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Jardins suspendus | 23 mai 2007

Dans les jardins suspendus
Par delà les amours à jamais perdues
Elle dessine de ses hanches fines
Un balancement à l'invitation
Invitation au désir
Les amours au loin
S'en vont bon train
Elle explore quoi en somme
Des vides vertigineux
Ses excès ne sont rien
Que le point concentré
D'un paradis trahi
Ses traverses ont le goût
De visites clandestines
Assoiffées d'artifices
Au royaume de l'oubli.

 

Publié par felixmartin à 23:41:54 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Manon | 23 mai 2007

 

Elle veut que je vous parle d'elle ?
Je l'ai trahie il y a longtemps
Je l'ai perdue
Je le sais bien
Vous qui la croisez
Dites-lui bien que je l'aime encore
Effacez la larme sur ma joue
Je vous en prie
Je n'ai plus la force
De la prendre dans mes bras
Ne lui dites pas que sur mon lit
Je meurs déjà.

 

 

La chaste Suzanne Gustave Moreau

Publié par felixmartin à 23:41:13 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Unique | 20 mai 2007

L'air dans la robe
Se dérobe ou s'enrobe
Une lettre manque
Petit a de Conchita
L'unique objet
De mon obscur désir
Voyage dans la cité
Si grecque à mon cœur.



 

Publié par felixmartin à 22:37:39 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Lune | 20 mai 2007

Décor de lune, Eros
Peut-être
Bien lové dans nos cœurs
L'amour assurément

Trouble de la rencontre
à venir
Les cils en battements accordés
Soufflent le même assentiment

Nos bouches muettes
Silence
Conservent les secrets révélés
Par le tremblement de la main.


 

Publié par felixmartin à 13:36:19 dans Nuits blanches | Commentaires (0) |

Soliloque | 19 mai 2007

Avec toi, j'ai goûté aux doux plaisirs des amours pudiques et platoniques. Tu étais mon amant uranien par excellence. Tu m'apportais ton areté. Tu fortifiais mon âme. J'étais ta sœur en amour qui buvait tes paroles et tes pensées, ta tendresse et tes harmonies.

Après toi, l'armée des ombres assiège mes nuits. Leur vermine s'agglutine sur le toit de mon lit. Leurs larves se tordent de plaisirs asservis. Elles vomissent leurs délires jusque dans mon ventre. Les draps souillés essuient à peine mon corps fatigué. Je n'en peux plus de les entendre siffler à mes oreilles, de les sentir se coller à ma peau. Leurs masques en plaques de quartz s'agglutinent à mes cauchemars. Leurs balancements compulsifs tentent de gravir le chemin qui mène à mon plaisir. Leurs genoux en sang maculent mes souffrances. J'entends le claquement de l'arme à feu qui assassine ses victimes. La langue allemande s'en fout. Toutes les langues s'en moquent. J'ai perdu ta langue. La tour de Babel sur moi s'est effondrée.
 

Enfin, dans le silence du petit jour, de ce jour de demain, sans bruit, tu reviendras. Ton masque ensortilègera mes terreurs, mes doutes et mes écœurements. Vampire au goût de lait, tu assècheras mes larmes, tu laveras mon corps. L'amour éclatera en équilibre sur nos déraisons. Je te tiendrai mon âme. Ô comme je te retiendrai de toutes mes chairs. Le souffle de vie m'habitera de nouveau.

Dis, quand reviendras-tu rompre mon soliloque intérieur ? Dis, quand reviendras-tu renouer nos dialogues ? Ô mon âme, délivre ta lépreuse à sa crécelle !
  

Publié par felixmartin à 17:55:14 dans Nuits blanches | Commentaires (1) |

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