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Il monte des escaliers,
Il traverse une rue,
Il est assis dans un train en marche,
Il lit un journal.
Il tient dans sa main
Son visage penché.
Il regarde au dehors
La lumière des jours de pluie.
Il s'éloigne
Sous l'alignement des peupliers dénudés.
Photo : Yves-Marie JACOB
Publié par felixmartin à 14:33:23 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Dans les jardins du palais
Les courtisanes l'entouraient
Cela ne lui suffisait pas
Il lui fallait séduire
L'ultime qui résistait.
L'inconstant persévérait,
Lui lançait des paroles de feu
Des mots aux cages dorées.
Combien de mille nuits
Saurait-elle se refuser
Jusqu'au ravissement final
Où l'ultime deviendrait la première ?
Elle y mit une condition
Etre l'unique.
L'infidèle promit
mais souvent l'amour varie.
Publié par felixmartin à 23:03:19 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
J'ai connu l'Eldorado
Du temps de ta silhouette
Au matin de ma vie
Publié par felixmartin à 21:29:33 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Ton vieil amour
C'est ta bouche et pourtant ce n'est pas elle qui a crié
C'est ton ombre qui a crié derrière ta bouche
Je sais maintenant pourquoi elle est aussi funèbre
Toutes tes nuits tu tiens tes corps en apesanteur
Vois comme ton passé tremble, une vie terrible
Se glisse par tes veines. Tu t'es dépossédée.
Va savoir qui tu vas tuer ou trahir
Avant de te réveiller dans l'inconnaissance
Tu as amassé des passants qui t'ont rendue humide
Je suis parti et revenu
Ce frissonnement sur la page en est le signe. Ô va, va-t-en
A tout moment maintenant je peux entendre ton sanglot
Si tu es proche, renonces-y. Va. Je t'attends.
Si je ne te revois pas maintenant, cela voudra dire jamais
Je t'ai guetté toute ma vie et il se peut
Que ta coupe ne retienne plus mes joies.
C.
Le vieil homme
C'est sa bouche et pourtant ce n'est pas elle qui a crié,
C'est cette ombre qui a crié derrière sa bouche ;
Je sais maintenant pourquoi elle a été si hébétée
Tout le jour et pourquoi elle a des yeux appesantis.
Vois comme elle frissonne à présent, une vie terrible
Se glisse par ses veines. Elle est possédée.
Allez savoir qui elle va tuer ou trahir
Avant de se réveiller dans l'ignorance de tout
Et d'amasser les feuilles. Mais elles seront humides ;
L'eau sera venue et repartie ;
Ce frissonnement en est le signe. Ô va, va-t'en,
À tout moment maintenant je peux entendre son glouglou.
Si tu es bon, renonces-y. Va. Je suis vieux,
Si je n'en bois pas maintenant, cela voudra dire jamais
Je l'ai guettée toute ma vie et il se peut
Qu'il n en jaillisse qu'une petite coupe.
Yeats
Publié par felixmartin à 22:00:12 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Ce matin j'ai ouvert les deux battants de ma fenêtre
Je me suis accrochée au parapet
J'ai grimpé dans la gouttière du toit
Et tout là-haut j'ai crié ton nom
Il a glissé sur les tuiles luisantes
Il s'est dessiné sur les ardoises creuses
Il a rebondi sur les cheminées de brique
Un arc-en-ciel l'a accroché
Depuis il voyage sur tous les continents.
Il a donné à boire aux enfants du Sahel
Il a guéri les blessés de Bagdad
Il a ouvert les prisons de Chine
Ton nom était si puissant quand je l'ai crié
Que les Bushmen d'Afrique et les chamans de Mongolie
Ont vu un nouvel esprit s'envoler.
Publié par felixmartin à 21:28:16 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
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