Je me dresse, enivrée
Dans le sein de l'Amour
La vie infinie
Coule puissamment en moi
Je regarde d'en bas
Vers toi en haut
Près de l'astre opale
S'illumine ton éclat
Une madeleine apporte
L'épineuse couronne
O ! je t'aspire, mon bien-Aimé
Avec force vers toi
Que tu t'endormes
Et que je puisse t'aimer
Je sens de la vie
Le flux rajeunissant
Mon sang se change
En baume et en éther
Je vis des jours
Emplis de ma foi et de ta force
Et je renais pendant les nuits
Dans ton embrasement sacré.
Original romantique
Je vais vers l'au-delà,
Et toute peine
Sera un jour un aiguillon
De l'extase.
Encore quelques temps
Et une fois délivré,
Je gis, enivré
Dans le sein de l'Amour.
La vie infinie
Coule puissamment en moi.
Je regarde d'en haut
Vers toi en bas.
Près de ce tertre
S'éteint ton éclat -
Une ombre apporte
La fraîche couronne
O ! aspire-moi, Bien-Aimée,
Avec force vers toi,
Que je m'endorme
Et puisse aimer.
Je sens de la mort
Le flux rajeunissant.
Mon sang se change
En baume et en éther.
Je vis des jours
Pleins de foi et de courage
Et je meurs pendant les nuits
Dans un embrasement sacré.
Novalis
Publié par felixmartin à 15:00:20 dans A la façon de | Commentaires (0) | Permaliens
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entre textes et musique.
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