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J'ai le dos courbatu par ton attente. La pesanteur dans tous mes membres, la peau chaude, brûlante, épuisée. Le souffle coupé et les yeux lourds d'une fatigue sans objet. Au dehors, la souffrance du corps. Au-dedans, le silence quand les corps, juste avant l'abandon ultime, retiennent leurs émois pour le goûter, en ondes perlées. La bouche ou la paume, là où elles frôlent la peau, frémissent et répandent le lourd parfum du désir.
Je n'ai pas encore connu ton étreinte, ni celle de tes bras, ni celle de tes jambes. Je n'ai pas encore goûté à tes parfums, ni à celui de ta nuque bouclée, ni à celui de ta savoureuse aine. J'accroche à mes nuits l'écho de tes regards, les auras de nos corps. La flèche oblique d'un dieu ou d'un démon a planté dans mon cœur ton désir qui m'essouffle. Je m'étends nue sur le marbre des halls, pour ne plus connaître la fièvre qui transforme cette flèche en une multitude d'épines. Elles effleurent ma peau pour lui imprimer ton absence ou projeter ta présence imaginée.
Les heures douces du souvenir s'étendent sur l'onde de la peau comme le soir sur le lac aux nénuphars. Le souvenir a son parfum et ses bruits assourdis. L'amour passé reste l'amour, bien qu'on n'ose plus tout à fait le nommer ainsi à force d'usure. Le souvenir est une île solitaire que parcourt l'océan insatiable des jours gris pour l'émietter tout à fait.
J'aime l'orage et le grondement du tonnerre qui emplissent mon espace. Dans ce moment qui pourrait être menaçant, cette présence suffit à estomper tous mes désarrois. Si je pleure sous la pluie battante, c'est parce que, comme le ciel, je me libère enfin de la pesanteur des jours sans noms.
Publié par felixmartin à 17:28:35 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Sept rues se croisèrent,
trois coeurs se voilèrent,
un être découvrit l'amour.
Japka
Où s'arrête le rêve, où commence la réalité ?
Certaine rencontre infléchisse le cours d'une vie. Une nuit de septembre, cette rencontre s'est courbée en empreinte dans ma vie. Elle s'est lovée plus frémissante qu'un roman russe, plus absolue que le chemin de Damas, plus fidèle que la femme jaune assise sur le banc. Et je cherche encore mon identité, spirituelle, celle par delà les mots. Parce que cette robe, même si je ne l'ai pas vue, je la connais depuis longtemps. J'ai franchi la ligne auprès de son porteur.
« Le prix à payer pour ne pas se perdre, c'est cette « disharmonie » qui est en nous. »
C'est de Hugh Hudson
Publié par felixmartin à 20:43:20 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
| Devant la nuit celle que je chercherai mon corps retrouvera le tien tout au fond d'une vallée liquide. Des animaux mythiques viendront bercer notre disparition, aux yeux de tous, hommes et dieux, morts et vivants, nous serons encore à renaître. R.A. |
Publié par felixmartin à 22:28:16 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
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