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Quand vous goûtez, gourmande, à mes troublantes décadences
Mes racines viriles s'enveloppent à vos hyphes gracieuses
Ma bouche se désaltère à votre hyménium gorgé de rosée
Vos germes saprophytes diluent en douceur mes humeurs
A votre souffle mes mélancolies s'émiettent en humus fertile
Près de vous mes passions puisent leur meilleur terreau
Quand je vous croque, ma magicienne, mes pensées s'hallucinent
Vous êtes mon meilleur champignon.
Publié par felixmartin à 20:26:59 dans Nuits blanches | Commentaires (1) | Permaliens
Qu'est-ce qu'elles ont toutes
à me caresser le quatre-heures
moi je fais rien qu'à plonger
dans mes forêts d'hiver
alors quoi
où j'aurais un coin pour elles
sous les feuilles rousses
y a que de l'humus
pas de quoi s'étourdir
Qu'est-ce qu'elles ont toutes
à me demander où je vais
moi je fais rien que suivre mes pas
sur les plages des mers
alors quoi
où j'aurais un lit pour elles
sous les grains de sable
y a que de la boue
pas de quoi se border
Qu'est-ce qu'elles ont toutes
à me regarder dormir
moi je fais rien que rêver
à d'autres mondes
alors quoi
où j'aurais un songe pour elles
sous mes ténébreux émois
y a que des turpides
pas de quoi roucouler
Qu'est-ce qu'elle a celle-là
à s'enfuir devant moi
moi je fais rien qu'à la guetter
pour rejoindre ses secrets
alors quoi
où elle creusera un coin à moi
dans ses bras fragiles
y a que de la chaleur
rien qu'à se brûler
Publié par felixmartin à 23:20:38 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Il voyage
Il vous l'a dit
Il lisse les flancs
Drôle de voyage
Voyage dans la chair
Epines de mots
Autour des fronts perlés
Il voyage
Il vous l'a dit
Il baise des bouches
Ailleurs dans les mots
Drôle de bouches
Sous les orages
Autour des monts absolus
Il voyage
Il vous l'a dit
Il plonge loin
Au creux des désirs
Drôle de désirs
Respirant la soif
Autour des calices vidés
Il s'approche
A pas de loup
Ecoutez ses crocs
Sentez son pelage
Il voyage
Drôle de voyage
Mais ne vous oublie jamais
Publié par felixmartin à 23:12:03 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Marbres moussus, mes temps du rêve sont usés
Les fleuves des jours patients les ont médusés.
Dans mes nuits, je cherche la dame de beauté.
Comme si, dans un livre, je l'avais devinée
Elle s'était posée sur un banc de la ville
Mes yeux requins découvraient sa svelte cheville
De sa bouche voilée, s'échappaient des murmures
Ondoyants, qui se glissaient sous ma blanche armure
Je m'assagis pour ne pas briser son mirage
Est-ce son rêve qui traverse tous mes âges
Ou sa vérité qui m'assaille au bord des nuits
Notre rencontre a bien incendié nos vies
Dans nos jeunes années évanouies, pourtant ?
Mes rêves vieillissent, le temps s'use en guettant
Sous les flots impatients le marbre englouti
Et je m'en vais, aux vents, loin des vains clapotis.
Publié par felixmartin à 14:38:41 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Je ne sais à quel moment l'instant devient magique, à quel moment le regard et la caresse, le silence et le baiser deviennent abandon. Je sais qu'à certains moments les regards, les caresses, les silences et les baisers n'ont que l'apparence de ceux-là et leur réalité -parce que sans la profondeur tourmentée et impétueuse des échos d'autrefois- a le goût de cendre et de sable dans les bouches assoiffées. Je suis ce corps de sable qui a oublié le goût de la pluie, quand la terre rouge assoiffée, se tend dans les chemins, s'évapore en nuage de poussière jusqu'au jour où le nuage en caresse dépose son eau longtemps gardée. Et mille gouttelettes roulent et s'épuisent jusqu'au cœur de la terre rassasiée. Retrouverai-je jamais ce goût d'autrefois quand le nuage en reflet se pose dans l'œil de la terre ? Cela a a existé, cela a été bu et cela a rassasié.
Ce moment se reconnaît aussi par ce qu'il a de violent. Dans ce partage, aucune moitié ne savoure à demi le bon ou l'amer. La coupe bue est tantôt de l'acide, tantôt de l'ambroisie et les amants le savent bien qui se tordent dans les convulsions du plaisir : l'arc et la flèche. Dans ce moment l'union est puissante comme l'orage. La terre ne vibre qu'à cette unique condition. Au cœur de l'été, dan la chaleur la plus lourde, l'apaisement ne vient qu'après le terrible assaut du ciel à la terre. Quand la pluie finement redonne à la terre son goût de fraicheur l'apaisement vient. Le ciel à la terre, enfin unis dans l'instant de la pluie, s'endorment doucement, sous la protection des nuages.
Alors, les oiseaux et les insectes, d'un commun accord, se taisent respectueux de ces deux forces qui s'attirent avec la violence de la passion. L'âme humaine a cette même exigence pour connaître le vrai repos.
Publié par felixmartin à 19:22:00 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
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