Le sang sur les ivoires blanches
a giclé à la face de l'homme noir
Il souffle son dernier soupir
piétiné par l'animal monumental
Aux côtés de l'homme
sa femme au sein tranchée,
son fils agonisant
sa fille violée
Dans ses journaux de plomb
L'homme blanc
Lance ses mots bleus
Trempés au glaive de la Justice
Les corps morts tressaillent
Quand l'Histoire passe
On a juste oublié
Le sens moral.
Reste le sang.
Publié par felixmartin à 10:00:20 dans Guerriers | Commentaires (0) | Permaliens
Ils étaient trois cents dans le défilé
Leurs armes étincelaient
Ils étaient trois cents
Pas un de plus, pas un de moins
La liberté aux seins nus les appellait à l'infini
Ils ont coiffé leur longue chevelure noire
Qu'avaient-ils à redouter dix mille flèches
Tous ont tenu leur promesse
Retenir les flots, résister
L'idée de sacrifice n'était pas dans leur coeur
Juste mourir et pourrir là dans le défilé
Pour que les peuples ne plient pas à genoux.
Publié par felixmartin à 15:12:07 dans Guerriers | Commentaires (0) | Permaliens
He, réveillez-vous
Le taxi est à sec
Les snippers visent juste
Découvrez-vous
Doigt dressé
Votre honneur
Au bout de leurs tirs
Les héros se dressent
Passe-moi ta blonde
Que je la fume
Jusqu'au bout
Cercles de bataille
Tous les guerriers
Des temps modernes
Ont la même gueule
Cassée de la grande guerre
La liberté et la mort
Enrage guerrier
Le colonel est grillé
Alors, que son monde tombe
L'Histoire est à tes côtés
Putain de garce, mon gars
Elle nous a bien oubliés
On revient morts-vivants.
Publié par felixmartin à 12:29:28 dans Guerriers | Commentaires (0) | Permaliens
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Cette nuit j'irai braconner
à la dure en douce
je dégrafe ma chemise
je traverse la rivière
Sur le sable de la berge
les grillons entament leur chant d'appel
dans la clairière je me tapis
les buissons me harcèlent
les ombres lunaires me cachent à demi
à demi seulement
la vieille lune souffle un nuage furtif
Je fais la lune
J'attends mon maître
Je le sens
son piétinement résonne à ma poitrine
son souffle embrume la trouée
ses flancs de cuir se campent
soudain son œil se profile
il a saisi ma présence
à demi seulement
je quitte mes buissons
je me dresse à demi-nu
pour le défier
à demi-bête, à demi-dieu
La tête basse,
il me brave
le combat sera rude
il est de caste
j'attends sa charge
je l'appelle
il piétine
je déploie ma cape
je vise son point de croix
mais pas trop vite
je serai insolent
il sera instinctif
j'éviterai son coup de corne
il n'évitera pas la bataille
première passe
je me déhanche à son passage
Il charge de nouveau
j'emprunte à Rodolfo sa passe de cape
passe élégante
de la main gauche, passe naturelle
je ploie et tournoie
il frotte sa gueule en salive
à mon torse en sueur
il râle,
olé
Il rue en un tour de piste
il enrage à l'autre bout
et s'élance
je suis face à lui, immobile,
je garde les pieds joints,
j'écarte les bras
je rythme mon geste à sa charge
pour l'estocade
je dresse mon aiguillon
mon corps se courbe à son passage
de son oeil piqué jaillit un jet de sang
en prière, comme au temple,
je m'agenouille,
il m'a jeté un sort.
Au dernier acte le taureau joue avec mon ardeur
pour apprivoiser nos terreurs.
Publié par felixmartin à 23:47:24 dans Guerriers | Commentaires (0) | Permaliens
J'ai mis mon casque
j'ai accroché mon paquetage
je me suis assis dans la chaloupe
j'ai craché dans la mer attentive
j'ai regardé mes compagnons
nos coeurs en vrac avaient le même tempo
j'ai pas parlé
j'ai pas prié
j'ai regardé le ciel gris en reflet dans les eaux
là-bas la côte fumait
là-bas la brume accrochait son manteau de mort
j'ai sauté dans les vagues d'écume
rien de vénus
il fallait faire le boulot
j'aurai lancé ma lance
j'ai lancé un cri
je ne savais pas
que la fureur m'envahirait
je ne savais pas
que la fureur me donnerait la force
j'avais plus de mémoire
j'avais plus de paradis
j'allais mourir ou bien vivre
dans les airs sifflaient les obus
autour de moi les balles éclataient les corps
je les ai vus flotter dans les nuages
tous les guerriers de l'Histoire
aux visages creusés, aux visages noirs
ils se déployaient à nos côtés
nous transmettaient leur rage
et la mer vomissait ses vagues
et le ciel noircissait le temps
le jour J j'ai posé mes pieds
sur une plage explosée
y paraît qu'au bout la Liberté s'éveillait.
Publié par felixmartin à 12:21:20 dans Guerriers | Commentaires (0) | Permaliens
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