
Tes textos pointaient
Leur nez sous mon oreiller
Un peu d'amour
Sur le carré
Dans tes nuits cinémascopes
Des syncopes
Tu m'en as données
T'étais pas moureuse
Tu semais les nuits
Des mots fanés
A l'aurore
Tu boudais
T'étais koala à mes épaules
De vieux singe en hiver
Tu marmonnais des inepties
Qui allumaient mes humeurs
Le chat nous épiait
Quand tu jouais
Avec moi
Ton gros rat
Tes textos sonnaient
Le canon de nos ruptures
Drôle de guerre chaude
Dans nos maquis résistants
Tu as tout rimaillé
Des acrostiches
En paradis artificiels
Et chants de mauvaise odeur
On a décliné
Tous les mauvais romans
De gare à la sauce bovaryenne
Dans les cours voraces
On a exploré des lieux pas communs
D'où l'on ne revient pas
Des calices anisés
et chocolatés
Après mille et un textos
T'as décidé
Que tout avait une fin
Et t'as fui avec Martin à la plage.

Publié par felixmartin à 20:47:52 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Des tresses, une voix
La tienne que j'oublie
Des roulements d'orage
Au lointain
Echappé d'un hier qui n'en finit pas
Tes douceurs aggripées
A mes pas
Dans le sable doux
D'une plage exotique
Partir loin, en Islande
en Extrême de l'Orient
Gravir un mont escarpé
Oublier le goût de tes moires
Il était une fois
Un pays imaginé
Un chant de la terre
Qui vibre effacé
Sous le poids des temps
Tes rires qui défilent
Sous la roue d'un train
Partir jusqu'à Istanbul
Les héros pleurent aussi
Giser dans la cendre
S'en vêtir
Goûter de ton sang
Habits de toi,
Nourriture de toi
Je me meurs de moi
Qui ne me porte plus.
Publié par felixmartin à 20:34:14 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Il m'a pas laissé seule sur la piste
Pour en retrouver d'autres
Il m'a pas laissé seule dans le noir
Pour courir sous la lune
Il m'a pas offert des nuits glacées
Il m'a pas offert des sables d'or
Il m'a pas offert des orchidées sauvages
Il m'a dit j'ai le ventre qui chavire
Il m'a dit tu es celle que j'attendais
Il m'a dit tu es ma liberté
Il a dessiné ses empreintes à mes pieds
Il a tressé ses doigts à mes mains
Il a ouvert son grand lit carré
Alors j'ai creusé un volcan
Dans ses reins abandonnés
A mon abandon
Alors j'ai arrêté de voguer
Je me suis plantée dans son île
A ses côtés
Alors j'ai ouvert la boite
J'ai sorti les ailes de l'espoir
Et je me suis pas envolée.
Publié par felixmartin à 17:25:50 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens


C - Elle est absente, elle préfère sa solitude. Elle fait la lune.
R - Ca veut dire quoi ?
C - Qu'est-ce que j'en sais ? Elle n'est pas là, ailleurs, partie, en exil. Enfin loin de moi, de toi, de nous.
R - Qu'est-ce qu'elle dit ?
C - Elle fait l'Odyssée.
R - Ouais, ben moi je vais lui refaire l'Illiade. Tu sais la colère. Ca veut dire quoi ça, elle va d'île en île. Et toi tu fais Pénélope ?
C - Le café est chaud. Passe le beurre, derrière toi.
R - J'aime bien les dimanches matin. Pourquoi elle préfère partir ?
C - Un ancien amour... Elle a le coeur en berne, qu'elle m'a dit.
R - Le coeur !? Moi j'ai la peau indienne, passe le calumet. Je te propose la paix. La chair n'a pas de cicatrices, que des flots.
C - Je l'ai dans la peau.
R - Moi je t'ai dans mes ADN, ça te suffit pas ?
C - Oui, je sais on est frère. Mais elle, c'est mon coup au ventre. Elle est mon atome crochu, ma tendresse. Chui moureux.
R - C'est ça avec toi qui m'agace, t'es un romantique. Foutaises. Je ne crois plus qu'aux flammes du corps. Ces flammes réchauffent l'âme, et l'âme crée. Les amoureux sont niais, froids et provisoires. Le désir, lui, est éternel. Elle n'est pas romantique, crois-moi, les femmes ne sont pas tendres. C'est un leurre, leur cheval de Troie. Bon, je reprends ma partie d'échecs. Je joue, je gagne, je perds, une partie sur trois. En plus, sur le net, t'as pas ton adversaire en face, t'as l'impression de jouer contre un autre toi-même. Fais pareil avec elle, tu joues, tu perds ou tu gagnes, une fois sur trois.
C - Toi tu joues sur tous les tableaux.
R - Et alors, ça t'a pas géné cette nuit. Tu t'es abandonné, tes arrières pensées m'ont pas géné. J'aime bien tes arrières pensées, les remplir.
C - Mais toi, elle ?
R - Je l'ai connue, y a longtemps. je me souviens d'elle comme un marin se souvient d'un grain après quelques jours de ciel bleu.
Publié par felixmartin à 10:45:34 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
Là-haut tournoie l'aigle
Jamais ses plumes n'ont frôlé ma joue
A peine son ombre a masqué mon coeur
La-bas dans la ruelle
L'hirondelle au ventre blanc git
Son oeil ouvert plane encore dans mon regard
J'erre au royaume des orphelins
Moineau dans les places citadines
Le poids des fantômes à mes épaules
Ce matin, l'oiseau mélancolie s'est échappé
Au-dessus de mon exil,
Il a pris son vol pour rejoindre les étoiles
Je m'en suis allée
Oublieuse et rieuse
L'âme libérée.
Publié par felixmartin à 12:45:09 dans Nuits blanches | Commentaires (0) | Permaliens
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